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Fribourg: Semaine interdisciplinaire à l’Institut oecuménique de l’Uni

Conférence du professeur Olivier Clément sur l’Eglise orthodoxe (190396)

Fribourg, 19mars(APIC) Le christianisme a encore de beaux jours devant

lui… Peut-être même sommes-nous encore au tout début de l’Eglise, a lancé

lundi soir à Fribourg Olivier Clément, professeur de théologie morale et

d’histoire de l’Eglise à l’Institut de théologie orthodoxe St-Serge, à Paris.

Invité par l’Institut oecuménique de l’Université de Fribourg, Olivier

Clément donne une série de cours et de conférences dans le cadre de la semaine interdiscplinaire de l’Université, organisée cette année sur le thème

de l’»Orthodoxie et l’Occident».

Lundi, au Centre Ste-Ursule, à Fribourg, le professeur Clément a donné

sa première conférence, expliquant la pensée orthodoxe en définissant la

résurrection comme le fondement de la foi et la trinité comme le programme

d’action de l’Eglise.

«Pâques reste le coeur de la liturgie orthodoxe. La résurrection n’est

pas la réanimation d’un cadavre, mais la transformation de l’humanité», a

lancé le professeur, qui a également rappelé que selon saint Cyprien, notre

seul péché est de ne pas faire assez attention à la résurrection.

Le conférencier a poursuivi en analysant la place de la mort dans la

conscience collective. «Les camps de concentration et les violations des

droits humains ont forgé en nous la conscience de la barbarie. Et le désarroi de l’homme devant son impuissance face aux forces de la mort peut le

conduire à l’idôlatrie ou à la pornographie. Et parfois même à faire violence contre les autres ou contre soi-même».

Autre élément central de la pensée orthodoxe, la trinité constitue un

véritable programme pour l’unité de l’Eglise, qui n’est pas à confondre

avec l’uniformité. «Les flammes de la Pentecôte se divisent et se posent

sur chacun, qui est personnellement libéré», affirme Olivier Clément, pour

qui la trinité constitue l’image parfaite de l’Eglise. Le nombre trois évite l’isolement, l’affrontement et la fusion.

L’unité du Dieu Père, Fils et Esprit est un véritable programme d’action

social et culturel des chrétiens, pour qui cet exemple de communion doit

inciter à la solidarité. Selon le conférencier, l’Occident est marqué par

le piétisme et le moralisme, et l’Orient par le ritualisme et le nationalisme. Dans ce contexte, l’Eglise ne doit pas constituer une institution,

mais un mystère qui atteint la profondeur de toute vie. Les chrétiens doivent donc inventer la voie de la communion, qui ne soit ni le communisme,

qui ignore la liberté, ni le capitalisme, qui se moque du pauvre.

Au tout début peut-être…

Interpellé sur la perte de foi de nos contemporains, le profeseur Clément a situé ce phénomène en distinguant trois étapes dans l’histoire de

l’Eglise depuis le Moyen-Age. La première a été marquée par la maîtrise de

la culture par les clercs. Il s’ensuivit une ère de modernité qui a tenté

de libérer l’homme de toute contrainte cléricale. Or actuellement cet éclatement s’épuise. Les artistes tendent à réexprimer leur foi et les chrétiens à poser des actes de témoignages. Olivier Clément prévoit encore de

beaux jours pour le christianisme. «Qui sait, peut-être sommes-nous encore

au tout début de l’Eglise». Et d’affirmer en conclusion que «de nos jours,

la pudeur de Dieu a remplacé celle du sexe. Il n’est pas facile de témoigner de sa foi». (apic/bb/pr)

19 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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