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apic/Cuba/Repentir/Fidel Castro/Démenti du cardinal Castillo Lara

Vatican: Le cardinal Castillo Lara dément (070197)

avoir invité Fidel Castro à se repentir

L’Eglise n’oublie pas la répression qu’elle a subie

Rome, 7janvier (APIC) Le cardinal vénézuélien Rosalio José Castillo Lara,

gouverneur de la Cité du Vatican, a démenti publiquement mardi avoir demandé dans une interview récente que Fidel Castro se repente de la répression

menée contre l’Eglise à Cuba.

Le quotidien «La Repubblica» a en effet publié le 3 janvier une interview du prélat où l’on peut lire notamment: «Il est bon que Fidel Castro

sache que l’Eglise n’oubliera pas facilement toutes ses mauvaises actions

et qu’elle ne passera pas l’éponge (…). Le Leader Maximo pourrait plutôt

accomplir un mea culpa solennel et sincère pour tout le mal que sa dictature communiste a fait aux Cubains et à l’Eglise. Fidel Castro ne doit pas

croire qu’une visite au Vatican et la réouverture de l’île aux missionnaires et aux prêtres suffisent pour effacer plus de trente années de répression contre l’Eglise. (…) La visite de Jean-Paul II ne signifie pas que

l’Eglise oubliera le passé.»

Quatre jours après la publication de ce texte, le cardinal fait savoir

par le biais d’un bref communiqué de la salle de presse du Vatican qu’il ne

s’agissait pas d’une interview, mais d’une simple conversation téléphonique

«interprétée»; qu’il n’a jamais demandé aucun «repentir» à Fidel Castro,

mais avait simplement insisté sur le fait que le voyage du pape sera une

visite «à l’Eglise locale» et à la réalité «humaine et culturelle» du pays.

Pire que Pinochet

Entre-temps, «La Repubblica» a publié le 6 janvier une interview de Giulio Girardi. Ancien salésien, très connu pour son appui à la théologie de

la libération, ce dernier s’indignait des propos attribués au cardinal.

«L’intervention de Castillo Lara est sans appel. Elle revêt un ton de grande inquisition. On décrit 37 années d’histoire comme une erreur contre le

peuple cubain. Mais ce qui me touche le plus c’est que le régime cubain est

considéré comme cent fois pire que le régime de Pinochet. Ce n’est pas acceptable.»

Pas d’unanimité au Vatican à l’égard de Fidel Castro

En attendant, la visite du pape à Cuba est officiellement confirmée pour

la mi-janvier 1998. Mais il est certain que l’attitude à adopter vis-à-vis

de Fidel Castro ne fait pas l’unanimité au Vatican. Certains hauts prélats

comprennent mal, par exemple, que plusieurs responsables du Vatican aient

accepté le déjeuner offert à l’improviste par Fidel Castro après sa rencontre avec le pape en novembre dernier. Pour eux, l’Eglise ne peut oublier si

facilement la mémoires des victimes de la répression cubaine. Sans aller

jusqu’à demander un repentir public à Fidel Castro, beaucoup pensent qu’úil

importe de tenir une certaine distance vis-à-vis de ce régime.

Sans pour autant oublier le passé, une autre tendance considère qu’il

importe de travailler avec le régime en place afin d’obtenir les concessions nécessaires pour la réorganisation de l’Eglise à Cuba. Ce qui passe,

estime-t-on, par un nécessaire rapprochement. On retrouve, de fait, la

fracture qui existait en son temps au Vatican entre les partisans de

l’»Ostpolitik», favorables à un dialogue ouvert avec les autorités communistes des pays de l’Est, et ceux qui considéraient que ce dialogue ne pouvait être qu’une voie sans issue. D’autre part, le pape Jean Paul II et diverses instances du Saint-Siège se sont à plusieurs reprises prononcés pour

la levée du sévère embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba, faisant valoir

les souffrances qu’une telle mesure fait endurer aux populations civiles

innocentes. (apic/cip/jmg/be)

7 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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