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Conférences à Fribourg du Père Charles Delhez

Nouvel-Age et foi chrétienne: incompatibles (021195)

Fribourg, 2 novembre(APIC) Nouvel-Age et foi chrétienne sont incompatibles. Le Père jésuite belge Charles Delhez le pense. Il s’en est expliqué

lors de deux conférences données à Fribourg. La première consacrée aux phénomènes paranormaux et au retour de l’irrationnel, la seconde au Nouvel

Age, dont certains principes sont, à ses yeux, clairement contraires à la

foi chrétienne.

Dans un premier temps, partant d’une analyse sur l’intérêt porté aux

phénomènes surnaturels, le rédacteur en chef du journal «Dimanche» a mis

l’auditoire en garde contre la tentation de goûter au paranormal. Tout ce

qui touche à l’irrationnel revient en force, estime le sociologue. Et de

citer les 10 millions de Français qui consultent au moins une fois par an

un voyant ou autre mage de service.

L’histoire des phénomènes paranormaux remonte à la nuit des temps…

Dans certaines contrées, notamment en Afrique, la sorcellerie et la guérison font partie de la tradition populaire. Là ou tout se complique, insiste

le conférencier, c’est que certains profitent du désarroi des gens pour

leur inspirer la peur et extorquer de l’argent.

Abordant ensuite le Nouvel-Age, qui s’est abreuvé à la crise sociale

pour naître, le Père jésuite en a dressé le portrait-robot. Il a comparé

huit idées-force véhiculées par la pensée du Nouvel-Age avec celles des

Eglises chrétiennes traditionnelles. Celles-ci enseignent que l’homme est

un être corporel unique et animé, en relation avec Dieu et avec les autres.

Pour le Nouvel-Age, le corps constitue un vêtement et l’homme une partie

consciente du grand tout. Le Dieu des chrétiens est une personne relationnelle et transcendante, celui du Nouvel-Age s’assimile à une énergie ou à

une grande vibration. Pour les uns, entrer en relation avec le Christ permet d’entrer dans la vérité, alors que pour les autres la notion de vérité

est éclatée et l’homme prend comme référence ce qui est bon pour lui-même.

Le monde, pour les Eglises chrétiennes traditionnelles, est une réalité

créée par Dieu et appelée à se transformer par l’esprit. Le Nouvel-Age considère avec dédain les contingences matérielles d’ici-bas et prône l’entrée

dans le grand tout. Il ne s’intéresse d’ailleurs pas à la politique. La religion est assimilée par les chrétiens à une invitation à l’unité profonde

avec Dieu et avec les autres, au rythme de l’histoire. Le Nouvel-Age, mouvement religieux syncrétique, prône l’idée de la douce conspiration (respirer ensemble).

La vie spirituelle doit inviter les adeptes de Jésus-Christ à accueillir

Dieu qui va à la rencontre de l’homme. Le mouvement proposé par le NouvelAge est inverse: par un ensemble de techniques inspirées des religions

orientales, l’homme accomplit des exercices pour rejoindre une divinité

sans visage. La résurrection annoncée par Jésus contredit la réincarnation,

qui connaît un regain d’intérêt en cette fin de millénaire. Enfin le NouveAge considère le mal comme une affaire d’interprétation. Les chrétiens y

voient l’échec de notre liberté, contre lequel nous pouvons lutter par notre conversion et par le pardon de Dieu.

La crise sociale que nous traversons et les défis lancés par les autres

courants spirituels de cette fin de millénaire questionnent les Eglises

traditionnelles, affirme Charles Delhez, qui a invité l’auditoire à redécouvrir les dogmes de la foi chrétienne et à annoncer le Royaume par un engagement pour la justice. «L’Eglise est encore trop préoccupée d’elle-même», a-t-il déclaré, avant d’inviter les chrétiens à une solidarité nouvelle qui ne constitue ni une fuite ni un repli. (apic/id/bb/pr)

2 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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