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apic/Droit d’Asile/Revue jésuite/Italie
Droit d’asile dans les églises: «La Civiltà Cattolica» fait le point
Rome, 21octobre (APIC) Que signifie le recours de plus en plus fréquent au
«droit d’asile» dans les églises alors que ce droit ne figure plus dans le
droit canon ? La revue des jésuites italiens «La Civiltà Cattolica» pose la
question dans sa dernière livraison, en méditant sur «la triste conclusion»
de l’affaire des «sans papiers» de cet été en France, qui fut le «dernier
épisode, peut-être le plus connu, d’une longue série, dans l’histoire millénaire de l’Eglise».
Réponse de la revue, dont les articles passent souvent pour illustrer la
pensée officieuse de la Secrétairerie d’Etat du Vatican: «Il ne s’agit pas
de restaurer une institution dépassée (ndlr: le droit d’asile, codifié dans
le droit canon jusqu’à la version de 1983), mais de trouver une nouvelle
forme efficace pour être en mesure de rencontrer les exigences de protection des plus faibles dans leurs rapports difficiles avec l’Etat. Cette
fonction de dialogue, l’Eglise l’a toujours remplie précisément à travers
le droit d’asile».
Qui, aujourd’hui, doit assurer cette fonction ? L’article constate que
l’Eglise joue ce rôle, de fait, mais il regrette, en citant le pasteur Jacques Steward, vice-président du Conseil des Eglises Chrétiennes de France,
que la société actuelle n’offre plus ces lieux de dialogue, alors que le
besoin se fait pourtant sentir d’un «nouveau processus de médiation». Pour
la revue jésuite, c’est à la société d’assumer cette responsabilité.
Avant de livrer cette conclusion, la revue retrace l’histoire du droit
d’asile dans l’Eglise, codifié pour la première fois en 392 et fondé sur
deux principes: le respect absolu du caractère sacré du lieu et le rôle de
médiateur de l’évêque pour qu’un traitement digne soit garanti au fugitif.
Cela dit, précise la revue, «l’acte de se réfugier dans une Eglise n’a jamais constitué un transfert de la compétence civile à la compétence ecclésiastique : le réfugié reste sous la compétence civile». Une institution
juridique qui finit pas perdre de son autorité, après avoir été fortement
contestée aux 17e et 18e siècles par un «appareil juridique public de plus
en plus raffiné». (apic/imed/pr)




