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apic/CSCE/Sodano/Intervention

CSCE: le cardinal Sodano interpelle les chefs d’Etat (071294)

à propos de la situation dans les Balkans

Budapest, 7décembre(APIC) «Il n’y aura de solution définitive du drame

actuel des Balkans que par une harmonisation des droits légitimes et concrets des populations», a déclaré le 6 décembre Mgr Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis

à Budapest dans le cadre de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération

en Europe (CSCE).

«Le drame de la Bosnie-Herzégovine est sans doute une humiliation pour

l’Europe. Voulons-nous célébrer le 50e anniversaire de la fin de la seconde

guerre mondiale en tolérant une autre guerre? Non, plus jamais la guerre!

Nous avons tous un devoir sacré: bannir la guerre de l’Europe», s’est écrié

le cardinal Sodano, le numéro 2 du Vatican.

L’Europe se présente à nous aujourd’hui dans une phase de transition, a

constaté le cardinal. Car après la véritable révolution que furent les années 1989-1991, la voilà ébranlée par les déséquilibres, hésitante sur son

chemin et même paralysée dans son action. Jean-Paul, a-t-il poursuivi, m’a

demandé de vous faire part de son désarroi face à la violence et aux atrocités commises en Bosnie-Herzégovine.

L’Eglise demande aux dirigeants serbes de Bosnie de prendre «le chemin

du dialogue pour parvenir à une juste solution, dont la communauté internationale devra s’assurer qu’elle est en accord avec les principes et les engagements de la C.S.C.E». En cette matière, l’Eglise pense que c’est le

droit qui doit être «l’unique référence dans la recherche du règlement des

différends qui réclament de chacune des parties un sens moral élevé».

Mais le Saint-Siège doit constater qu’»après trois ans les combats continuent sans que nous soyons parvenus à un diagnostic commun et à une réponse cohérente…» De plus, «on n’a pas encore clairement distingué entre

agresseurs et victimes». Mgr Sodano a posé enfin cette question: «Peut-on

rester ’neutre devant les violations systématiques des droits les plus élémentaires de la personne humaine et des nations?» L’Eglise, pour sa part,

pense qu’»il n’y aura de solution définitive du drame actuel des Balkans

que par une harmonisation des droits légitimes et concrets des populations».

Liberté religieuse: un malentendu

Dans la seconde partie de son intervention, le cardinal Sodano s’est

élevé, à propos de la liberté de religion, contre «une tendance récente de

vouloir à nouveau contrôler la vie et limiter les attentes des communautés

à la sphère du privé». Certes, on a enregistré de «notables progrès» en matière de liberté de religion en Europe ces dernières années. Cependant,

«certaines démocraties occidentales conçoivent la laïcité et le principe de

la séparation des Eglises et de l’Etat – en soi légitimes – comme un moyen

de mettre à l’écart le fait religieux ou les principes éthiques en général.

Il existe des pays où les communautés de croyants n’ont pas encore obtenu

de reconnaissance juridique. Et cela en Europe, dans des pays membres de la

CSCE».

Le cardinal a également souhaité, pour la partie centrale et orientale

du continent européen, une réelle restitution des biens dont l’Eglise a été

spoliée: «On a parfois le sentiment que les administrations concernées inclinent plutôt à restreindre qu’à favoriser l’exercice des droits légitimes

des communautés», dit-il. L’Eglise estime en effet que «les croyants sont

justement porteurs d’expériences et de valeurs qui servent en réalité

l’avenir des sociétés. Face aux nationalismes, à la xénophobie ou à l’intolérance, les Eglises sont conscientes de leur devoir de rappeler à tous que

la nécessaire intégration des groupes humains ne se fait pas par l’exclusion». (apic/jmg/pr)

7 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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