Le texte contient 49 lignes (max. 75 signes), 456 mots et 3272 signes.
apic/Congo/ rapport/ violation des droits de l’Homme
Congo: Graves violations des droits de l’homme (091096)
Un rapport explosif: exécutions sommaires, torture généralisée
Brazzaville, 9octobre (APIC) Les exécutions sommaires contre de prétendus
sorciers, la torture généralisée dans les commissariats de police se multiplient au Congo. Ce sont les exactions pratiquées principalement entre mars
1995 et mai 1996 que dénonce l’Observatoire congolais des droits de l’homme
(OCDH), organisation congolaise non-gouvernementale, dans un rapport de 63
pages.
Au plan des droits civils et politiques, l’OCDH qui collabore avec la
Fondation suédoise pour les droits de l’homme, a enregistré 36 cas d’exécutions sommaires et extrajudiciaires concernant des personnes accusées de
vol ou de sorcellerie. Les prétendus sorciers (généralement des personnes
du troisième âge) sont souvent tués à l’arme blanche ou sont brûlés vifs
par le supplice du collier. Selon le rapport, «l’absence de texte juridique
pour statuer sur ce phénomène métaphysique, la lenteur des procédures judiciaires et surtout l’impunité des accusés auprès des services de police
sont à l’origine de cette justice parallèle et expéditive de la part des
populations.»
Pratique généralisée de la torture
Le rapport révèle que «tous les commissariats de police du Congo et de
Brazzaville en particulier pratiquent la torture sous diverses formes». Au
commissariat central de Brazzaville notamment, les policiers estiment que
la torture est «normale pour faire parler les récalcitrants». Les inculpés
subissent une sévère bastonnade. L’autre procédure couramment utilisée est
celle du «kilimandjaro», une forme de pendaison par les mains menottées
dans le dos.
Par ailleurs, l’intolérance politique sous-tendue par la haine tribale
explique les nombreuses atteintes à la liberté de circulation sur la voie
ferrée reliant Brazzaville à Pointe-Noire. La liberté de réunion politique
ou syndicale est également violée dans les mêmes conditions par les milices
armées des partis politiques mais aussi par les forces de l’ordre.
Le droit d’informer et d’être informé est maintes fois bafoué par le
gouvernement et les hommes politiques. Des journalistes sont victimes de
censure et de sanctions administratives et judiciaires dans l’exercice de
leurs fonctions. Le rapport souligne que «ceux qui travaillent dans les médias d’Etat ne diffusent que des informations bien contrôlées par le gouvernement».
Le rapport signale également de graves atteintes à la dignité humaine
chez les demandeurs d’asile, les retraités, les malades dans les hôpitaux,
et des étudiants.
L’OCDH rend l’Etat congolais responsable de cette situation catastrophique pour «son manque d’autorité qui a favorisé l’impunité». Il interpelle
particulièrement le gouvernement et les partis politiques pour procéder au
ramassage des armes de guerre et à la dissolution effective des milices
privées avant les prochaines élections présidentielles d’août 1997. Pour sa
part, la communauté internationale est invitée à exercer des pressions sur
les autorités congolaises pour qu’elles respectent leurs engagements en matière des droits de l’homme. (apic/eni/ba)



