1 Genève : Le projet des unités pastorales a été lancé au Forum diocésain du 4 octobre

Apic Dossier: Forum Diocésain O3

1.1.1.1.1 Exit la paroisse, voici les unités pastorales

Bernard Bovigny, agence Apic

Genève, 5 octobre 2003 (Apic) En 2010, le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg devrait comprendre 65 unités pastorales regroupant chacune plusieurs paroisses. C’est le projet adopté récemment par la commission de planification pastorale diocésaine et approuvé par l’évêque, Mgr Bernard Genoud, lors du Forum diocésain du 4 octobre à Genève. Une première mouture de restructuration géographique sera lancée en consultation le 15 octobre.

Le concept des unités pastorales et des équipes de prêtres et de laïcs qui les dirigeront a été présenté dans un des dix ateliers du Forum diocésain, à la paroisse Ste-Clotilde à Genève. L’abbé Marc Donzé, membre de la commission de planification diocésaine, a réalisé un dossier intitulé «Unités pastorales et équipes pastorales», qui a été soumis à l’analyse des quelque 50 participants à l’atelier. Ancien professeur de théologie pastorale et actuellement curé de la paroisse St-Pierre à Fribourg, l’abbé Donzé estime que la formation d’unités bien plus vastes que les paroisses actuelles constitue une nécessité inéluctable. «En 2010, selon les prévisions diocésaines, il n’y aura plus que 65 prêtres aptes à prendre en charge une unité pastorale. Cela en fera environ 20 dans les cantons de Genève, Vaud et Fribourg, et 5 pour Neuchâtel. Cela signifie par exemple que sur Fribourg, il faudra rassembler 10 à 12 paroisses par unité en moyenne». En terme de population catholique, une unité regroupera, « selon les cas, 5’000 à 25’000 paroissiens, voire plus ».

Des paroisses devenues trop petites

Pour Marc Donzé, au départ la mise en place d’unités pastorales correspond à une nécessité. Prêtres et même assistants pastoraux se font en effet toujours plus rares. Mais également, les communautés paroissiales deviennent plus petites et perdent de leur vitalité. Il arrive qu’elles n’aient plus la «0masse critique» pour une pastorale féconde et vivifiante. Des unités plus larges peuvent donc devenir sources de dynamisme.

Mais la vie de l’Eglise a besoin de proximité. A cet effet, l’abbé Donzé propose qu’un relais local soit conservé dans chaque «ancienne paroisse». Ce relais, qui peut être assumé par un prêtre, un assistant pastoral, ou alors par un bénévole ou un groupe de bénévoles, représentera la paroisse dans l’équipe pastorale.

L’élément central dans la mise en place de ces unités sont «sans conteste les équipes pastorales», selon Marc Donzé. Formées d’un ou de plusieurs prêtres et d’assistants pastoraux, elles comprennent au moins trois membres, nommés par l’évêque pour un mandat de 5 ans renouvelable deux fois. La désignation des relais paroissiaux bénévoles sera ratifiée par l’évêque. Leur mandat est de trois ans, renouvelable deux fois.

Le calendrier de la mise en place des unités pastorales est des plus serrés. Le 15 octobre prochain, les agents pastoraux (prêtres et laïcs), conseils pastoraux et conseils paroissiaux recevront un premier projet de regroupements de paroisses, à réaliser au fur et à mesure des mises en places ou déplacements de prêtres, entre 2004 et 2010.

Les prêtres et les fidèles sont-ils vraiment prêts ?

Un tel projet n’est-il pas précipité ? Les prêtres et les fidèles du diocèse sont-ils vraiment prêts pour la mise en place de ces nouvelles structures ? Plusieurs participants à l’atelier «Unités pastorales» ont émis, lors des groupes de discussion, de sérieuses réserves face au calendrier de l’évêché et de la commission de planification diocésaine. «Il fait laisser le temps de mûrir. Ce serait dommage de partir avec des regroupements inappropriés», a relevé un rapporteur de groupe, tout en admettant que la formation d’unités pastorales est devenue irréversible. Le porte-parole d’un autre groupe estime que la transformation doit également atteindre les structures administratives: l’unité pastorale doit devenir une paroisse, avec un seul conseil paroissial. Un autre rapporteur doute qu’une restructuration soit de nature à résoudre les problèmes de la pastorale. «L’aurions-nous entreprise s’il n’y avait pas pénurie de prêtres ? Les vrais changements doivent toucher la vie de nos communautés. L’unité pastorale, si elle nous conduit à voir plus grand, va nous disperser!» Plusieurs groupes de discussion ont demandé de ne pas omettre les missions linguistiques dans les projets diocésains. Les étrangers ou fidèles d’origine étrangère représentent en effet le tiers des catholiques du diocèse.

Pour l’abbé Donzé, la mise en place de ces unités pastorales a débuté le jour même du Forum diocésain. Le curé de St-Pierre a dû quitter le rassemblement durant l’après-midi pour être installé comme administrateur à la paroisse voisine de Villars-sur-Glâne, suite au départ subit du curé, mécontent du renvoi de son aide de cure par le conseil paroissial. «Il était de toute façon prévu que ces deux paroisses fassent partie de la même unité pastorale» a relevé l’abbé Donzé, qui ne semble pas effrayé de se retrouver à la tête de deux paroisses de 7’000 catholiques. (apic/bb)

5 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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