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apic/Conférence/Paris/Vatican

Paris: Conférence sur la stabilité en Europe

Le Saint-Siège satisfait du Pacte signé mardi (210395)

Paris, 21mars(APIC/CIP) La Conférence sur la stabilité en Europe, tenue à

Paris, s’est achevée par la ratification d’un accord, satisfaisant aux yeux

du secrétaire du Vatican pour les rapports avec les Etats, Mgr Jean-Louis

Tauran, chef de la délégation du Saint-Siège présente à Paris. Les 52 ministres des Affaires étrangères des Etats participant à cette Conférence ont

en effet adopté un Pacte comprennant une déclaration politique et un ensemble d’accords bilatéraux conclus avec les pays baltes, ceux d’Europe centrale et leurs voisins en vue de promouvoir la coopération et de stabiliser

les relations réciproques de bon voisinage.

Devant les participants, Mgr Tauran s’est d’abord réjoui de voir l’Europe manifester sa volonté «de ne pas se satisfaire de situations héritées du

passé, mais de travailler à changer le cours de l’histoire en faisant naître une communauté de nations européennes, respecteuse des diversités et

promotrice de solidarité».

Le bon voisinage entre les Etats exige de chaque peuple et de chaque

groupe national sacrifice et volonté de vivre ensemble, a ensuite noté Mgr

Tauran. Selon lui, les accords bilatéraux et multilatéraux inscrits dans le

Pacte portent sur des aspects divers et traduisent une volonté commune de

«renforcer la sécurité, la confiance et la concorde, dans le respect du

droit international et des engagements souscrits».

A ce propos, le représentant du Saint-Siège a remarqué que «la crise des

Balkans a tragiquement apporté la preuve que, dans une société donnée,

l’absence d’une volonté d’établir entre toutes les composantes sociales des

relations reposant sur le respect de l’autre et la solidarité exaspère les

différences, attise les haines ancestrales et conduit à la guerre. Le Pacte

de stabilité qui se conclut est, a-t-il dit, l’expression d’un effort de

dépassement des déterminismes historiques et de construction d’une communauté pacifique de nations».

Troisième aspect abordé par Mgr Tauran: les problèmes posés par l’existence de minorités nationales. Souhaitant une manière nouvelle de résoudre

ces problèmes, le Saint-Siège attend des sociétés nationales qu’au lieu de

se refermer sur elles-mêmes, elles sachent «tisser entre elles des relations qui conduisent à la coopération et à la responsabilité solidaire». Le

St-Siège espère donc que la philosophie du Pacte qui vient d’être signé à

Paris servira d’exemple pour toutes les nations directement mêlées au drame

des Balkans. Il estime d’ailleurs que le nationalisme militant est moins

«florissant» là où l’on s’engage pour les droits humains fondamentaux, tant

civils que politiques, économiques et culturels.

De ce point de vue, a poursuivi le représentant du Vatican, le plein respect de la liberté religieuse et des droits des minorités en particulier

est capital. A présent que les Etats signataires du Pacte se sont engagés à

résoudre pacifiquement les différents qui pourraient les opposer dans le

futur, et cela avec les instruments adaptés que leur offre l’Organisation

de la Sécurité et de la Coopération en Europe (OSCE), le Saint-Siège souhaite que tous sache dire «non» aux antagonismes du passé et aux nationalismes meurtriers, pour pouvoir dire «oui» au dialogue et à la complémentarité, a-t-il conclu. (apic/cip/pr)

21 mars 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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