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Les protestants fribourgeois se mobilisent pour sauvegarder l’ELP

Les députés au Grand Conseil priés de repousser un postulat (071195)

visant à l’intégration de l’école libre publique à l’école officielle

Fribourg, 7 novembre(APIC) Les protestants fribourgeois se mobilisent pour

sauvegarder l’Ecole libre publique (ELP). Le Synode de l’Eglise réformée

évangélique du canton de Fribourg (EREF) fait en effet bloc derrière l’ELP.

Cette école, aux yeux de l’EREF, offre une alternative pédagogique.

Réunie lundi 6 novembre à Cormondes, l’assemblée synodale a demandé à

tous les députés au Grand Conseil de rejeter «fermement» le postulat qui

vise la suppression de cette école. Paix confessionnelle oblige.

«Nous sortons de notre discrétion habituelle», explique Nicole Zimmermann, présidente du Synode de l’EREF et du Parti démocrate chrétien. Lundi,

le Synode a massivement et sans opposition adopté une résolution adressée

le jour même à tous les députés fribourgeois. Raison de cette mobilisation

inhabituelle: le postulat de deux députés sociaux-démocrates qui demande

l’intégration de l’Ecole libre publique à l’école officielle.

En cas d’acceptation, les réformés du canton de Fribourg y verraient la

disparition pure et simple d’une institution pédagogique vieille de plus de

150 ans. Le Synode a «la conviction que les ELP sont indispensables, nécessaires et souhaitables» pour les paroisses et l’Eglise réformée fribourgeoises comme pour l’ensemble de la population. Aux yeux des réformés, il

en va ni plus ni moins que de la mise en danger de «la paix confessionnelle

et linguistique» dans le canton. «Le risque de fracture sociale existe. Les

protestants pourraient se sentir mis dans un ghetto», estime le pasteur Michel Lederrey, président du Conseil synodal (exécutif).

Des parents changent de confession

Dans sa prise de position, le Synode demande au Grand Conseil de «rejeter fermement le postulat», de «permettre le libre accès aux ELP pour les

enfants, sans discrimination» et de «revoir la loi sur le financement des

écoles par les communes afin d’établir une équité financière sans critère

confessionnel». Le dossier a fait l’objet, début octobre, d’un synode extraordinaire d’information durant lequel toutes les parties concernées ont

été entendues.

Il faut savoir que, depuis le décret du gouvernement fribourgeois en

1992, seuls les élèves réformés peuvent actuellement accéder aux trois ELP

de Bulle, Courtepin et Fribourg. Depuis, certains parents n’ont pas hésité

à changer de confession pour garantir cet accès à leurs enfants. Le synode

estime que l’Ecole libre publique, outre qu’elle offre une «alternative pédagogique enrichissante», fournit un «outil utile dans le dialogue entre

les communautés confessionnelles et linguistiques du canton de Fribourg».

Tant Nicole Zimmermann que Michel Lederrey se montrent optimistes quant

à la décision du Grand Conseil, qui devrait examiner cet objet au printemps

prochain. Comme présidente du Parti démocrate-chrétien fribourgeois, la

présidente du Synode fera néanmoins valoir «son identité de réformée», a-telle assuré. Lors de sa session, le Synode a encore accepté la création

d’un poste d’animateur-jeunesse à mi-temps pour les Alémaniques du canton.

En conséquence, le budget 1996 de 980’000 francs accepté lundi est en augmentation de 6%. L’assemblé a enfin élu Martina Zurkinden, de Guin, qui

remplacera Catharina Bourquin au Conseil synodal. (apic/spp/lib/pr)

7 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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