Croatie: les évêques mettent en garde contre les excès de patriotisme

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Zagreb, 12juin(APIC) La Conférence des évêques croates a lancé vendredi

une mise en garde contre le mélange entre les fêtes patriotiques et les célébrations liturgiques. Les prêtres doivent notamment être attentifs à ne

pas dépasser, lors des célébrations liturgiques, le cadre des affaires de

l’Eglise. Dans une déclaration publiée à l’issue de leur assemblée, les

évêques de Croatie remarquent qu’il y a des situations où il vaudrait mieux

se contenter d’une liturgie de la Parole afin de préserver la sainteté de

la célébration eucharistique.

L’épiscopat croate reste en outre préoccupé par la question de la restitution des biens ecclésiastiques confisqués sous le régime communiste. Une

réglementation doit être rapidement mise en place car il est à craindre que

le gouvernement ne vende ces biens à des tiers, estiment les évêques. De

même, les documents historiques ainsi que tous les registres ecclésiastiques doivent être rendus à l’Eglise.

Abordant la dégradation des valeurs morales, les évêques ont sévérement

condamné le nudisme sur les plages de l’Adriatique. Cette pratique n’est

pas acceptable pour les chrétiens, écrivent-ils. Les hôtes de la côte dalmate, pour qui la morale et la bienséance signifient quelque chose, peuvent

s’en abstenir.

Situation dramatique pour les catholiques de Bosnie

Plus gravement, les évêques ont souligné à nouveau la dégradation continue de la situation des catholiques en Bosnie. Les trois diocèses catholiques de Bosnie: Banja Luka, Sarajevo et Mostar-Trebinje ne sont pas loin de

la disparition totale. Les catholiques sont découragés, poursuivis et tués.

Leurs droits les plus élémentaires sont bafoués et ils sont déportés de

leur patrie centenaire. Voir ce phénomène se passer sous les yeux de l’Europe chrétienne et démocratique est un fait particulièrement amer et douloureux, souligne la Conférence épiscopale.

Le diocèse de Sarajevo avant la guerre comptait 528’000 catholiques et

144 paroisses. 350’000 personnes ont été chassées. 45% des églises sont détruites, 30% sont gravement endommagées. A Mostar, 25’000 des 210’000 catholiques ont été déportés et une parite du territoire est inacessible aux

responsables religieux.

La situation la plus dramatique est bien celle de Banja Luka. Les trois

quart des 110’000 catholiques ont dû fuir, alors qu’il n’y a pas de combats

dans la région et que les gens devraient pouvoir y vivre en paix. Dans une

grande partie du diocèse on assiste à une quasi-disparition de la vie religieuse catholique.

Dans les régions de Croatie occupées par les Serbes, la situation n’est

guère meilleure. 115 paroisses ont été dissoutes et 245’000 catholiques ont

pris la route de l’exode. Il est interdit aux évêques de se rendre dans

cette partie de leur diocèse. (apic/kpr/mp)

12 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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