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Uruguay: Décès du théologien jésuite Juan Luis Segundo (070296)

Un des inspirateurs de la théologie de la libération

Bruxelles, 7février(APIC) Le Père jésuite Juan Luis Segundo, Uruguayen,

grande figure de la théologie de la libération latino-américaine, – apprend-on mercredi – est décédé le 17 janvier à l’âge de 71 ans. Bien

qu’étant un des représentants les plus féconds de la théologie de la libération, il était en même temps l’un des moins médiatiques.

Né à Montevideo (Uruguay) en 1925, Juan Segundo avait étudié la philosophie en Argentine et la théologie à Louvain-la-Neuve avant de faire un doctorat ès lettres à la Sorbonne (Paris). Il a exercé diverses responsabilités dans un centre pastoral et catéchétique, ainsi que dans un centre de

recherches sociales à Montevideo. Le théologien uruguayen a collaboré au

département pastoral du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), comme

expert en ecclésiologie.

Théologien de la libération dans une ligne plus pastorale que politique,

ayant conservé le souci de rester toujours en dialogue avec la théologie

européenne, Juan Segundo a cherché à assurer les bases de cette théologie

par un travail sur l’Ecriture et sur la Tradition. L’originalité de la

théologie de la libération résidait pour lui non dans la tentative de changer les dogmes, mais dans la méthode: non pas déduire des réponses éternelles du contenu de la Révélation pour les appliquer aux situations humaines,

mais en partant de celles-ci, chercher dans l’Evangile un éclairage et une

parole libératrice. D’où la nécessité d’une «Libération de la théologie»,

titre d’un livre fondamental paru à Buenos Aires en 1975.

Spécialiste de la religiosité populaire

Juan Luiz Segundo était un grand spécialiste de la religiosité populaire. «Le malentendu, disait-il, consiste à croire que l’on peut gérer la religiosité dans les cultures primitives latino-américaines comme un secteur

différent des autres, alors qu’elle est absolument mélangée à la totalité

de la culture». Il marquait ainsi la différence avec l’Occident, où «on

peut être cultivé sans être religieux». En Amérique Latine, il a toujours

fait remarquer que la théologie doit accompagner de manière critique la religion populaire qui «peut soudain surgir comme force libératrice sous un

aspect et être une force d’oppression sous un autre».

Quatre livres du jésuite uruguayen ont été publiés en français aux Editions du Cerf, à commencer par les trois importants volumes de «Un catéchisme pour aujourd’hui» (1972). Suivront «Jésus devant la conscience moderne» (1988), «Le Christianisme de Paul» (1989) et «Qu’est-ce qu’un dogme?

Liberté évangélique et vérité normative» (1992). On lui doit aussi «Théologie ouverte pour un laïcat adulte» (1974); «L’homme d’aujourd’hui devant

Jésus de Nazareth»(1972); «Théologie de la libération. Réponse au cardinal

Ratzinger» (septembre 1985), et «Les deux théologies de la libération en

Amérique Latine», un article paru en 1984 dans la revue des jésuites français «Etudes». (apic/cip/ba)

7 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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