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apic/Chirac/Li Peng/Liberté religieuse
Bangkok: J. Chirac plaide pour une plus grande liberté religieuse en Chine
Lors d’une rencontre avec le Premier ministre chinois Li Peng (040396)
Bangkok, 4mars(APIC) Le président français Jacques Chirac a plaidé jeudi
à Bangkok pour les chrétiens chinois, lors d’une rencontre avec le Premier
ministre chinois Li Peng. Cette rencontre a eu lieu en marge du Sommet Europe-Asie, qui a rassemblé les 1er et 2 mars les quinze chefs d’Etat et de
gouvernement de l’Union européenne et leurs homologues de dix pays d’Asie
«en développement rapide».
Catherine Colonna, porte-parole du président français, a précisé que
Jacques Chirac a également abordé la question plus générale du respect des
droits de l’homme en Chine, en «insistant sur la liberté religieuse des
chrétiens de Chine». Li Peng aurait de son côté entretenu le chef de l’Etat
français de l’état des relations entre Pékin et le Vatican.
«Ce serait une très bonne chose qu’un accord entre Pékin et le Vatican
soit conclu. Cela permettrait de souligner qu’en matière de droits de
l’homme la Chine respecte la liberté religieuse des catholiques», a déclaré
Jacques Chirac au cours d’un entretien en tête à tête d’une heure avec Li
Peng, à un mois de la visite officielle que ce dernier doit faire à Paris
(10-12 avril).
Le président français a plaidé plus particulièrement pour les 4 à 5 millions de catholiques chinois, dont la situation s’est améliorée, mais qui
restent considérés comme des «agents d’une puissance étrangère». En tant
que président d’un pays de tradition catholique et «en tant qu’ami de la
Chine», il estime qu’il serait positif de voir des perspectives nouvelles
dans le domaine religieux en Chine».
Concessions mutuelles
Le Premier chinois a informé Jacques Chirac des négociations en cours
avec le Vatican, disant espérer que les deux parties feront «des concessions mutuelles». «Je n’écarte pas ce problème et je suis prêt à en parler,
car je comprends la signification politique, à l’étranger, du dossier des
droits de l’homme», a-t-il ajouté.
Selon des informations de l’agence d’information «Eglises d’Asie» (EDA)
des Missions Etrangères de Paris, les autorités chinoises ont lancé ces
derniers mois dans la province du Hebei, proche de Pékin, une vaste offensive pour réduire les communautés catholiques «clandestines» (non reconnues
officiellement), dans le but de les soumettre à l’Association patriotique
des catholiques chinois. Des prêtres et des religieuses de l’Eglise clandestine ont été dernièrement arrêtés ou mis en résidence surveillée. Des
églises ont même été détruites. La Chine a, dans les années 50, coupé tous
les contacts avec le Vatican.
Le quotidien catholique français «La Croix» rappelle de son côté que
Jacques Chirac s’est rendu en visite officielle au Vatican il y a un mois
et demi, ce qui ne veut certainement pas dire que le pape l’a mandaté pour
faire sa démarche. Il semble plutôt au journal français que le président a
voulu tendre la perche au «boucher de Tien An Men», sachant qu’un geste en
direction des chrétiens «ne coûterait pas cher aux autorités chinoises, qui
sont beaucoup plus sensibles sur le thème des prisonniers politiques, du
Tibet ou du travail forcé dans les camps de travail. Mais, quoi qu’il arrive, ajoute le journal, il n’est pas sûr que cela fasse oublier le massacre
d’un millier d’étudiants chinois que Li Peng avait personnellement ordonné
le 4 juin 1989». (apic/cip/kna/cx/pr)




