Paris:Le cardinal brésilien Moreira Neves parle du conclave (161096)

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«Tous les calculs humains sont vains»

Paris, 16octobre (APIC) «Cette fois encore, un signe de contradiction sera

probablement donné, déroutant tous les calculs humains», estime le cardinal

brésilien Lucas Moreira Neves, à propos du prochain conclave, l’assemblée

des cardinaux électeurs chargée d’élire le futur pape. Le cardinal-archevêque de Sao Salvador de Bahia passe pour l’un des principaux «papabili».

Interrogé par le quotidien catholique français «La Croix», Mgr Moreira

Neves, président de la Conférence épiscopale du Brésil, affirme que les médias ont voulu le «tuer» en faisant circuler des rumeurs sur son état de

santé.

Présenté comme l’un des principaux «papabili», le cardinal brésilien

rassure d’abord sur sa santé, après des informations alarmistes en provenance des Etats-Unis semblant s’inscrire dans le cadre d’une «guerre de

succession». En route pour New York, le cardinal avait demandé dans l’avion

un médicament qu’il avait oublié d’emporter. Ne le trouvant pas, le personnel de bord avait cru bon d’avertir l’aéroport. Après quoi, pour des raisons climatiques, l’avion avait été détourné sur Washington.

La presse américaine transforma ces faits, annonçant qu’il était dans un

climat diabétique et que l’avion avait dû se poser d’urgence pour une hospitalisation. Ces fausses informations ont provoqué l’émoi jusqu’à Rome, si

bien que le pape lui a envoyé un fax en témoignage d’amitié. «J’étais pourtant en pleine forme», proteste le cardinal brésilien.

Un climat médiatique «malsain»

Le cardinal Moreira Neves s’interroge: «A qui profite cette campagne de

désinformation ? Pourquoi les journaux ont-ils voulu me ’tuer’ ?» Pour lui,

le climat médiatique est «malsain», et beaucoup d’hommes d’Eglise en sont

victimes. Le pape en sait quelque chose, dit-il, lui qui a montré en France

combien un fort charisme peut «faire taire les faux prophètes». Avec les

autres membres du Collège des cardinaux, il fait face dans la confiance autour du pape, «qui se remet tranquillement de son opération», et qu’il

espère accueillir à Rio de Janeiro en octobre 1997.

Le premier pontife-martyr-vivant fera entrer l’Eglise dans le 21e siècle

Interrogé sur le prochain le conclave, le cardinal brésilien fait preuve

de la même sérénité: «L’Esprit-Saint est à l’oeuvre et il n’agit pas dans

le sens des évidences ! (…) Cette fois encore, un signe de contradiction

sera probablement donné, déroutant tous les calculs humains.» Et de rappeler l’élection du «vieux» Roncalli (Jean XXIII) ou celle du «jeune» Wojtyla

(Jean-Paul II). De toute façon, l’archevêque pense que, comme l’avait

prédit le cardinal polonais Stefan Wyszynski, Jean-Paul II fera entrer

l’Eglise dans le troisième millénaire. Et il invite à se mettre «à l’école

du courage et de l’audace» d’un homme qui, «par ses souffrances et son témoignage, est le premier pontife-martyr-vivant».

Mgr Moreira Neves, qui était en France pour participer au récent colloque organisé à Lisieux pour le centenaire de la mort de sainte Thérèse,

souhaite, avec la Conférence des évêques de Brésil, que la «petite Thérèse»

soit proclamée docteur de l’Eglise. Pourquoi pas le 20 août 1997 à Paris,

au cours de la Journée mondiale de la Jeunesse ? L’occasion serait belle,

suggère-t-il, «car Thérèse répond à cette recherche d’un sens à la vie qui

tenaille les nouvelles générations». (apic/cip/be)

16 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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