Comment aider les réfugiés rwandais au Zaïre? (070994)
APIC – Dossier
Analyse de Johan Ketelers, du Secours International de Caritas Catholica
Bruxelles, 7septembre(APIC) Les responsables du Secours International de
Caritas Catholica, organisation qui coordonne aujourd’hui les programmes
d’intervention de Caritas pour le Zaïre, le Burundi et le Rwanda, se déclarent de plus en plus choqués par la manière unilatérale dont on présente le
drame des réfugiés et dont on gonfle les efforts occidentaux en faveur des
Africains. «Comme si les Africains n’avaient rien à apprendre aux Occidentaux!» Sur place, cependant, la présence des réfugiés rwandais commence à
lourdement peser sur la population zaïroise.
De retour du Zaïre, Johan Ketelers, porte-parole du Secours International de Caritas Catholica à Bruxelles, décrit la situation dramatique des
réfugiés rwandais dans une interview accordée à l’agence catholique CIP. Il
souligne que pour la Caritas, le travail est d’abord envisagé en fonction
des structures locales existantes: «Dans les camps de réfugiés au Zaïre, il
s’agit d’appuyer les réponses que les Africains eux-mêmes ont déjà commencé
d’apporter aux besoins concrets, souligne Johan Ketelers. A la différence
de bien d’autres organisations occidentales, les équipes locales de Caritas
étaient là avant les événements de ces derniers mois; elles seront encore
là quand les réfugiés ne feront plus la une des médias!»
Dans des camps de 250.000 personnes, il y a encore des gens qui n’ont
rien parce qu’on ne les atteint pas, souligne J. Ketelers. «On trouve des
personnes seules, abandonnées, des personnes qui ont fait la file pour voir
le médecin puis qui, exténuées, abandonnent; des mamans seules avec quatre
enfants qui n’ont même pas la possibilité de faire la file.»
Personne n’en veut: les soldats vaincus des FAR
Et puis, il y a des réfugiés dont presque aucune organisation humanitaire ne veut, comme les militaires des anciennes Forces Armées Rwandaises,
l’armée vaincue en quelque sorte. «Au Zaïre, ces militaires rwandais sont à
présent regroupés dans un camp à part, le camp de Mpanzi, à Bukavu, où des
mamans zaïroises sont présentes de 7h du matin à 4h de l’après-midi pour
laver le linge, préparer la nourriture… Ces femmes, c’est la Caritas locale. Grâce à elles, plus de 2’000 militaires blessés ont pu être pris en
charge. Peut-on les délaisser sous le prétexte qu’ils ont servi un gouvernement aujourd’hui renversé ?»
Des hommes avant tout, pas des abstractions
Les chiffres restent des abstractions : «Pour Caritas, il n’y a pas 1,5
million de réfugiés rwandais au Zaïre, mais une personne, plus une personne, plus une personne… L’aide humanitaire devient inhumaine si elle se
réduit à un apport de secours. Or, il y va de la dignité des personnes !»,
lance le porte-parole du Secours International de Caritas Catholica.
Ne pas aider les seuls réfugiés, mais aussi les habitants zaïrois
Par souci des personnes, on ne peut limiter l’aide médicale et alimentaire aux seuls réfugiés rwandais. La situation des Zaïrois qui les accueillent n’est pas meilleure. Ainsi, constate J. Ketelers, à Bukavu certaines organisations ont vacciné systématiquement les réfugiés rwandais
contre la rougeole. Or, plusieurs réfugiés, déjà vaccinés au Rwanda, ont
bénéficié une seconde fois du vaccin, alors que leurs voisins zaïrois, jamais vaccinés, seront en première ligne si une épidémie survient !
Autre exemple : nombre de réfugiés rwandais ont été accueillis dans des
paroisses zaïroises, dans des foyers. Comme ils ne vivent pas des camps,
ils reçoivent peu d’aide alimentaire par les canaux officiels. Ce sont les
paroisses qui ont averti Caritas de ce problème. Il y a même des camps qui
regroupent de nombreux réfugiés non reconnus par le Haut Commissariat des
Nations-Unies. A Rutshuru, à 72 km de Goma, cinq paroisses de 10.000
habitants ont vu affluer 20.000 réfugiés. Caritas aide à leur prise en
charge à travers les structures paroissiales. Un soutien indispensable aux
initiatives locales.
Une présence devenue lourde à supporter pour les Zaïrois
«La présence des réfugiés est devenue lourde à supporter pour les Zaïrois. Les réfugiés rwandais, à Bukavu notamment, occupent plusieurs bâtiments scolaires. Pour se protéger du froid, certains ont même brûlé des
bancs scolaires. Cela va retarder encore la scolarité. On comprend que les
Zaïrois aient mal pris la chose, d’autant plus que les parents appauvris
s’étaient déjà cotisés pour payer, depuis février, un maigre traitement aux
instituteurs qui ne sont quasiment plus rémunérés par l’Etat.
La solution n’est certes pas de repousser tous les réfugiés à l’extérieur: comment pourraient-ils rentrer dans un Rwanda où les conditions de
sécurité sont loin d’être garanties ? Il faut une autre solution, qui ne
soit pas à charge des Zaïrois. Par exemple, pourquoi ne pas envisager avec
les réfugiés un transfert dans une autre zone, moins peuplée ?
Miser sur les compétences locales
«Les Africains ne nous ont pas attendus pour prendre en charge leurs
propres problèmes, souligne le porte-parole de Caritas. Ainsi, à Bihumba,
c’est sur un terrain du diocèse de Goma qu’ont été accueillis quelque 1500
enfants rwandais isolés : les uns ont perdu leurs parents, d’autres ne savent pas s’ils ont encore de la famille… Vu le nombre, on a demandé l’aide de Caritas pour créer quatre mini-camps de 500 personnes. Chacun d’eux
est animé par une équipe. Les femmes qui composent ces équipes, rwandaises
ou zaïroises notamment, y font un travail admirable !
«Venir en aide aux orphelins du Rwanda, ce n’est certainement pas imaginer le moyen de les exporter en passant par-dessus la tête des mamans africaines qui s’en occupent déjà. L’objectif n’est pas d’instituer un orphelinat: ce serait exporter en Afrique une institution typiquement occidentale.
Nous n’envisageons une structure de ce type qúà titre provisoire. Nous préférons aider les familles adoptives et les réseaux familiaux locaux qui ont
commencé de prendre en charge les orphelins.»
«D’ailleurs, aussi dépendants soient-ils de l’aide extérieure pour la
nourriture ou les soins médicaux, les réfugiés ne sont pas que des personnes dépendantes, ajoute J. Ketelers. Les camps de réfugiés représentent des
milliers de compétences variées. Aider les personnes, c’est aussi leur rendre la force de mettre en oeuvre ces compétences.»
En réalité, derrière les tensions entre Africains et Occidentaux qui se
font jour, les Africains expriment, à juste titre, un extrême souci de leur
dignité. Les mauvais souvenirs de la colonisation hantent toujours les
esprits. Il n’est pas question de tolérer aujourd’hui que des Occidentaux
profitent des besoins des populations démunies pour se présenter en Afrique
dans une position de force. «Mais combien d’Occidentaux sont prêts à servir
l’Afrique plutôt qu’à la commander ?
Réapprendre l’humilité
«J’ai vu des dizaines de volontaires étrangers débarquer au Zaïre sans
préparation ni concertation, puis chercher du travail, et enfin repartir
dans leur pays sans avoir pu réellement être se rendre utiles. Un de leurs
responsables, m’a-t-on dit, a essayé de justifier cette mésaventure en expliquant que le spectacle de la misère était devenu insupportable. En réalité, les Occidentaux sont trop sûrs d’eux, en général ! Il nous faut réapprendre l’humilité!», martelle Johan Ketelers.
Malheureusement, au Zaïre, le travail à long terme des collaborateurs de
Caritas, africains dans la grande majorité, n’attire guère les caméras des
télévisions. A Goma, certains participent au ramassage des corps. D’autres
font le tour des paroisses pour créer des liens de solidarité entre les réfugiés non encore secourus. A Bukavu, outre la gestion d’un camp de 30.000
personnes, des mamans zaïroises s’occupent de militaires écorchés, tandis
que d’autres veillent à l’avenir et à la rééducation de leurs jeunes éclaireurs, qui sont devenus de «petits mecs» et risquent de devenir de «grands
bandits».
Caritas assume également depuis cinq ans la gestion de l’hôpital général
de Bukavu (380 lits, 13 médecins, dont 12 zaïrois), que l’Etat ne prend
plus en charge. On y soigne, en plus de la population zaïroise locale, une
centaine de réfugiés par jour. Pour l’avenir, Johan Ketelers ne se risque
pas à faire des pronostics, mais a ramené de son récent séjour à Goma et à
Bukavu quelques lignes de force. «D’abord reconnaître le problème tel qu’il
est, dans toute son envergure. Il n’y a pas de réfugié dans l’abstrait. Au
Zaïre, j’ai vu des réfugiés rwandais en pleine insécurité. Ils ont peur
pour leur vie et pour leur avenir. Ils se demandent s’il retrouveront un
jour leur maison, peut-être déjà occupée par quelqu’un d’autre. J’ai vu
aussi l’insécurité des Zaïrois : comment faire face à un afflux de réfugiés
dans un pays dont l’économie est déjà si délabrée?
«Résoudre des problèmes aussi vastes, poursuit-il, implique davantage
qu’une aide d’urgence. Il faut consolider les initiatives et projets locaux
en vue d’une réhabilitation à long terme des populations concernées. Une
réhabilitation dont elles-mêmes assumeront la direction ! L’avenir n’est
pas au téléthon de l’aide humanitaire. Il est dans un soutien renforcé des
initiatives locales et donc dans une confiance accrue envers les populations locales». (apic/cip/be)
Quel avenir pour la presse catholique ?
APIC-Dossier
Réflexions à l’occasion du Dimanche des Médias, le 31 mai
Armes de combat au XIXe siècle pour une communauté sur la défensive après
la défaite du Sonderbund et le Kulturkampf, les journaux catholiques sont
nés chez nous à une époque où l’Eglise et le peuple de Dieu n’avaient guère
voix au chapitre. C’est ainsi que naissent en 1871 «La Liberté» à Fribourg
et le «Vaterland» à Lucerne, suivis d’autres titres. Il n’y avait guère
d’autres canaux d’expression pour les catholiques suisses avant la naissance du parti conservateur chrétien-social au début du siècle. Aujourd’hui,
les temps ont changé, des titres disparaissent ou sont absorbés et la presse catholique est en crise. Diagnostic de l’éditeur de «La Liberté», Hugo
Baeriswyl.
APIC: La presse catholique a-t-elle encore un rôle spécifique à jouer, a-telle finalement encore un avenir ?
H.B.:Dès le lancement de la presse catholique, on ne recherchait pas un
objectif économique, mais un objectif idéal: être présent dans toutes les
sphères de la vie publique et religieuse. Au cours de la première moitié du
XXe siècle, cette presse connaît un grand développement. Mais on sent déjà
une première mutation. On ne s’abonne plus au journal parce qu’on veut soutenir un organe catholique, mais pour avoir une information plus large. Les
journaux deviennent des journaux globaux dans lesquels s’intègrent une réflexion et une pensée catholique.
L’Eglise d’après Vatican II n’est plus en position défensive, elle est
reconnue. Parallèlement, on assiste à un énorme défi de la presse neutre
qui s’occupe aussi d’informations religieuses. Le défi technologique exige
pour sa part d’énormes investissements.
La presse catholique connaît donc aujourd’hui une certaine crise. La motivation du lectorat catholique tout comme la pratique religieuse tendent à
baisser. Et la chute des recettes publicitaires – jusqu’à 30% – qui touche
de plein fouet la presse n’épargne pas les journaux catholiques.
Il y a aussi une mutation dans l’information religieuse, devenue plus
ouverte et plus oecuménique. L’information de combat du XIXe siècle a disparu. Le catholique ne ressent plus le «devoir moral» d’avoir son journal.
Pourtant la présence d’un journal catholique même minoritaire dans les
grandes villes oblige les grands journaux à ne pas ignorer l’information
religieuse. La Nouvelle Gazette de Zurich (NZZ) offre ainsi une des meilleures rubriques religieuses du pays. Les voyages du pape et l’affaire Haas
par exemple sont traités avec beaucoup de respect.
Faire le saut du journal de combat au journal moderne
Mais la presse catholique a désormais disparu à Bâle, à Zurich et à Berne et elle est menacée à Genève où «Le Courrier» n’est pas sûr de son avenir. Pourtant, c’est là aussi que se trouvent les grandes agglomérations
catholiques. Le potentiel était là, mais les journaux ne sont pas arrivés à
faire ce saut du journal de combat au journal moderne qui, certes, apporte
une information religieuse mais est d’abord un produit dans sa globalité.
Là nous avons perdu une manche.
APIC:Que peut faire l’Eglise pour la presse catholique?
H.B.:L’Eglise en tant que telle peut soutenir un certain courant, mais
elle n’a pas les moyens d’investir dans un journal soumis aux lois du marché et aux règles régies par les attentes des lecteurs. Elle doit d’abord
attirer l’attention des fidèles sur la nécessité de maintenir cette presse
catholique, qu’elle soit quotidienne ou hebdomadaire comme «l’Echo Illustré» ou le «Sonntag». Par ailleurs, on ignore souvent les grands services
rendus par l’Agence de presse catholique APIC/KIPA, qui joue un rôle important de distribution de l’information religieuse en Suisse, mais également
dans toute l’Europe, notamment à l’Est, sans oublier le tiers-monde.
En ce sens, l’argent de l’Action de Carême ou de la Collecte du Dimanche
des Médias, sans lequel l’APIC ne pourrait exister, est bien placé. Il
s’agit aussi que l’APIC devienne de plus en plus présente auprès des journaux neutres afin qu’ils aient la matière première concernant la vie et le
message de l’Eglise dans une ouverture très oecuménique. Il faut que cette
matière puisse arriver dans les bureaux des rédactions et trouver sa place
dans les colonnes des journaux. Dans le domaine de la formation de la relève journalistique et de la formation continue, il ne faut pas oublier non
plus le rôle non négligeable joué par l’Institut de Journalisme et de Communications Sociales de l’Université de Fribourg.
Un autre moyen important: la présence de journalistes catholiques dans
les rédactions pour manifester une autre sensibilité envers le message de
l’Eglise et retrouver le chemin vers le lecteur. Ce n’est pas seulement la
presse catholique, mais la presse dans son ensemble qui peut transmettre ce
message. Là, il faut peut-être aussi dépasser cette conception de la presse
catholique comme unique moyen de faire passer le message de l’Eglise.
Répondre par la qualité au défi lancé par la presse de boulevard
Le défi de la presse de boulevard nous est lancé, non pas par son contenu, mais par une nouvelle technique dans le traitement de l’information.
Qu’on le veuille ou non, ces journaux ont une manière de présenter la matière rédactionelle de façon à ce qu’elle soit lue. Il y a là une réflexion
journalistique à faire. Comment pouvons-nous écrire pour être lu, notamment
quand on touche l’information religieuse qui est encore plus difficile à
traiter. C’est un phénomène de société contre lequel il est inutile de vouloir lutter avec des interdits, il faut lutter par la qualité. A un moment
donné le lecteur fait le tri.
APIC:Il n’y a pas que la qualité qui assure la survie d’un journal…
H.B.:Malgré l’élargissement des horizons, on assiste aussi à une régionalisation toujours plus poussée. Le journal doit être conçu dans ce sens
comme un «passage obligé» sans négliger pour autant les autres rubriques.
Le journal doit s’enraciner fortement dans sa région, c’est un moyen de développer son tirage et son volume publicitaire, et finalement d’assurer sa
survie économique. Le rapport entre les recettes d’abonnements et de ventes
et les recettes publicitaires est de 40 % à 60 %. Si le journal n’a pas la
position de support publicitaire obligé dans une région, il se trouvera rapidement dans une zone de crise. C’est le cas du «Courrier» à Genève.
Repenser le journal
L’émergence de nouveaux médias offre une multiplication de choix pour le
public. Cela oblige les journaux à repenser leur contenu rédactionnel vers
des recherches plus en profondeur et des analyses présentées avec un certain recul. Donner de l’information brute ne suffit plus. L’écrit que je
peux relire et conserver prend une toute autre importance. Il est clair que
cela réduit les parts du gâteau publicitaire réservées à la presse. La consommation de médias risque aussi d’aboutir à une certaine saturation. Un
ménage suisse dépense environ 5’000 francs par an pour les journaux, la radio, la TV, la photo et la video. A un moment donné, le consommateur doit
freiner cette tendance et lâcher quelque chose.
Pour faire face, il faut en outre développer les possibilités de la collaboration soit au sein de la presse catholique soit au niveau de la presse
régionale. Aujourd’hui, alors que la transmission des données n’est plus un
problème, on en est encore trop resté à la notion du plomb qui empêchait
l’échange d’information. On peut créer des pools regroupant plusieurs journaux pour couvrir des événements et ainsi dégager des possibilités d’économies. Mais là il y a encore du chemin à faire, tant du côté des journalistes que du côté des éditeurs.
En conclusion, je suis plutôt optimiste, mais la qualité au niveau rédactionnel et dans la conception du journal, la qualité technique et la lisibilité sont plus indispensables que jamais. Si nous ne répondons pas à
ces critères, c’est la loi du marché, qui est impitoyable, qui règlera le
sort de la presse.
Propos recueillis par Maurice Page et Yvan Stern
Encadré
Radio Cité, une voix chrétienne dans la ville
A l’écart de l’agitation fiévreuse de la rue, dans les combles d’un immeuble en ville de Carouge, voici Radio Cité, la seule radio locale des Eglises en Suisse. Elle a été fondée en 1987 par les trois Eglises nationales à
Genève, et elle est l’un des nombreux moyens de communication sociale qui
bénéficient du soutien indispensable de la Collecte du Dimanche des Médias,
ce 31 mai.
Radio Cité: «La voix de Dieu»? «J’espère que Dieu touche plus de monde
que nous», ironise Jean-François Kister, responsable d’exploitation et seul
collaborateur permanent de Radio Cité. Depuis 5 ans, Radio Cité, qui arrose
la région genevoise et la côte vaudoise en direction de Lausanne, a su se
trouver un public et se faire apprécier. Le nombre d’auditeurs qui oscille
entre 8’000 et 15’000 chaque jour – ces auditeurs écoutent Radio Cité en
moyenne 1h 10 par jour – n’est pas négligeable. De même que la vingtaine de
réactions quotidiennes des auditeurs.
En plus de J.-F. Kister, et d’un technicien à mi-temps, ce ne sont pas
moins de 160 personnes bénévoles dont 16 prêtres et pasteurs qui collaborent à Radio-Cité. Ils assurent toute l’année pour les 18 heures d’émissions quotidiennes. La musique occupe environ la moitié du temps d’antenne.
La chanson française, le jazz, la musique classique et les variétés y
trouvent leur place. Les émissions à caractère proprement religieux occupent aussi une large part des programmes. Si certaines émissions sont confessionnelles, beaucoup sont oecuméniques, car l’oecumémisme est ici particulièrement important. Chaque mois une émission relate les rencontres des
Eglises et communautés de Genève. Orthodoxes russes, orthodoxes grecs et
méthodistes entre autres, y participent régulièrement.
D’autre émissions sont consacrées aux thèmes sociaux. Radio Cité diffuse
aussi des bulletins d’information. Ils sont repris, ainsi que certaines
émissions dominicales (le culte, la messe et «Bleu Ciel») de la Radio Romande. Bien que les 160 collaborateurs de Radio Cité travaillent pour
«leur» radio par idéal et non pas dans un but de profit, une station de radio engendre des coûts importants. D’autant qu’on songe à la création d’un
troisième studio à côté des deux existants.
Le budget courant se monte à 240’000 francs. 40 % environ sont supportés
par les Eglises de Genève qui viennent d’augmenter leur contribution. Plusieurs paroisses accordent aussi un soutien régulier. Pour le reste, une
part importante est couverte par les dons des quelque 700 souscripteurs individuels, par l’association Pro Radio Cité ainsi que par d’autres contributions, notamment celles du Dimanche des Médias. Radio Cité n’a pas de publicité commerciale sur ses ondes. (apic/dz/mp)
Encadré
Répartition nationale et internationale des dons pour 1991
420’200.– francs
1. 23,3% Projets en Suisse allemande 1. 40,4% Agences
2. 21,7% Projets en Suisse romande 2. 32,4% Presse
3. 9,5% Projets au Tessin 3. 7% Sono- et videothèques
4. 37,2% Projets nationaux 4. 2,6% Film
5. 8,3% Projets internationaux 5. 13,6% Radio-TV
6. 4% Formation aux médias




