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apic/Copenhague/sommet sur le développement
Berne: Sommet mondial de Copenhague pour le développement social (060295)
Un sommet pour rien? s’interrogent les oeuvres suisses d’entraide
Berne, 6février(APIC) A un mois de son ouverture, le Sommet mondial de
l’ONU pour le développement social qui se tiendra du 6 au 12 mars à Copenhague n’a pratiquement suscité aucun débat dans l’opinion publique. La
Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide s’en est inquiétée
lundi à Berne lors d’une conférence de presse. L’idéologie dominante est
aujourd’hui le néo-libéralisme et le mot solidarité a été remplacé par
«symétrie des sacrifices».
A l’inverse du sommet de Rio sur la terre ou de celui du Caire sur la
population, le sommet de Copenhague suscite peu de discussion, déplore Bruno Riesen, secrétaire général de Swissaid. Pourtant les problèmes de pauvreté, de chômage, de droits des travailleurs ou de juste répartition des
ressources se posent aussi bien au Nord qu’au Sud. Dans l’idéologie actuelle, l’économie, le social et la culture sont tout à fait dissociés. Un des
objectifs du Sommet est de faire prendre conscience combien ces domaines
sont étroitement liés pour l’avènement d’un avenir plus équitable.
Les lois du marché sont incapables de résoudre tous les problèmes sociaux, relève Richard Gerster, secrétaire de la Communauté de travail
regroupant Swissaid, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et
Caritas. Face au Sommet de Copenhague, les oeuvres d’entraide ont plusieurs
revendications concrètes. Elles attendent de voir reconnaître que la pauvreté a des causes structurelles auxquelles il faut s’attaquer. Elles souhaitent voir renforcer le droit d’accès de chacun aux resssources notamment
à la terre et à l’eau, ou encore au crédit. Un accès qui n’est pas du tout
garanti dans de nombreuses parties du monde. L’intégration dans les coûts
de production des coûts sociaux et écologiques est une troisième revendication des oeuvres d’entraide. Aujourd’hui, la protection de la santé des
travailleurs et l’élimination des déchets sont trop souvent exclusivement à
la charge de la collectivité, ce qui fausse sérieusement les rapports économiques. Une solution globale à la question de la dette du tiers monde apparaît également comme prioritaire. Enfin, aux yeux des oeuvres d’entraide,
les 20% de l’aide au développement devraient être consacrés à des projets
sociaux, ce qui n’est actuellement pas le cas, l’aide principale portant
sur la production ou les infrastructures. De leur côté, les pays en
développement devraient consacrer 20% de leur budget à ce même
développement social.
Jean-François Giovannini, directeur adjoint de la coopération au développement et de l’aide humanitaire (DDA) explique d’emblée que la déclaration qui sera proposée à Copenhague ne répond pas aux vastes attentes. Les
discussions préparatoires ont conduit à beaucoup de compromis. Si l’opposition à un réglement global de la dette du tiers monde est venu des pays occidentaux, les pays en dévelopement ont refusé d’accorder des garanties à
propos de l’application des conventions de l’Organisation internationale du
travail (OIT), voyant là une forme de néo-protectionnisme des pays du Nord.
La question principale, au yeux du directeur adjoint de la DDA, reste le
manque de volonté populaire et politique de s’attaquer sérieusement à ces
problèmes. En Suisse même, ne fait-on pas trop facilement l’impasse sur les
65’000 chômeurs en fin de droits et sur les 250’000 personnes devant recourir à l’assistance publique (deux fois plus qu’en 1990)? Le sentiment d’urgence face à la pauvreté dans nos pays et face à la misère du tiers monde
n’existe pas, relève Jean-François Giovannini.
Christoph Stückelberger, secrétaire central de Pain pour le Prochain, a
développé les bases éthiques d’un comportement social plus juste. Le but de
l’économie est le développement humain souligne-t-il. La prospérité ne peut
s’épanouir sans liberté et sans justice qui se conditionnent réciproquement. Le développement social est une condition au progrès économique durable, a -t-il conclu. (apic/mp)



