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apic/Christologie/Declaration
Rome: Eglise assyrienne de l’Orient et Vatican: (111194)
Déclaration christologique commune
Après 1’500 ans d’une querelle théologique sur la personne du Christ
Rome, 11novembre(APIC) L’Eglise catholique romaine et l’Eglise assyrienne
de l’Orient ont signé vendredi à Rome une déclaration christologique commune qui met fin à 1’500 ans de querelles théologiques. Au cours d’une rencontre, le pape Jean Paul II et Mgr Dinkha IV, patriarche de l’Eglise assyrienne de l’Orient, relèvent que les Eglises catholiques particulières et
les Eglises assyriennes particulières peuvent désormais se reconnaître comme Eglises soeurs. Elles pourront à l’avenir proclamer ensemble devant le
monde leur foi commune dans le mystère de l’incarnation.
L’Eglise assyrienne de l’Orient compte aujourd’hui quelque 500’000 fidèles. Historiquement, le conflit entre l’Eglise assyrienne et le reste de la
chrétienté, qui remonte à 431, portait sur une querelle théologique concernant la personne du Christ. En 431, le Concile d’Ephèse avait condamné la
doctrine des chrétiens assyriens – connus aussi sous le nom de nestoriens la qualifiant d’hérésie.
L’Eglise assyrienne affirmait qu’il y avait deux personnes en Christ divine et humaine – et refusait de considérer Marie comme la Mère de Dieu.
Le Concile d’Ephèse, d’autre part, affirmait que même si le Christ avait
deux natures (humaine et divine), celles-ci étaient unies en une seule personne.
Unique foi
Première conséquence de cet accord: l’instauration d’une collaboration
pastorale entre les deux Eglises dans le domaine de la formation des futurs
prêtres et laïcs responsables.
La déclaration commune souligne: «Notre-Seigneur Jésus-Christ est donc
vrai Dieu et vrai homme, parfait dans sa divinité et parfait dans son humanité, consubstantiel au Père et consubstantiel à nous en tout, hormis le
péché». Pour Jean Paul II cette déclaration commune met ainsi «fin aux malentendus au sujet de notre foi dans le Christ, vrai Dieu et vrai homme,
conçu dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint Esprit»
Le Christ, poursuit le document «n’est donc pas un ’homme ordinaire’ que
Dieu aurait adopté pour y résider et pour l’inspirer comme chez les justes
et les prophètes. Mais le même Verbe de Dieu, engendré par le Père avant
tous les siècles, sans commencement selon sa divinité, dans les derniers
temps est né d’une mère, sans père, selon son humanité. L’humanité à laquelle la bienheureuse Vierge Marie a donné naissance a été depuis toujours
celle du Fils de Dieu lui-même».
Telle est l’unique foi «que nous professons dans le mystère du Christ».
Et le document de relever que les controverses du passé ont conduit à des
anathèmes, portant sur des personnes et sur des formules. «L’Esprit du
Seigneur nous donne aujourd’hui de mieux comprendre que les divisions ainsi
provoquées reposaient en bonne partie sur des malentendus».
Le mystère de l’incarnation que l’une et l’autre Eglise professent en
commun «n’est pas une vérité abstraite et isolée. Il s’agit du Fils de Dieu
envoyé pour nous sauver. L’économie du salut a sa source dans la communion
de la Saint Trinité – Père, Fils et Saint-Esprt – et elle se réalise par la
participation à cette communion, selon la grâce, dans l’Eglise une, sainte,
catholique et apostolique, Peuple de Dieu, Corps du Christ et Temple de
l’Esprit».
Vivant de cette foi et de ces sacrements, il s’ensuit donc que les Eglises catholiques particulières et les Eglises assyriennes particulières peuvent se reconnaître comme Eglise soeurs. Reste que des points demeurent encore en discussion. «Pour être pleine et entière, la communion présuppose
l’unanimité concernant le contenu de la foi, les sacrements et la constitution de l’Eglise. N’ayant pas jusqu’à présent atteint cette unanimité vers
laquelle nous devons progresser davantage, nous ne pouvons malheureusement
pas encore célébrer ensemble l’Eucharistie, qui est ce signe de la communion ecclésiale déjà totalement restaurée».
Création d’une Commission théologique
Selon Mgr Aprim Khamis, évêque de l’Eglise assyrienne aux Etats-Unis, le
but de cet accord n’est pas de former une seule Eglise. L’accord du 11 novembre prévoit en outre la mise en place d’une commission théologique entre
les deux Eglises en vue d’éliminer les obstacles qui empêchent encore la
pleine communion. Une communion que Mgr Khamis espére complètement réalisée
«dans de brefs délais».
Certains estiment que les divisions doctrinales ont été engendrées par
des divergences politiques et culturelles entre les membres de l’Eglise
assyrienne, au 4e siècle, implantée surtout en Perse, et l’ensemble des
chrétiens de l’Empire romain.
Les origines de l’Eglise assyrienne remontent aux premiers temps du
christianisme. Sa liturgie se pratique dans une langue proche de l’araméen,
parlé en Palestine au temps du Christ.
Au sixième siècle, des missionnaires de l’Eglise assyrienne sont allés
jusqu’en Chine. Les chrétiens assyriens ont été chassés de leurs terres au
Kurdistan par les Turcs, et se trouvent aujourd’hui en Irak, au Liban, en
Syrie, en Iran, dans certaines régions de la Communauté d’Etats indépendants (CEI), ainsi qu’en Inde, en Amérique du Nord, en Nouvelle-Zélande et
en Australie.
Au terme de la signature de l’accord, le pape a promis à son hôte que le
Saint-Siège employera les moyens dont il dispose, particulièrement ses contacts avec les gouvernements et les organisations internationales, pour alléger les souffrances des communautés appartenant à cette Eglise et, si
possible, les faire cesser. «Nous espérons être capable de vous aider à
supprimer toute espèce d’isolements qui existent encore».
Quant au patriarche Dinkha IV, il a qualifié ce jour «d’une importance
historique», en remarquant que la «vision d’unité entre les Eglises de
l’Est et de l’Ouest a toujours été d’une force considérable». «Dorénavant,
a-t-il conclu, nos deux Eglises peuvent proclamer l’Evangile avec une voix
plus vivante et vibrante que jamais».
L’Eglise catholique apostolique assyrienne d’Orient est membre du Conseil oecuménique des Eglises (COE). (apic/eni/com/eb/pr)



