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Croatie: le projet de loi religieuse inquiète les protestants (270795)

Ils craignent de ne plus être officiellement reconnus

Genève, 27juillet(APIC) Plusieurs Eglises et associations protestantes de

Croatie s’élèvent contre le projet de nouvelle loi religieuse qu’elles qualifient d’antidémocratique et de discriminatoire. Ce projet assorti d’un

accord spécial avec le Vatican donnerait à l’Eglise catholique-romaine une

position privilégiée non conforme à la constitution croate qui interdit

toute discrimination fondée sur la religion, estiment-t-elles.

Un responsable d’Eglise fait remarquer que l’Eglise catholique devenait

ainsi une «Eglise d’Etat». Selon la presse de Zagreb, le nouvel accord avec

le Vatican rendra obligatoire l’éducation religieuse catholique dans les

écoles publiques et «un vicariat militaire catholique» sera mis en place

dans l’armée croate.

Pour le pasteur Stanko Jambrek, secrétaire du Conseil évangélique protestant, la nouvelle loi, qui doit encore être adoptée par le parlement

croate, pourrait entraîner «une épuration religieuse» de la République. Le

projet prévoit que seules les dénominations religieuses comptant au moins

de 30’000 à 50’000 membres seront reconnues par l’Etat. Une trentaine de

dénominations religieuses seraient alors reléguées au rang de «sectes

hors-la-loi».

Selon les adventistes du septième jour de Croatie, «à l’exception de

l’Eglise catholique-romaine, de la communauté musulmane et de l’Eglise orthodoxe-serbe, il n’existe en Croatie aucune autre dénomination religieuse

qui totalise au moins 30’000 membres.» Environ 76% des Croates sont catholiques 11% orthodoxes serbes et 1,2% musulmans. En plus de petites organisations protestantes, la Croatie compte une faible minorité de juifs.

Selon Jure Radic, président de la Commission gouvernementale des affaires religieuses, l’adoption de la nouvelle loi sera «dans l’intérêt des dénominations religieuses». Mais il a toutefois admis que «certaines cesseront d’exister en tant que dénominations religieuses».

«Il est évident que l’Etat a d’abord passé un contrat avec l’Eglise catholique-romaine, et sur la base de celui-ci, a élaboré une loi pour toutes

les autres dénominations», juge le pasteur Jambrek. Il sera alors plus difficile de reconnaître une Eglise que d’enregistrer un casino, estiment certains protestants. (apic/eni/mp)

27 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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