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Message final du Synode sur la vie consacrée (281094)
Une réponse prophétique aux questions des hommes
Rome, 28octobre(APIC) Le Synode des évêques a publié vendredi son message
final, adressé aux catholiques du monde entier. Le document souligne le rôle irremplaçable des Ordres et des Communautés religieuses. Les Pères Synodaux adressent en outre un merci tout particulier aux religieuses qui doivent participer de manière plus concrète aux prises de décisions dans
l’Eglise. Le message compte neuf brefs chapitres.
Le synode adresse un «salut chaleureux» aux contemplatifs, un «merci
tout spécial» aux femmes consacrées, un «mot spécial d’affection» à ceux
qui sont âgés et malades, un merci à ceux qui portent le poids du travail
dans la plénitude de l’âge, «avec peu de moyens et des forces maintenant
diminuées», aux jeunes, dont il salue le courage et souhaite «ardeur et
espérance, y compris dans les moments de découragement et de doute», à ceux
qui sont restés fidèles à leur vocation dans les années de persécution.
Dans son «merci tout spécial» aux femmes consacrées, le message relève:
«Leur offrande totale au Christ, leur vie d’adoration et d’intercession
pour le monde, témoigne de la sainteté de l’Eglise. Le service qu’elles
rendent au peuple de Dieu et à la société dans les divers champs de l’évangélisation (activité pastorale, éducation, soin des malades, des pauvres et
des abandonnés) révèle le visage maternel de l’Eglise. Les femmes consacrées doivent plus participer, dans les situations qui les requièrent, aux
consultations et à l’élaboration des décisions dans l’Eglise. Leur participation active au Synode a considérablement enrichi la réflexion sur la vie
consacrée, notamment sur la dignité de la femme consacrée et sur sa collaboration à la mission de l’Eglise».
Une vie consacrée multiforme
Le Synode considère la vie consacrée comme «une expression très précieuse de la vitalité spirituelle de l’Eglise. Le message précise que l’assemblée a fait une distinction importante entre la «vie consacrée» en tant que
telle, et les «formes institutionnelles».
Si l’Eglise est «sacrement» de salut, la vie consacrée en manifeste la
richesse inépuisable: les diverses formes de vie consacrée font percevoir
cette «sacramentalité» de l’Eglise, chacune exprimant, «d’une façon plus
signifiante que l’autre, un aspect particulier de l’Amour qui sauve».
Un signe éloquent
Dans l’Eglise, qui est «signe d’espérance et de communion», l’appel à la
vie consacrée est lui-même «un signe éloquent», souligne le message du Synode. Ceux qui embrassent la vie consacrée «deviennent ainsi pour leurs frères un stimulant et une aide pour suivre le Christ crucifié». «Par la virginité et le célibat vécu dans un amour désintéressé, ils révèlent que le
Christ aimé par-dessus toute chose est l’Epoux éternel de l’Eglise et, à
cause de cela, but et sens de toute affection et de tout amour vrai. Par la
pauvreté librement choisie, non seulement ils témoignent de leur solidarité
amoureuse avec les pauvres et les déshérités, mais avant tout ils proclament l’Absolu de Dieu qui est leur unique richesse. Par l’obéissance, ils
manifestent qu’ils sont possédés par Jésus-Christ et leur existence est totalement consacrée à la construction du Royaume. Ils invitent ainsi leurs
frères à participer, à travers le service et l’amour, à la liberté qui est
un fruit du Christ ressuscité».
Consécration et mission
Pour les Pères synodaux, la «consécration» va de pair avec la «mission».
Jésus lui-même «est le premier Consacré et le premier Envoyé». La vie consacrée participe spécialement à cette consécration à Dieu, qui est déjà le
fait de chaque chrétien en raison de son baptême et de sa confirmation,
rappelle le Synode.
La «mission» n’est donc pas un deuxième moment, à côté de la «consécration» et sans relation avec elle, notent les Pères synodaux. «La personne
consacrée reçoit la consécration pour la mission dans l’Eglise, en accord
avec le charisme de chaque Institut. Le témoignage de cette Vie Consacrée
est l’apostolat premier et le plus important que toutes les soeurs et tous
les frères doivent remplir».
Des charismes à reconnaître
Pour «répondre aux défis des temps», des hommes et des femmes ont fondé
des Instituts de Vie Consacrée qui sont, chacun, l’expression d’un don de
Dieu original, d’un «charisme». Chacun est «un chemin pour la suite du
Christ en toute générosité». «La diversité des charismes entre les personnes et entre les groupes consacrés dans l’Eglise est, par conséquent, un
signe de l’amour infini de Dieu et une cause de joie pour l’Eglise», affirme le Message final du Synode.
Un effort sera nécessaire, ajoutent les Pères synodaux, pour faire reconnaître et apprécier ces charismes particuliers et pour continuer à les
promouvoir dans la fidélité à l’esprit des fondateurs d’Instituts mais aussi dans la communion avec l’Eglise universelle et donc avec l’évêque de
chaque diocèse.
La dimension prophétique
Le document se penche ensuite sur la dimension prophétique des consacrés. Pour constater d’abord que dans la culture contemporaine, à côté du
progrès de la science, de la technique et des plus nobles conquêtes en faveur de la diginité humaine, des droits de l’homme, de l’exercice de la liberté, de l’égalité et de la juste autonomie, se trouvent des excès lamentables qui semblent indiquer «un retour douloureux à la barbarie». Pour relever ensuite que les hommes et les femmes qui ont décidé de suivre de plus
près le Christ, pauvre, chaste et obéissant, sont, avec et dans l’Eglise,
la réponse prophétique et le témoignage des valeurs évangéliques méconnues
ou rejetées dans le monde.
«La réponse prophétique présente dans vos vies fait de votre consécration la meilleure voie d’inculturation de l’Evangile», disent les Pères
synodaux. Qui précisent: «En s’appuyant sur la vie, l’inculturation est un
fondement de crédibilité pour le message, ainsi qu’une démonstration de son
attrait et de la possibilité de lui donner un espace privilégié et central
dans l’existence».
Pour les Pères synodaux, la pratique des Conseils évangéliques interpelle la culture contemporaine en état de crise et offre, aux hommes et aux
femmes victimes du «désenchantement», des modèles capables de transformer
la vie.
Durant l’Assemblée synodale, une juste préoccupation pour la pauvreté
s’est manifestée et les appels évangéliques à une option préférentielle
pour les pauvres se sont répétés.
L’appel aux religieux et religieuses des Eglises orientales
Les Pères synodaux s’adressent, dans le chapitre suivant, aux religieux
et aux religieuses des Eglises orientales: «Notre pensée reconnaissante se
tourne aussi vers vous: vous représentez pour nous la continuité de la vie
religieuse. Vos traditions monastiques ont une valeur inestimable pour
l’Eglise du Christ. Un tel patrimoine commun de la vie religieuse conservé
aujourd’hui encore par les Eglises orientales est, en soi, un témoignage
d’unité déjà réalisé».
Aux religieux et religieuses des Eglises orientales catholiques, les Pères synodaux expriment leur reconnaissance pour l’histoire de leur témoignage, particulièrement héroïque, au coeur de l’Eglise. Ils leur demandent
de toujours chercher à raffermir leurs tâches monastiques. «Nous désirons
que les Eglises orientales catholiques reprennent l’expérience monastique;
qu’elles accueillent et mettent en valeur ces ferments». Ce chapitre se
termine par un appel: «Etablissez et intensifiez un dialogue fraternel et
sincère de reconnaissance et d’échange avec les moines et les moniales des
Eglises orthodoxes, auxquels vous êtes si étroitement liés dans la même recherche du Christ».
La nouvelle évangélisation
L’avant-dernier point, sous-titré «Ardeur dans la nouvelle évangélisation», souligne qu’à l’aube de l’an 2000, l’Eglise toute entière est convoquée pour une nouvelle évangélisation. «Nous, les évêques et les participants au Synode, avons vu avec clarté que la vie consacrée est particulièrement apte à occuper une place très importante dans cette tâche providentielle et si actuelle de la nouvelle évangélisation». Le Synode souhaite
intensément que dans leurs différents pays les consacrés s’adonnent aux
dialogue oecuménique aussi bien qu’interreligieux.
Les Pères synodaux terminent le message en s’adressant aux jeunes. A
l’approche du troisième millénaire, «nous espérons qu’ils adhèrent à JésusChrist avec conviction et enthousiasme, et plus spécialement dans la vie
consacrée. Aussi pourront-ils transmettre avec courage aux sociétés de
l’avenir, le trésor de l’Evangile. «La Vierge Marie est le prototype de la
vie consacrée, parce qu’elle est la Mère qui accueille, écoute, intercéde
et contemple son Seigneur dans les louanges de son coeur», conclut le document. (apic/pr)



