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Suisse/Israël: Une délégation religieuse juive, catholique (101094)

et protestante de Suisse part mercredi pour la Terre Sainte

Des perspectives nouvelles pour le dialogue entre juifs et chrétiens

Fribourg, 10octobre(APIC) Une délégation de hauts responsables des communautés juive, catholique et protestante de Suisse s’envole ensemble mercredi pour Israël dans le but de mieux connaître, durant une intense semaine

d’étude, les différentes composantes religieuses et socio-politiques présentes en Terre Sainte. En font partie notamment Rolf Bloch, président de

la Fédération suisse des communautés israélites, les évêques auxiliaires

Pierre Bürcher et Joseph Candolfi et le pasteur Henrich Rusterholz, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse

(FEPS).

Avec le processus de paix au Proche-Orient et la normalisation des relations entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, des perspectives nouvelles

s’ouvrent en effet pour une meilleure compréhension mutuelle entre juifs et

chrétiens. Le dialogue judéo-chrétien qui se développe en Suisse depuis

quelques années déjà a produit des fruits. Ainsi, la récente campagne commune contre la xénophobie et le racisme a vu la victoire du front commun

des Eglises chrétiennes et de la communauté israélite lors des votations

fédérales du 25 septembre dernier. D’autres thèmes éthiques sont à l’ordre

du jour de ce dialogue qui manifeste la volonté de vivre ensemble des

communautés juive (qui compte 18’000 membres en Suisse), catholique et protestante.

Cette visite d’étude privée – il ne s’agit pas d’une invitation officielle de l’Etat d’Israël – était souhaitée bien avant la poignée de main

historique entre Arafat et Rabin. Elle permettra aux responsables des différentes communautés religieuses de Suisse de rencontrer sur place les mêmes interlocuteurs (juifs, chrétiens et musulmans palestiniens et

israéliens) et de mieux comprendre le point de vue de l’autre.

Un signe de la collaboration entre les religions monothéistes

Très souvent, en effet, de telles visites en Israël n’avaient pas pour

résultat de rapprocher les points de vue, puisque chacun rencontrait de son

côté ses propres interlocuteurs et en tirait ses propres conclusions. «Nous

voulons aussi donner un signe de la collaboration entre les religions monothéistes», souligne pour sa part Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire

du diocèse de Bâle, responsable du dicastère de l’oecuménisme et des relations avec les juifs au sein de la Conférence des évêques. Il sera accompagné du côté catholique par Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire à Lausanne, et le professeur Clemens Thoma, de Lucerne.

C’est dans ce cadre que sont prévues deux journées d’étude à l’Institut

oecuménique de Tantur, une rencontre avec Elias Freij, le maire chrétien

palestinien de Bethléem, le grand rabbin ashkénaze Israel Lau, le nonce

apostolique en Israël, Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, et l’ambassadeur suisse en Israël, Gaspard Bodmer. (apic/be)

Encadré

Depuis plusieurs années qu’existe le dialogue entre la communauté juive et

les Eglises catholique et protestante en Suisse, «nous nous sommes rendus

compte que nous sommes tous préoccupés par ce qui se passe au Moyen-Orient

et en particulier en Israël, car nous sommes tous liés à ce pays par des

liens religieux», a expliqué à l’APIC Rolf Bloch, président de la Fédération suisse des communautés israélites.

«Comme les intérêts peuvent être différents, nous voulons aller sur place pour voir ensemble l’optique de chacune des parties concernées, pour

pouvoir ensuite mieux discuter en Suisse». Rolf Bloch voit cette initiative

comme une ouverture, car les divers interlocuteurs ont souvent malgré eux

des préjugés de toute sorte – théologiques, politiques -, chacun partant

naturellement de sa propre optique pour discuter.

La lutte commune menée par les Eglises chrétiennes et la communauté juive pour faire aboutir les dispositions légales antiracistes est considérée

comme l’un des fruits du dialogue judéo-chrétien. «Sans ce dialogue préalable, ce front commun n’aurait pas été possible». Rolf Bloch voit d’autres

thèmes éthiques ou sociaux où juifs et chrétiens en Suisse pourront trouver

des positions communes, comme par exemple le fléau de la drogue. Le président de la Fédération suisse des communautés israélites pense que les relations judéo-chrétiennes passent par une phase de développement réjouissante, même s’il subsiste des séquelles de «l’enseignement du mépris» à

l’égard des juifs qui fut le fait de milieux chrétiens durant des siècles.

«Il faut du temps, certainement une génération, pour que toutes les séquelles de cet enseignement, qui persistent chez certains chrétiens, disparaissent enfin». Rolf Bloch voit le danger dans certains milieux catholiques conservateurs – voire intégristes – qui n’ont jamais digéré l’enseignement du Concile Vatican II (Cf. «Nostra aetate») concernant les rapports

avec les juifs. (apic/be)

10 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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