Afrique du Sud: réunion du comité central du COE (200194)
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Premier rapport du nouveau secrétaire général
Johannesburg, 20janvier(APIC) Réunis à Johannesburg en Afrique du Sud du
20 au 28 janvier, les quelques 150 membres du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) ont entendu le premier rapport du nouveau secrétaire général. Le pasteur Konrad Raiser, élu en août 1992, s’est présenté devant un COE restructuré et assaini financièrement par son prédécesseur
Emilio Castro.
Jamais une réunion importante du COE ne s’était tenue en Afrique du Sud.
Depuis 1967 aucun haut responsable du COE n’avait reçu l’autorisation de se
rendre dans ce pays. L’invitation du Conseil sud-africain des Eglises
(SACC) a été acceptée avec enthousiame par le COE. Depuis un an, le COE
participe aux côtés du SACC et de la conférence épiscopale catholique au
programme oecuménique d’observation de la situation en Afrique du Sud (EMPSA).
Au delà de l’Afrique du Sud, c’est l’évolution de tout le continent
africain qui préoccupe le COE. Des missions de paix et de réconciliation se
sont déroulées dans plusieurs pays et le COE participe à de nombreux
programmes de développement. Mais si des espoirs naissent ça et là avec la
fin de régimes dictatoriaux, on assiste aussi à une intensification des
conflits souvent d’origine ethnique ou tribale. Sur le plan économique
Konrad Raiser s’est interrogé sur les conséquences des récents accords du
GATT qui ne seront pas forcément favorables à l’Afrique. Les quelques
protections accordées par la convention de Lomé aux pays les plus pauvres
perdront certainement leurs effets.
Sur le plan théologique, Konrad Raiser souhaite que le COE apporte sa
contribution à la réflexion engagée par la Conférence des Eglises de toute
l’Afrique (CETA), réflexion inspirée par la théologie de la reconstruction.
Si le COE est aujourd’hui restructuré, des questions importantes subsitent quant à sa vision de l’oecuménisme pour les années à venir. «Nous devons faire face aujourd’hui à un défi: celui d’essayer de voir les activités du Conseil comme un tout, de découvrir le profil qui s’en dégage et de
lui donner une expression cohérente», a expliqué le pasteur Raiser. Souhait
qui rejoint le thème de la Semaine universelle de prière pur l’unité des
chrétiens: «appelés à n’avoir qu’un seul coeur et qu’une âme». Cette vision
commune et cette cohérence devront se retrouver dans le travail des Unités
du Conseil. L’image biblique de la ’maison de Dieu’ doit servir de «catalyseur» et inspirer les groupes «unité et renouveau», «vie, éducation et mission», «justice, paix et création» et «partage et service».
«Nous sortons d’une période où la lutte était définie en termes d’affrontement, aujourd’hui nous sommes appelés à devenir des artisans de la
reconstruction.» Pour le secrétaire général du COE, cette fin de siècle
constitue un tournant décisif dans le développement de la conscience morale, sociale et politique du monde. A l’évidence les Eglises ont un rôle important à jouer dans ce processus. Raison supplémentaire pour donner à
l’oecuménisme un élan nouveau, a conclu Konrad Raiser. (apic/soepi/mp)



