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Rome: Le pape reçoit des évêques

catholiques et anglicans des Etats-Unis

Jean Paul II évoque l’ordination des femmes

Rome, 7novembre(APIC) Les obstacles ne doivent pas nous décourager, a répété Jean-Paul II en recevant lundi une délégation composée de cinq évêques

catholiques et de cinq évêques anglicans des Etats-Unis. Le pape, qui a

évoqué à ce sujet le problème de l’ordination des femmes, a rappelé à ses

hôtes que l’espérance oecuménique «s’enracine dans la seule force des choses qui nous unifient malgré nos différences».

Les dix évêques effectuent, dans un esprit de fraternité oecuménique, un

pèlerinage dont les deux principales étapes sont Rome et Canterbury. Le pape s’est réjoui de leur désir de promouvoir un dialogue toujours plus intense entre catholiques et anglicans aux Etats-Unis, disant voir «d’un même

oeil les appels divins de la grâce vers cette unité que l’Esprit Saint stimule depuis tant d’années dans le coeur de ceux qui suivent le Christ».

Notant que «le fait que nous soyons d’accord pour reconnaître que les

relations oecuméniques sont une exigence essentielle de notre obéissance au

Seigneur est déjà un très beau cadeau de la grâce de Dieu», le pape les a

encouragés à persévérer sur cette voie. Se référant au document de la Commission internationale de dialogue entre anglicans et catholiques (ARCIC)

sur «La vie dans le Christ: morale, communion et Eglise», il a notamment

souligné l’importance d’un témoignage commun sur «les questions morales qui

affectent si durement les hommes et les femmes de notre temps».

Jean-Paul II en est venu ensuite aux difficultés. «Nous sommes en même

temps douloureusement conscients des obstacles à venir tout au long du chemin, a-t-il affirmé. Nous ne devons jamais être déconcertés ni reculer devant les difficultés. Parmi elles, vous avez mentionné le sérieux désaccord

entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane à propos de l’ordination des femmes au sacerdoce. Il est cependant encourageant d’entendre que

vous situez ce problème important dans sa propre perspective, une perspective ecclésiologique profonde montrant que le premier devoir de l’Eglise

est l’obéissance au Christ qui est la Tête (cf Eph 5:23), une perspective

qui implique des limites à notre autorité en relation avec ce qui a été

transmis (cf Ordinatio Sacerdotalis, nx 4). Seule une vision théologique

inspirée par la foi, la prière et la contemplation pourra assurer une ouverture à la conduite sûre de l’Esprit tandis que nous continuons notre pèlerinage vers cette pleine communion.»

Le pape a pousuivi: «Face à ces difficultés et à d’autres, sur quoi repose notre espérance oecuménique? Elle s’enracine dans la seule force des

choses qui nous unifient malgré nos différences. Les anglicans et les catholiques partagent déjà une foi profonde dans les mystères de la vie, de

la mort et de la résurrection de notre Rédempteur. Ces mystères, rendus

présents par notre baptême, sont la source où puisent nos vies dans l’Eglise. Le baptême, cependant, est un commencement, un point de départ; il est

’totalement dirigé en vue d’acquérir la plénitude de la vie du Christ’ (cf

Unitas Redintegratio, 22). Le baptême contient ainsi un dynamisme intérieur

vers une participation toujours plus pleine dans l’Eglise en tant que communauté de foi et communion visible. Notre espérance n’est pas de notre

propre ressort, mais nous vient toujours nouvelle de l’efficacité des seuls

dons par lesquels Dieu constitue son peuple sur la terre, l’Eglise qui

voyage sur des terres étrangères, loin de son Dieu (cf 2 cor 5:6), jusqu’à

ce qu’elle apparaisse dans la gloire avec son épouse (cf col 3:1-4) (cf Lumen Gentium,6). (apic/jmg/mp)

7 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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