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Rome: Le Vatican publie un «Directoire (220394)
pour le ministère et la vie des prêtres»
Fidélité, célibat, obéissance, pauvreté
Rome, 22mars(APIC) La Congrégation vaticane pour le clergé a publié mardi
un «Directoire pour le ministère et la vie des prêtres», un document d’une
centaine de pages qui répond à la demande de nombreux évêques exprimée lors
du Synode de 1990 sur la formation des prêtres et à l’occasion d’une consultation générale de l’épiscopat.
La conférence de presse présentant ce nouveau document en huit langues,
– qui s’adresse aux quelque 260’000 prêtres séculiers répartis dans le monde – était présidée par le préfet de la Congrégation pour le clergé, le
cardinal José Sanchez, accompagné de Mgr Crescenzio Sepe, secrétaire, et du
Père Max Thurian. Le Directoire s’adresse essentiellement aux prêtres de
rite latin, car les Eglises orientales ont leur discipline propre. Mais la
Congrégation précise que sur certains points, il peut être aussi utile au
clergé de rite oriental et au clergé régulier (c.a.d. aux religieux).
Ce Directoire, destiné à la diffusion immédiate et à tous les niveaux,
ne prétend pas être un «exposé exhaustif sur le sacerdoce», mais veut plutôt répondre aux principales interrogations d’ordre doctrinal, disciplinaire et pastoral qui se posent aux prêtres face aux défis de la nouvelle
évangélisation. Le nouveau document compte trois parties: la première concerne l’identité du prêtre, la deuxième traite de la spiritualité sacerdotale, et la troisième la formation permanente.
Ni «autoritarisme» ni «démocratisme»
Dans la première partie, le document récuse tout à la fois «l’autoritarisme qui s’empare du troupeau» et un «démocratisme qui élimine toutes différences de rôles entre les membres du Corps mystique». Cela ne veut pas
dire que l’Eglise rejette la démocratie, précise le document, car elle revendique au contraire d’avoir lutté «avec tous les moyens dont elle disposait pour la reconnaissance de l’égale dignité de tous les hommes». Ce qui
entraîne, souligne le Directoire, l’égale dignité de tous les baptisés.
Pas d’engagement temporel pour les prêtres
Le prêtre est aussi appelé à vivre une vie de communion dans un «presbytérium concret» lié à un évêque où il devrait trouver les moyens spécifiques de sanctification et d’évangélisation, dans la communion fraternelle
et la vie commune. En ce qui concerne l’engagement temporel des prêtres, le
Directoire relève qu’en général, il est «une perte très grave pour la fécondité évangélique», car il peut constituer un grave danger de rupture de
la communion ecclésiale. Même s’il est prévu que dans des circonstances exceptionnelles, les évêques puissent autoriser un engagement requis par «la
défense des droits de l’Eglise et la promotion du bien commun».
Dans la deuxième partie, le document souligne que la spiritualité sacerdotale est liée à l’évangélisation qui doit faire face au défi représenté
par la prolifération des sectes et des nouvelles religiosités. Cette situation exige une catéchèse mûre et complète. Le prêtre est appelé à être un
homme de prière selon les temps traditionnels: liturgie, bréviaire, méditation, exercices de piété. Surtout, il ne doit pas céder à la tentation de
«l’activisme extérieur croissant» et réduire son sacerdoce ministériel aux
seuls aspects fonctionnels.
Le célibat sacerdotal doit être libérateur
Le célibat sacerdotal doit être vécu comme une «nouveauté libératrice,
comme un témoignage particulier de radicalisme à la suite du Christ et comme signe de la réalité eschatologique». Et le Directoire de souligner que
toutes les mesures doivent être prises pour que le prêtre puisse rester serein et éloigné des difficultés possibles, notamment les fréquentations qui
peuvent «mettre en danger la fidélité au don ou susciter le scandale des
fidèles». Il s’agit ainsi pour les prêtres d’éviter avec prudence «les
lieux, les spectacles, les lectures qui constituent un obstacle à
l’observance de la chasteté».
Le texte relève encore que le prêtre est tenu à l’obéissance envers le
pape et l’ordinaire (son évêque), et qu’elle s’exprime notamment par l’adhésion au magistère en matière de foi et de morale et par le respect convaincu des normes liturgiques. Le Directoire souligne aussi que le prêtre
doit être reconnu avant tout par son comportement, mais aussi par la façon
dont il s’habille, en particulier par «le port d’un habit ecclésiastique
digne». Il doit ainsi se distinguer des laïcs par la manière de s’habiller,
selon les dispositions de la Conférence épiscopale compétente.
La pauvreté du prêtre fait l’objet d’un paragraphe spécial où l’on souligne que le prêtre «deviendra difficilement serviteur et ministre de ses
frères s’il est excessivement préoccupé par son confort et son bien-être».
La troisième partie du document donne des indications concrètes sur la façon d’organiser la formation permanente des prêtres. Durant la conférence
de presse, Mgr Sepe a annoncé la création prochaine d’une revue sur le
clergé et d’un institut de formation permanente pour les formateurs des
prêtres. (apic/sv/be)



