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apic/COE/ essais nucléaires

Genève: Le secrétaire général du COE demande (160695)

à la France de renoncer à de nouveaux essais nucléaires

Genève, 16juin(APIC) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises, s’est dit étonné et profondément déçu de la

décision du président français Jacques Chirac d’entamer une nouvelle série

d’essais nucléaires à Mururoa, mettant ainsi fin brutalement au moratoire

déclaré par la France il y a trois ans.

Les arguments scientifiques et militaires avancés pour justifier cette

décision sont loin d’être convaincants, comme l’ont montré les réactions

qu’elle a suscitées à travers le monde, relève Konrad Raiser dans une lettre adressée au chef de l’Etat français.

La logique de la dissuasion nucléaire est d’un autre âge. Aujourd’hui,

rares sont ceux qui admettront l’idée que l’on peut garantir «la sûreté, la

sécurité et la fiabilité» des armes nucléaires. L’affirmation que la reprise des essais, loin des côtes de la France métropolitaine, n’aura «strictement aucune conséquence écologique» n’est guère plus convaincante.

Pour le pasteur Raiser, cette décision contredit en outre de manière

flagrante les récents engagements pris concernant la prolongation indéterminée du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Les Eglises membres du Conseil oecuménique des Eglises ont à maintes reprises appelé à l’interdiction globale des essais nucléaires et à l’abandon

total de toutes les recherches destinées à moderniser ou à améliorer les

armements nucléaires. Elles ont condamné comme étant fondamentalement immorale l’idée cynique que la dissuasion nucléaire peut garantir la sécurité

nationale, ou l’idée qu’il puisse y avoir une quelconque justification à

envisager l’utilisation, en dernier recours, des armes nucléaires pour défendre son territoire ou des intérêts liés à la sécurité nationale.

Ce n’est pas dans sa force de dissuasion nucléaire que la France trouvera sa grandeur. C’est bien plutôt en renouant avec les valeurs humaines

universelles sur lesquelles s’est bâtie la France moderne, conclut le pasteur Raiser. (apic/eni/mp)

16 juin 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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