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apic/Directives mariage famille
Rome: «Directives pour la formation des séminaristes (060695)
sur les problèmes relatifs au mariage et à la famille»
Un enseignement actuellement insuffisant
Rome, 6juin(APIC) Pour la Congrégation pour l’Education catholique,
responsable de la formation des futurs prêtres, les questions liées au
mariage et à la famille sont traitées de manière insuffisante dans les
séminaires. Le cardinal Pio Laghi a présenté à mardi à Rome de nouvelles
«Directives pour la formation des séminaristes sur les problèmes relatifs
au mariage et à la famille». Ce document propose une «révision soignée» des
programmes d’étude dans ce domaine.
Les Directives sont contenues dans un document de 21 pages et 65 paragraphes. L’Eglise y constate que la question familiale est «plus délicate,
plus exigeante et surtout plus complexe que par le passé», et elle se demande si les prêtres qui sortent aujourd’hui des séminaires «sont suffisamment préparés pour satisfaire à ces exigences pastorales».
Pour la Congrégation pour l’éducation catholique, qui a mené une longue
enquête dans le monde entier, «il faut conclure que cette matière n’est pas
traitée avec le soin et l’ampleur requis pour donner à l’Eglise des pasteurs bien préparés à ce champ apostolique, des pasteurs capables d’exposer
sans ambiguïtés l’enseignement de l’Eglise sur le mariage.»
D’authentiques pasteurs d’âmes
Les directives ont donc pour but de procéder à «une révision soignée»
pour qu’une «véritable amélioration» ait lieu dans les programmes d’étude
des séminaristes, afin de donner à la pastorale familiale «une place centrale à l’intérieur du système éducatif» des futurs prêtres. «Il faut, dans
chaque séminaire, un vrai spécialiste», dont le rôle est de coordonner une
formation «interdisciplinaire» des candidats au sacerdoce où le mariage et
la famille occupent «une place première et vraiment centrale», plaident les
«directives». Les formateurs et enseignants se signaleront par leur «compétence scientifique», mais aussi, «condition sine qua non», par leur «attachement au Magistère de l’Eglise».
Le document relève que «la préparation à l’assistance spirituelle des
familles ne se réduit pas, et ne doit pas se réduire unilatéralement, aux
questions sexuelles». L’ambition de l’Eglise n’est pas tant de former des
«techniciens» des questions du mariage et de la famille que des «témoins».
Dans la «vision pastorale très réaliste» que l’Eglise veut donner à ses
séminaristes figurent les «situations de crise» du mariage, avec cette
recommandation: «il faut leur donner une certaine connaissance des procès
de nullité de mariage et de la pratique des tribunaux ecclésiastiques»,
mais aussi des conseils «pour éviter le recours à la contraception, aux
pratiques abortives»; le document réclame aussi une attention aux
difficultés économiques et souligne la nécessité pour le prêtre d’être «un
maître de prière» pour assurer «la consolidation interne de tant de
familles».
La «gravité de la situation actuelle», ajoute le document, invite à «revoir non seulement quelques secteurs de la vie au séminaire, mais plutôt
l’ensemble de la formation». Car «il ne fait aucun doute que l’instauration
souhaitée d’un ordre moral plus conforme aux exigences chrétiennes ne pourra se réaliser qu’avec le concours d’authentiques pasteurs d’âmes, sensibles aux faiblesses humaines, mais aussi sérieusement préoccupés du respect
des lois divines inviolables».
Mgr Vogel: la défaillance d’une personne
«La défaillance d’une personne ne doit pas entacher le témoignage de
tant d’autres». Commentant la récente démission pour raison de parternité
de l’évêque de Bâle, Mgr Jean-Georges Vogel, le cardinal Laghi, a parlé
d’»une plaie ouverte et douloureuse». Il a tenu à préciser que «le principe
du célibat n’est absolument pas en discussion». Le cardinal le rappelle par
ailleurs dans une interview publiée par le quotidien «Il Giornale»: «Les
principes ne se soumettent pas aux sondages. Ce qui doit se faire et ce qui
ne doit pas se faire, cela ne peut être mis au vote.» Ce qui est en cause,
ajoute-t-il, c’est la «qualité» des prêtres plutôt que leur quantité.
(apic/jmg/mp)



