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apic/Diocèse de Bâle/Défis pour l’an 2’000

Soleure: Le diocèse de Bâle face aux défis du futur (161294)

Quatre fois moins de prêtres en quarante ans, mais l’espérance demeure

Soleure, 16décembre(APIC) En l’an 2’000, le diocèse de Bâle comptera quatre fois moins de prêtres diocésains en service actif que dans les années

60. Malgré ces tendances irréversibles, l’espérance demeure. Le diocèse,

dirigé depuis ce printemps par un jeune évêque dynamique, Mgr Hansjörg Vogel, se prépare à son «événement diocésain», qui devrait se dérouler à

l’horizon de 1997, 25 ans après le Synode 72.

C’est pour expliquer la situation dans le diocèse de Bâle, qui connaît

un certain nombre de particularités pastorales, et le cheminement vers

l’avenir de l’Eglise du plus grand diocèse de Suisse (avec ses 12’585 km2,

son million de catholiques et ses 530 paroisses), que la direction du diocèse avait invité à l’ordinariat à Soleure une quinzaine d’attachés de

presse, d’informateurs religieux et de rédacteurs de bulletins paroissiaux.

Le diocèse est connu pour ses innovations – conformes au droit canon -,

comme le droit d’administrer le baptême que l’évêque accorde dans des cas

bien précis à des responsables de paroisses laïcs, hommes ou femmes. Pour

une solution analogue en matière d’assistance aux mariages, des discussions

sont en cours avec la Congrégation romaine pour les sacrements. Le vicaire

épiscopal Max Hofer, chargé d’information du diocèse de Bâle, souhaite que

les informateurs religieux non seulement décrivent la situation difficile

en matière de personnel dans le diocèse, mais accompagnent les démarches

entreprises pour y faire face.

Actuellement dans la partie germanophone 140 paroisses (certes, souvent

les plus petites) sur 450 n’ont plus de prêtres résidants, et sur 20 prêtres qui quittent leur charge, il n’y a que trois nouvelles ordinations, a

souligné à cette occasion Alois Reinhard, vice-directeur de l’Office du

personnel du diocèse. Dans deux décennies, les 450 paroisses concernées, si

rien ne vient démentir les estimations, n’auront plus que 90 prêtres à disposition.

Et l’arrivée de prêtres étrangers – même s’ils peuvent contribuer à

l’ouverture et à la diversité de l’Eglise locale – n’est pas la solution

miracle et se heurte à des problèmes d’ordre juridique (permis de séjour)

et d’adaptation à la culture et aux structures particulières de la Suisse.

Certes, a fait remarquer Alois Reinhard, le nombre des personnes au service

de l’Eglise n’a pas diminué ces 40 dernières années, mais les prêtres n’en

forment plus que le tiers, le reste étant désormais composé de femmes et

d’hommes laïcs engagés dans la pastorale.

Cependant, le fait que de plus en plus de théologiens laïcs, hommes et

femmes, se voient confier la direction d’une paroisse amène des tensions au

plan psychologique et au niveau structurel. Mgr Hansjörg Vogel a remarqué

que cette situation engendre le risque d’une structure parallèle et un problème d’unité du point de vue des sacrements. Ainsi, à côté de l’onction

des malades, réservée aux prêtres, l’on voit de plus en plus de cas de bénédiction et d’imposition des mains par des laïcs. A côté du sacrement de

pénitence – ici aussi, seul le prêtre peut être ministre de ce sacrement l’on offre également maintenant un dialogue pastoral. D’où les risques de

confusion chez les fidèles.

Ainsi, de nouvelles questions théologiques se posent, qui devront être

approfondies, notamment la signification de l’ordination sacerdotale. A son

avis, il ne s’agit pas de changer tout simplement les conditions pour l’ordination, mais de réfléchir à une théologie des ministères approfondie.

L’évêque de Bâle espère toutefois que quelque chose bouge en matière de

«viri probati», à savoir l’ordination d’hommes mariés ayant fait leurs

preuves.

Quant à l’»événement diocésain» qui se prépare déjà au niveau de la réflexion, l’idée en est venue dans le sillage de la proposition lancée par

le professeur Léo Karrer d’une diète des catholiques suisses. Mais ce ne

sera ni un «Katholikentag» ni une démonstration de force. L’Eglise diocésaine veut éviter tout triomphalisme mais cherchera plutôt des moyens qui

favoriseront une rencontre et une mise en mouvement. (apic/be)

16 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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