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apic/COE/KEK/ Patriarche Pavle

Bosnie: le COE et la KEK appellent l’Eglise serbe à intervenir(190795)

Genève, 19juillet(APIC) A l’heure où les forces serbes de Bosnie encerclent la «zone de sécurité» de Zepa, le Conseil oecuménique des Eglises

(COE) a adressé lundi un appel au patriarche Pavle, primat de l’Eglise orthodoxe serbe, lui demandant d’exercer son «autorité spirituelle» auprès

des dirigeants des Serbes de Bosnie afin qu’ils stoppent l’attaque contre

Zepa, renoncent au plan éventuel d’une attaque contre Gorazde, et cessent

le bombardement de Sarajevo.

«Le Conseil oecuménique des Eglises, en collaboration étroite avec la

Conférence des Eglises européennes (KEK), n’a cessé d’affirmer qu’aucune

action militaire ne peut rétablir une paix juste et durable», rappelle cette lettre, signée par Mary Ann Lundy, secrétaire générale intérimaire, et

Huibert Van Beek, secrétaire exécutif auprès du Bureau des relations avec

les Eglises et la communauté oecuménique.

Le message du COE mentionne également la rencontre qui a eu lieu en Hongrie la semaine dernière et au cours de laquelle des représentants d’Eglises de l’ex-Yougoslavie, notamment de l’Eglise orthodoxe serbe, ont rejeté

la violence et la purification ethnique.

Dans un message séparé adressé au patriarche Pavle, la Conférence des

Eglises européennes, (KEK) rappelle que le Haut Commissaire des Nations

Unies pour les réfugiés a déclaré que les événements de Srebrenica étaient

«l’un des pires exemples de déplacements forcés motivés par des raisons

ethniques dans le conflit actuel» et appelle le patriarche à «continuer à

réaffirmer votre aversion pour toute violence et votre désir que les

populations civiles soient scrupuleusement protégées».

Conflit autour de l’attitude nationaliste de l’Eglise serbe

La question de l’attitude ’nationaliste’ de l’Eglise serbe-orthodoxe

continue cependant d’agiter la communauté oecuménique. Le Conseil des Eglises des Pays-Bas a ainsi demandé au COE de dire clairement que l’Eglise orthodoxe serbe prône «une doctrine fausse». Pour le Conseil, les appels lancés par le COE et la KEK ne vont pas assez loin; selon lui, «la cause du

conflit se trouve dans l’idéologie d’une grande Serbie. Il est important de

souligner le danger d’une relation entre l’Eglise, le nationalisme et les

revendications territoriales», précise-t-il.

«Si des organisations oecuméniques n’osent pas mentionner la cause du

conflit et le rôle de l’Eglise, cela n’aidera personne. Et en outre, ces

organisations perdront l’autorité morale qui leur permet de traiter avec

d’autres Eglises dans le monde qui prêchent le nationalisme», ajoute le

Conseil des Eglises des Pays-Bas. Interrogé par ENI, John Taylor, consultant auprès de la KEK, répond qu’il est trompeur de suggérer que l’Eglise

orthodoxe serbe soutient l’idée d’une grande Serbie alors que ses déclarations officielles ne cessent d’affirmer que ni une grande Serbie ni une petite Serbie ne peuvent justifier le recours à la violence.» (apic/eni/mp)

19 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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