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apic/Chili/Assassinat du Père Jarlan/Cour

Chili: Onze ans après la mort du Père Jarlan (060296)

Les assassins du prêtre français restent impunis: la Cour en décide ainsi

Santiago/Lima, 6février(APIC) Onze ans après le meurtre du prêtre français André Jarlan, ses assassins présumés restent impunis. La justice en a

décidé ainsi: les preuves manquent, disent les magistrats chiliens.

La seconde Chambre de la Cour Suprême du Chili vient de rendre son verdict dans le cadre d’une affaire qui traîne depuis une dizaine d’années. La

Cour a estimé qu’il n’y avait pas de motifs suffisants pour condamner deux

officiers de police, contre lesquels de lourdes accusations avaient pesé

après l’assassinat du prêtre français André Jarlan, abattu en 1984 par une

balle de la police alors qu’il lisait la Bible dans sa chambre.

La mort du Père Jarlan est survenue le 4 septembre 1984 alors que le

peuple manifestait contre la pauvreté et les injustices croissantes au Chili. Le pays était alors aux mains de la junte militaire, sous les ordres du

général Pinochet. Deux policiers en uniforme, formellement reconnus et mis

en cause par des témoins, firent l’objet d’une enquête. Onze ans après les

faits, la Cour Suprême vient cependant d’estimer que les accusations portées contre ces deux policiers ne comportaient pas d’éléments suffisamment

probants pour les condamner.

A l’époque, la mort du Père Jarlan avait eu un grand impact sur le plan

national et international. Elle avait semble-t-il selon divers observateurs, incité la Conférence des évêques chiliens à une action plus décidée

en faveur des droits de l’homme et à des prises de positions plus fermes et

plus fréquentes pour une solution globale des problèmes du pays. Cette

orientation n’a pas été sans influencer l’»Accord National», qui allait

amener le président Aylwin au pouvoir en 1989.

Aujourd’hui, le jugement de la Cour Suprême ne risque plus de soulever

un aussi vaste élan d’indignation. Et c’est bien ce qui inquiète certains

commentateurs chiliens ou latino-américains, dont le réseau d’information

«Kairos», qui rapprochent le récent verdict de la Cour Suprême de plusieurs

autres cas antérieurs, où des membres du pouvoir politique ou judiciaire

ont été innocentés malgré des «preuves accablantes». (apic/cip/pr)

6 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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