apic/COTMEC/ Affaire du «Courrier»/ lettre ouverte aux évêques
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Genève: L’avenir du journal «Le Courrier» en jeu (011096)
Lettre ouverte de la COTMEC aux évêques
Genève, 1eroctobre (APIC) La Commission tiers monde de l’Eglise catholique
(COTMEC) conteste les pouvoirs excessifs des financiers au sein de l’Eglise
catholique romaine à Genève. Illustation concrète: l’affaire du journal genevois «Le Courrier». Dans une lettre ouverte aux évêques du diocèse de
Lausanne, Genève et Fribourg et aux membres du Conseil pastoral de l’Eglise
catholique à Genève, les membres la COTMEC, à l’unanimité, estiment que
leur Eglise présente au public un «visage caricatural qu’ils ne peuvent accepter».
Les signataires de la lettre ouverte, après avoir rappelé les récentes
décisions de la Société catholique romaine (SCR) concernant «le Courrier»,
écrivent que la SCR apparaît comme l’organe suprême qui n’a de comptes à
rendre à personne. Or, argumente la COTMEC, «les différents départements de
notre Eglise, dans la foulée du Concile Vatican II, ont été mis en place
pour assurer au contraire une large participation de tous ceux qui constituent l’Eglise catholique à Genève, en lien avec leurs évêques.
«Le Conseil exécutif qui réunit tous les départements, y compris celui
des finances, était sensé être un lieu de concertation entre tous les lieux
où se joue la vie de l’Eglise», estime la COTMEC. Dans l’affaire du ’Courrier’, en court-circuitant des solutions nées du dialogue, poutant avalisées par l’autorité pastorale, les responsables de la SRC ont-ils répondu à
leur mandat, à savoir d’assurer les besoins matériels de notre Eglise? On
peut se le demander», observe la Commission tiers monde de l’Eglise catholique.
«Si la SRC peut s’arroger le pouvoir exorbitant de décider seule du sort
du ’Courrier’, il est urgent de changer le mode de fonctionnement de nos
structures, en saisissant par exemple l’occasion de la réforme actuellement
en cours du Conseil exécutif qui devient cet automne, un «Conseil pastoral
cantonal» (CPC).
Crise de confiance qui se développe
«Sans une réforme, la crise de confiance qui est en train de se développer sous nos yeux ne fera que s’aggraver. Beaucoup de personnes, qui comptent parmi les forces vives de notre Eglise, sont en effet découragées,
voire écoeurées. Après tant de lettres et de témoignages de soutien au
«Courrier», de cris de révolte ou d’interpellations respectueuses, les autorités de l’Eglise semblent parlaysées, sourdes, incapables de réagir en
raison des blocages que nous avons évoqués».
Les auteurs de la lette ouverte disent toujours vouloir «travailler en
Eglise, mais ils posent carrément la question: «Pourrions-nous encore être
crédibles, si nous acceptions l’état de fait actuel? Et de conclure: «Nous
sommes certains que ce n’est pas seulement l’avenir du ’Courrier’ qui est
en jeu, mais aussi l’avenir de notre communauté chrétienne. Et de poser
cette ultime interrogation: «En cette période où éclatent de toutes part
les nationalismes meurtriers, les catholiques de Genève sont-ils encore
capables de témoigner «ensemble» la promesse de justice, de fraternité et
d’amour dont sont porteurs les Evangiles?»
Appui concret au «Courrier»
Dans un supplément à COTMEC-INFO, paru fin septembre, intitulé: «Affaire
du Courrier. Protestation contre une décision injuste», Dominique Froidevaux, responsable de la COTMEC, redit sa conviction: «Pour l’heure, il faut
tout faire pour que vive ’Le Courrier’. Nous prions tous les lecteurs de
notre bulletin de ne pas négliger l’enjeu: ’Le Courrier’ est un outil essentiel pour la défense des droits humains et la promotion des initiatives
de solidarité qui risque de disparaître s’il n’a pas suffisamment d’abonnés
pour combler la disparition de la subvention ecclésiastique. Le Supplément
inséré dans COTMEC-INFO propose concrètement à ses lecteurs d’offrir un ou
plusieurs essais d’abonnement à 25 francs (pour 2 mois) et de faire leur
possible pour fidéliser les personnes qu’elles auront ainsi contactées.
Plusieurs membres de la COTMEC ont déjà entrepris avec succès des démarches
de ce type auprès de leurs connaissances, écrit encore Dominique Froidevaux. (apic/com/ba)



