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apic/Dominicains/Chapitre/Espagne
Espagne: Réunis en chapitre général,
les dominicains sont prêts à mourir pour mieux renaître (130895)
Questions cruciales à l’ordre du jour
Burgos, 13août(APIC/CIP) Vivre l’»itinérance», ou comment mourir à certains projets pour en susciter de nouveaux: c’est la principale question
qui a retenu l’attention du chapitre général des définiteurs de l’Ordre des
Frères Prêcheurs, qui s’est tenu du 16 juillet au 8 août à Calerueja, patrie de saint Dominique de Guzman, son fondateur, dans la province de Burgos (Espagne).
Durant ce chapitre général, qui s’est déroulé dans une ambiance très
fraternelle, les dominicains ont examiné divers aspects du fonctionnement
interne de l’ordre, ainsi que son attitude vis-à-vis de l’extérieur. Loin
des grandes idéologies et des beaux principes, il s’agissait plutôt d’affronter la réalité, de mettre le doigt sur les problèmes rencontrés dans
les provinces à travers le monde et de proposer des solutions.
Parmi les thèmes abordés figuraient celui de la pauvreté, qui a fait
l’objet d’un exposé du théologien brésilien Frei Betto, la problématique du
continent africain, celle des nationalismes, notamment en Europe centrale
et Orientale, la formation des dominicains, la vie commune fraternelle et
les questions affectives, une question abordée ouvertement pour la première
fois lors d’un chapitre général.
Toutes ces problématiques étaient considérées à travers le prisme d’un
thème transversal, celui de l’»ars morendi, ars nascendi» (l’art de mourir
et de l’art de naître), à savoir la capacité de mourir à certains projets
pour en susciter de nouveaux. Ce débat s’est accompagné d’une réflexion sur
l’»itinérance», soulignant le danger de «s’installer» dans certaines activités au point de ne plus être capable d’»inventivité».
Les participants ont également réfléchi sur l’opportunité de leur présence sur le réseau Internet pour y diffuser le message évangélique.
Non aux essais nucléaires
Une déclaration, contre les essais nucléaires, a été publiée au terme de
la session. La déclaration, la seule votée à l’occasion de ce chapitre, a
été signée par la centaine de religieux dominicains qui y ont participé.
«Nous pensons, affirment-ils, que les armes nucléaires sont intrinsèquement
immorales. Elles portent atteinte à la vie de personnes innocentes et causent un grand dommage à l’environnement».
Les dominicains dénoncent la reprise, par la France, des essais nucléaires dans le Pacifique et invitent ceux qui ont la responsabilité de «réexaminer les données scientifiques sur les effets des explosions nucléaires
précédentes et de reconsidérer leur décision».
La famille dominicaine était représentée également par des religieuses
et des laïcs. Une proposition a notamment fait l’objet d’un débat: la demande formulée par les religieuses dominicaines contemplatives d’avoir voix
au chapitre lors de l’élection du supérieur général de la congrégation. Le
voeu sera éventuellement transmis à l’instance romaine compétente, à qui
revient pareille décision.
Il y a actuellement dans le monde 6’687 religieux dominicains, dont
4’985 prêtres et 40 évêques. Les religieuses contemplatives sont 4’392 et
les religieuses de vie active 36’000. (apic/cip/pr)



