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Graz: 17e Congrès mondial de l’Union catholique (150995)
internationale de la presse (UCIP)
Une société ouverte et solidaire
comme antidote à l’ultralibéralisme et aux nationalismes
Graz, 15 septembre (APIC, Jacques Berset) Une société ouverte aux autres
cultures, solidaire au niveau social et respectueuse des minorités est le
meilleur rempart contre les méfaits de l’ultralibéralisme et les ravages
que peuvent provoquer xénophobie et nationalismes exacerbés. Tel est le
message qui s’est dégagé vendredi des travaux du 17e Congrès mondial de
l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) qui se poursuivent à
Graz en Autriche.
650 journalistes catholiques du monde entier sont réunis du 13 au 17
septembre dans la capitale de la Styrie sur le thème «Pour une éthique de
paix dans un monde de violence».
Alors que l’on assiste un peu partout dans le monde à la résurgence des
conflits ethniques et à l’approfondissement des clivages sociaux, les médias, et plus particulièrement ceux qui se réfèrent à des valeurs chrétiennes, ont le devoir «de sensibiliser leur opinion publique aux effets pervers de l’ultralibéralisme économique, de la dérégulation à tout prix, de
la violence de la concurrence et des conséquences de l’insécurité et des
inégalités sociales».
José Ribeaud dit non à la dérégulation à tout prix
Dans son intervention vendredi devant le plenum du Congrès de l’UCIP, le
journaliste suisse José Ribeaud, rédacteur en chef du quotidien «La Liberté» (Fribourg) a déclaré: «C’est à nous, journalistes qui entendons promouvoir l’épanouissement humain basé sur la solidarité et le respect, de répéter que l’évolution des lois du marché, les contraintes de la concurrence
et les conséquences de la dérégulation creusent davantage qu’elles n’aplanissent les disparités économiques et les injustices sociales».
José Ribeaud a insisté pour dire qu’une économie régie par la seule loi
du profit et soumise à la sous-enchère sociale «crée des servitudes inhumaines et des situations de marginalité qui frappent les plus faibles».
En ex-Yougslavie, une propagande proche des méthodes nazies
La propagande nationaliste et xénophobe exploite l’ignorance et utilise
souvent un schéma simple mais efficace: «mensonge – peur – abomination mépris – haine – lutte sans merci», a analysé le publiciste polonais Stefan
Wilkanowicz. A propos de l’ex-Yougoslavie, il a dénoncé les analogies avec
la propagande nazie contre les juifs, sans désigner les coupables par leur
nom, mais en laissant entendre que ces méthodes de propagande sont utilisées par toutes les parties en conflit.
«On commence par créer l’atmosphère de peur vis-à-vis d’une nation ou
d’un groupe en les présentant comme dangereux, puis on suscite en même
temps l’abomination et le mépris pour «justifier» la haine et le «devoir»
de les vaincre ou même de les anéantir», a-t-il lancé. En ex-Yougoslavie,
a-t-il poursuivi, on peut constater une nouvelle «perfection» professionnelle parce que les mêmes films ou photos sont utilisés par les différentes
parties en conflit pour montrer les cruautés de l’adversaire. «Cette situation nous montre combien est nécessaire la libre circulation des informations, liée avec l’honnêteté des journalistes».
Stefan Wilkanowicz estime que le meilleur remède pour lutter contre la
peur, surtout celle qui est artificiellement créée par les médias de la
propagande, est de bien présenter la réalité et d’abord de connaître les
«autres» qui pourraient nous menacer. Outre le problème de l’amélioration
de la formation des journalistes – qui devraient notamment mieux connaître
les minorités -, Wilkanowicz propose un projet de bulletin d’information
électronique diffusé sur Internet.
Ce bulletin donnerait des informations sur les minorités dans les pays
d’Europe centrale et présentant la diversité culturelle de ces groupes. Il
imagine également un tel service pour améliorer la communication entre
l’Est et l’Ouest dans le domaine de la vie religieuse.
Les 50 ans de «La Vie»
A l’occasion du Congrès mondial de l’UCIP, les participants ont également, lors d’un cocktail offert par le journal francais «La Vie», fait connaissance avec cet hebdomadaire chrétien d’actualité français qui fête cette année son 50e anniversaire. C’est en effet le 8 juillet 1945 que paraît
le numéro 1 de «La Vie catholique illustrée», un magazine chrétien populaire fondé par trois laïcs – Joseph Folliet, Georges Hourdin et Ella Sauvageot – et deux religieux dominicains: les Pères Boisselot et Gourbillon.
(apic/be)




