apic/Chiapas/San Cristobal/Un nouvel «évêque des pauvres»/Mgr Vera Lopez
Le texte contient 46 lignes (max. 75 signes), 526 mots et 3315 signes.
Mexique:Le Chiapas de Mgr Samuel Ruiz(100996)
découvre un autre «évêque des pauvres»
Le coadjuteur de l’évêque de San Cristobal partage son combat
San Cristobal de Las Casas, 10septembre (APIC) La population du Chiapas,
au Mexique, dans le diocèse du célèbre «évêque des Indiens» Samuel Ruiz,
découvre aujourd’hui à ses côtés un autre «évêque des pauvres», Mgr Raul
Vera Lopez. Nommé par Jean Paul II en août 1995 comme évêque coadjuteur de
San Cristobal de Las Casas, il avait pourtant été qualifié de «surveillant
de Mgr Ruiz» par le chef des rebelles zapatistes, le sous-commandant Marcos.
Lors de sa nomination, Mgr Vera Lopez passait en effet pour une personnalité proche du pouvoir et des grands propriétaires. Beaucoup jugeaient
qu’il avait été placé là pour contrecarrer l’influence de Mgr Samuel Ruiz.
«Je veux être comme ’Tatic’ Samuel»
Depuis un an, Mgr Raul Vera Lopez a fait taire ces spéculations en se
rangeant clairement aux côtés des indigènes du Chiapas. Mgr Vera Lopez, un
dominicain de 51 ans qui a exercé de hautes responsabilités dans son ordre
avant de devenir évêque de Ciudad Altamirano (1987), a pris possession de
sa charge le 4 octobre dernier. Il n’a pas tardé à vivre dans sa propre
chair la violence faite aux indigènes. Et il a fait clairement savoir: «Je
veux être comme ’Tatic’ Samuel» – ’Tatic’ (Grand-père), est le nom que les
indigènes donnent à Mgr Ruiz Garcia.
Il n’a pas hésité à entreprendre il y a quelques mois une longue tournée
de travail pastoral dans les communautés indigènes, s’alimentant de pozol
(une pâte aigre de maïs) et parcourant à pied les zones rurales. Il a dénoncé publiquement, à l’instar de Mgr Ruiz, l’existence de groupes armés
dans les régions du nord du Chiapas où habitent les ethnies Tzeltal et
Chol. Il s’est ensuite rendu à Mexico pour dénoncer auprès du sous-Secrétariat des Affaires Religieuses (qui dépend du ministère de l’Intérieur)
l’occupation de la région de Limar par la police et par l’armée.
Un évêque à l’école des pauvres
«Nous nous attendions à rencontrer un évêque situé totalement du côté du
pouvoir et nous constatons aujourd’hui que nous avons un autre évêque qui
se met du côté des pauvres», s’est exclamé ému un curé de Limar, le P. Heriberto Cruz Vera. Au début, les indigènes ont eux-même pensé que Mgr Vera
venait détruire l’Eglise autochtone, a-t-il ajouté, mais «en le voyant marcher dans la boue, se laver et laver son linge dans le fleuve et traiter
les enfants avec tant d’affection, car il a compris la souffrance du peuple, les gens n’ont pas hésité: «Il est déjà en train d’apprendre à être
évêque»«.
Mgr Vera a été le témoin des atrocités commises par les groupes paramilitaires liés au Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Il a écouté
les hommes, les veuves et les orphelins qui ont été persécutés par ces
groupes, parce qu’accusés d’appartenir à l’Armée zapatiste. Dans la communauté de Jolnishtie, il s’est est engagé à «frapper à toutes les portes
pour que leurs problèmes soient résolus, parce que j’ai rencontré leur
souffrance et j’ai moi-même déjà senti ce que c’est que d’être agressé». Un
porte-parole de cette communauté l’en a remercié: «Monseigneur, nous savons
désormais que tu es un évêque des pauvres.» (apic/cip/be)



