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Brésil: A l’approche de Noël, la Conférence des évêques (161296)

lance un nouvel appel en faveur de la réforme agraire

Les conflits agraires en constante augmentation

Brasilia, 16décembre (APIC) A l’approche de Noël, la Conférence nationale

des évêques du Brésil (CNBB) lance un nouvel appel en faveur de la réforme

agraire, dont la réalisation tant attendue serait «un pas important pour la

réalisation de la paix sur la terre». Les conflits agraires sont en constante augmentation au Brésil:concernant le contrôle de plus de 3 millions

d’hectares, ils impliquent des centaines de milliers de personnes.

Des dizaines de paysans sans terre ont déjà trouvé la mort ces dernières

années dans les luttes pour une juste répartition de la terre brésilienne,

accaparée par une minorité qui dispose de relais puissants au niveau du

pouvoir, paralysant toute tentative de réforme agraire.

C’est la raison pour laquelle les membres du Conseil permanent de la

CNBB interpellent à nouveau le gouvernement brésilien afin qu’il mette en

oeuvre une véritable réforme agraire et sociale, «un rêve ancien, mais dont

la réalisation est actuellement indispensable».

Evoquant le Jubilé de l’An 2000 et le message des anges à Bethléem, lors

de la naissance du Christ – «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix

sur la terre aux hommes de bonne volonté» -, les évêques affirment que la

réalisation sans tarder d’une réforme agraire véritable et juste serait un

signe important qu’arrive la «paix sur la terre au Brésil».

Le Conseil permanent de la CNBB rappelle «le triste massacre», en avril

96, de 24 paysans sans terre à Eldorado de Carajas par la Police militaire

de l’Etat du Para. «Cet événement tragique a secoué nos consciences et a

souligné avec encore plus d’évidence l’urgence d’une réforme agraire. Nous

réitérons notre appel avec encore plus de force en citant les paroles du

pape Jean Paul II: ’Au Brésil, la réforme agraire ne peut pas être un

échec!’». Et de noter que la société brésilienne perçoit, comme jamais, sa

nécessité, reconnaît la légitimité des mouvements populaires qui luttent

pour la possession de la terre et condamne «l’intransigeance de quelques

secteurs privilégiés de la société qui veulent, à n’importe quel prix,

maintenir leurs injustes privilèges».

La déclaration lance un appel aux parlementaires fédéraux de Brasilia:

«Nous demandons au Congrès National d’approuver sans retard les projets de

lois destinés à accélérer le processus de la réforme agraire et qui se

trouvent actuellement paralysés au niveau du Sénat Fédéral». De l’avis des

évêques brésiliens, la récente Mesure Provisoire sur l’impôt territorial

rural (ITR), s’il n’est pas détourné de ses objectifs, peut effectivement

être un instrument efficace pour rendre la terre à sa destination sociale».

La CNBB espère que le gouvernement assume enfin avec conviction la cause

de la réforme agraire, une réforme qui permettra de s’attaquer aux autres

maux que sont l’exode rural, le chômage, la faim et l’exclusion sociale.

Et les évêques brésiliens de conclure: «Vivre Noël, en ce commencement

de préparation pour le Grand Jubilé de l’an 2’000, implique que sur la terre brésilienne vienne la paix, comme fruit de la justice sociale et de la

concorde entre les hommes, dans les foyers et dans la société». (apic/cnbbba)

16 décembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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