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apic/Document Ratzinger/Divorcés remariés

Rome: Publication d’une lettre aux évêques sur (141094)

l’accès des divorcés remariés à la communion

Pas exclus de la communion ecclésiale, mais pas d’accès à l’eucharistie

Rome, 14octobre(APIC) Dans une «lettre aux évêques de l’Eglise catholique

sur l’accès à la communion eucharistique des fidèles divorcés remariés»,

publiée vendredi par la Congrégation pour la doctrine de la foi, Rome rappelle que les fidèles divorcés remariés ne sont en rien exclus de la communion ecclésiale, mais souligne qu’ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique.

Cette lettre signée du cardinal Ratzinger, préfet de ladite Congrégation, et approuvée par le pape Jean Paul II, même si elle ne la mentionne

pas en particulier, est considéré par les observateurs comme une réponse à

la lettre pastorale des évêques d’Allemagne du Sud sur la pastorale des divorcés-remariés, parue l’an dernier. Les pasteurs allemands entrevoyaient

notamment, dans des cas déterminés, la possibilité d’accès à la communion

eucharistique, quand des divorcés remariés, en conscience, se sentaient autorisés à le faire.

Les trois évêques concernés – Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence et

président de la Conférence épiscopale allemande, son vice-président, Mgr

Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, et Mgr Walter Kasper, évêque de Rottenburg-Stuttgart – n’ont toutefois jamais mis en doute la doctrine catholique sur l’indissolubilité du mariage et proposé une admission

globale à la communion des divorcés remariés.

Appel à l’accueil dans l’Eglise des divorcés remariés

L’Eglise catholique, insiste le nouveau document, doit avoir une attention spéciale pour les difficultés et les souffrances des fidèles qui se

trouvent en situation matrimoniale irrégulière. «Les pasteurs sont appelés,

en effet, à faire sentir la charité du Christ et la proximité maternelle de

l’Eglise; qu’ils accueillent avec amour ces personnes, en les exhortant à

se confier à la miséricorde de Dieu, et en leur suggérant avec prudence et

respect des chemins concrets de conversion et de participation à la vie de

la communauté ecclésiale», peut-on lire dans cette lettre aux évêques du

monde entier.

Le document rappelle cependant que la «vraie compréhension et l’authentique miséricorde ne sont jamais séparés de la vérité». Ainsi, les pasteurs

ont le devoir de rappeler aux fidèles la doctrine de l’Eglise concernant la

célébration des sacrements, et en particulier l’accès à l’eucharistie.

Concernant les pratiques pastorales plus ouvertes – «tolérantes et bienveillantes», selon le document – qui se sont développées dans certaines régions ces dernières années, la Congrégation pour la doctrine de la foi déclare que c’est «au Magistère universel de l’Eglise qu’il revient, en fidélité à la Sainte Ecriture et à la Tradition, d’enseigner et d’interpréter

authentiquement le dépôt de la foi».

Face aux nouvelles solutions pastorales – comme par exemple la proposition faites aux divorcés remariés de nouer un colloque avec un prêtre prudent et expert qui serait tenu de respecter leur éventuelle décision de

conscience d’accéder à l’eucharistie, sans que cela implique une autorisation officielle -, le document rappelle la doctrine et la discipline de

l’Eglise à ce sujet. «Fidèle à la parole de Jésus-Christ», elle affirme

qu’elle ne peut pas reconnaître comme valide une nouvelle union, si le mariage précédent l’était. «Si les divorcés se sont remariés civilement, ils

se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de

Dieu et, dès lors, ils ne peuvent accéder à la communion eucharistique,

aussi longtemps que persiste cette situation».

Le document insiste pour dire que cette norme «n’a aucun caractère punitif ni discriminatoire à l’égard des divorcés remariés», mais «elle exprime

plutôt une situation objective qui, par elle-même, rend impossible l’accès

à la communion eucharistique». La seule porte de sortie: l’absolution sacrementelle qui ne peut être donnée «qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir

violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec

l’indissolubilité du mariage».

Vivre en complète abstinence

Cela implique concrètement, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas,

pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants -, remplir

l’obligation de la séparation, «qu’ils prennent l’engagement de vivre en

complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux

époux». Dans ce cas seulement, ils peuvent accéder à la communion eucharistique, «l’obligation d’éviter le scandale demeurant toutefois».

La doctrine et la discipline de l’Eglise en la matière, note encore le

document, a été durant la période post-conciliaire, amplement exposée dans

l’exhortation apostolique «Familiaris consortio». Cette dernière encourage

la participation des divorcés remariés à divers moments de la vie de

l’Eglise (qui ne se résume pas exclusivement à la question de la réception

de la communion eucharistique), mais elle rappelle en même temps «la pratique constante et universelle, fondée sur la Sainte Ecriture, de ne pas admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés». Cette pratique,

présentée comme obligatoire, «ne peut être changée sur la base des différentes situations». (apic/be)

14 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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