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apic/Divorcés remariés/Réactions diverses

Belgique: L’accueil des divorcés remariés dans (081194)

l’Eglise au programme de la rencontre des évêques

L’interdiction de l’accès à la communion des divorcés

remariés reste à l’ordre du jour un peu partout

Bruxelles, 8novembre(APIC) La lettre aux évêques du cardinal Ratzinger

sur les divorcés-remariés continue à susciter des réactions un peu partout

dans le monde. Même des évêques peu portés à la critique reprochent au document romain sa sécheresse et son ton peu évangélique. Ils espèrent entendre une parole qui soit davantage d’accueil et d’accompagnement pour des

personnes en situation souvent difficile.

S’adresser aux divorcés remariés uniquement en disant «non» n’est pas

très évangélique, relève ainsi Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et

président de la Conférence des évêques de France. «Si l’on ne va certes pas

dire que désormais les divorcés remariés vont pouvoir communier, il faut se

demander comment dire à la fois une fidélité à l’Evangile, à la tradition

même de l’Eglise, et tenir un langage qui ne soit pas perçu comme un langage dur et d’exclusion».

Et Mgr Duval de souhaiter, dans une interview au quotidien français «La

Croix» qu’on laisse passer un peu de temps pour faire entendre une parole

qui soit davantage d’accompagnement et d’accueil pour des gens en situation

difficile.

L’accueil à réserver dans l’Eglise aux personnes divorcées et remariées

était également à l’ordre du jour de la rencontre de la Conférence épiscopale belge ce mardi 8 novembre. Le cardinal Danneels, interrogé à la veille

de la rencontre, s’était toutefois abstenu de prendre position sur la question avant de se concerter avec ses collègues de tout le pays.

Le principe général et la réalité quotidienne

«Quelle est votre position après la parution du document du Vatican sur

l’accès des divorcés remariés à la communion eucharistique ?» a-t-on

demandé au cardinal Danneels, au cours d’une rencontre de presse à

Bruxelles. L’archevêque de Malines-Bruxelles a distingué deux plans. Le

récent document signé par le cardinal Ratzinger «se place au plan d’un

principe général», a-t-il d’abord rappelé. «Une dissolution du mariage

est-elle compatible avec le sacrement de la communion au corps du Christ ?

Il n’appartient pas aux évêques de chaque diocèse ou d’un pays de revenir

sur ce principe».

Pas le droit de stigmatiser une personne comme «pécheur public»

Un autre plan est celui de la «pratique pastorale», que le cardinal Danneels présente sous deux volets. D’une part, chacun, moyennant un jugement

élaboré dans une «conscience éclairée», est appelé à prendre une «décision»

quant à sa propre participation à l’eucharistie. D’autre part, se pose le

problème de l’attitude du prêtre devant celui qui se présente pour recevoir

la communion eucharistique. Or, constate le cardinal, le prêtre n’est «jamais sûr» et l’Eglise ne lui reconnaît pas le droit de stigmatiser une personne comme «pécheur public».

Réactions en Autriche

En Autriche, la Conférence épiscopale, qui a commencé ses travaux également ce mardi 8 novembre, va débattre de la lettre du cardinal Ratzinger.

De son côté, le Conseil pastoral du diocèse de Linz, dans une résolution

adoptée à l’unaninimité, a appelé à une position différenciée en matière

d’accès à la communion eucharistique des divorcés remariés. Le Conseil déclare avoir accueilli le document romain «avec consternation» et souligne

qu’il a produit des «blessures» et de l’»insécurité» tant du côté des pasteurs que chez les divorcés remariés eux-mêmes.

Le Conseil pastoral, qui ne remet pas en cause le principe de l’indissolubilité du mariage, déplore que le document romain manque de mentionner

«la bonne nouvelle de la miséricorde et de l’amour de Dieu pour les hommes». Il rappelle les bonnes expériences faites jusqu’à maintenant dans le

cadre de la pastorale du mariage et de la famille et invite les divorcés

remariés, également dans la question de l’accès à la communion eucharistique, à rechercher le dialogue avec les pasteurs et, dans le respect de la

meilleure tradition catholique, de suivre leur conscience personnelle, formée chétiennement. Ainsi, insiste-t-il, aucune personne ne doit être rejetée si, suivant sa conscience, elle souhaite recevoir la communion eucharistique.

En Allemagne aussi

Et en Allemagne, le Conseil central de la Fédération des familles catholiques allemandes a également fait part publiquement à Bonn de sa déception

et de son incompréhension face au dernier document de la Congrégation pour

la doctrine de la foi. Il estime qu’il ne répond pas à la problématique

soulevée par la lettre pastorale des trois évêques de l’Allemagne du

Sud-Ouest publiée l’année dernière et qui, tout en soulignant le principe

de l’indissolubilité du mariage, entrevoyait de prudentes ouvertures

pastorales. (apic/kna/kpr/cip/be)

8 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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