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apic/Démission Mgr Vogel/ Trauffer

Suisse: le secrétaire de la CES s’exprime sur la démission de Mgr Vogel

«Respecter ce que Mgr Vogel souhaite» (130695)

Fribourg, 13juin(APIC) La démission de Mgr Jean-Georges Vogel comme évêque de Bâle pour raison de paternité a causé un choc dans l’opinion catholique suisse et au-delà. La discussion sur le célibat des prêtres ressurgit

avec acuité. Beaucoup souhaitent un changement rapide de l’Eglise. L’APIC a

abordé la question avec le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, lié d’amité depuis longtemps avec Mgr Vogel.

Le célibat obligatoire des prêtres – que, selon un sondage, la majorité

des Suisses voudrait voir aboli – n’est pas le centre de la discussion

après la démission de Mgr Vogel, estime le Père Trauffer. Il s’agit bien

plutôt de la charge beaucoup trop lourde qui pèse aujourd’hui sur les

évêques. «C’est avec certitude la cause principale des difficultés de

l’évêque Vogel. Il s’est très vite aperçu après son entrée en fonction,

qu’il ne pouvait pas assumer seul cette polarisation malheureuse, cette

impatience qui s’affirme de façon toujours plus militante dans notre

Eglise, ces attentes incroyables et ces revendications en partie

injustifiées.»

Une réorganisation des diocèses est une nécessité urgente

Au regard des démissions d’évêques qui ont quitté leur poste avant la

fin de leur mandat pour raison de maladie, le Père Trauffer estime à titre

personnel qu’une division des plus grands diocèses de Suisse est une

nécessité de première urgence. «Pour moi il n’y a aucun doute que dans la

complexité de la société suisse contemporaine, il est impensable pour un

individu de diriger correctement un diocèse de la taille de celui de Bâle.»

Le Père Trauffer se dit choqué et profondement préoccupé par les nombreuses réactions qui, au-delà de la question du célibat des prêtres, réclament une autre Eglise. Cela va bien plus loin que ce que Mgr Vogel luimême voulait pour l’Eglise: «Mgr Vogel se maintient parfaitement dans la

tradition de l’Eglise catholique-romaine. Et je pense qu’il est le premier

attristé que sa démission ait put conduire à de telles revendications».

Pour le Père Trauffer, la liberté de parole est certes un droit fondamental dans l’Eglise, mais il s’agit aussi de respecter le désir de Mgr Vogel qu’aucune initiative particulière ne soit prise à propos de son départ.

«Nous avons maintenant besoin de nos forces pour faire un travail de deuil

parce qu’un diocèse est sans évêque et que beaucoup d’espoirs ont été déçus. Nous ne devons pas utiliser notre énergie pour des récoltes de signatures.» Dans cette période de difficultés, ce n’est pas le moment non plus

de discuter de questions, peut-être justifiées, concernant la procédure

d’élection dans le diocèse de Bâle, estime-t-il.

Beaucoup ne comprennent pas que dans sa lettre Mgr Vogel insiste sur sa

faute et sa défaillance. «Si lui-même qualifie son comportement de

défaillance, nous devons lui apporter notre appui», remarque le secrétaire

de la Conférence des évêques suisses.

Quant à la signification pour l’Eglise en Suisse de la démission de Mgr

Vogel, le Père Trauffer pense qu’il est difficile de donner une réponse

complète actuellement car il s’agit d’une question à plus long terme. «Nous

pouvons aussi influencer la réponse par notre engagement pour l’Eglise et

notre témoignage pour l’Evangile», conclut-il. (apic/gbr/mp)

13 juin 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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