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apic/Editions Paulines / délégué apostolique
Italie: le pape nomme un «délégué apostolique» (280297)
auprès de la Société de Saint-Paul (éditions paulines)
Reprise en mains par le Vatican pour éviter les dérives
Rome, 28février(APIC) Mgr Antonio Buoncristiani, évêque du diocèse italien de Port-Santa Rufina, a été nommé par Jean-Paul II «délégué apostolique» auprès de la Société de Saint-Paul – à ne pas confondre avec l’Oeuvre
St-Paul, basée à Fribourg – qui publie, entre autres, l’hebdomadaire italien «Famiglia Cristiana» et le mensuel «Jesus». Par cette mesure, le Vatican entend venir en aide à un Institut qui se trouve en difficulté d’une
façon adaptée à la situation concrète, a annoncé le directeur de la salle
de presse du Vatican.
Diverses publications des éditions paulines ont suscité ces derniers
temps quelque «perplexité» au Vatican, en particulier sur des questions
«délicates» comme l’homosexualité.
Mgr Antonio Buoncristiani exerce désormais les fonctions qui appartiennent normalement au supérieur général et au supérieur provincial d’Italie
pour ce qui est des oeuvres apostoliques dans le pays. Le P. Pignotti conserve son titre et son rôle de Supérieur Général pour ce qui est des autres
aspects, notamment du noviciat et de la formation religieuse, conformément
aux Constitutions de la congrégation.
Joaquin Navarro-Valls, précise dans sa déclaration les raisons et les
circonstances de cette nomination. Il rappelle tout d’abord le «charisme»
de l’apostolat des communications qui caractérise la Société depuis sa
fondation en 1914 par Don Giacomo Alberione – dont le procès de
béatification est en cours.
Le porte-parole du Saint-Siège fait ensuite état de la «complexité» et
de la «délicatesse» de l’utilisation des instruments de cet apostolat. Des
«situations délicates» peuvent se créer, «en dépit de la bonne volonté de
tous», souligne-t-il, avant d’en venir à la décision de Jean-Paul II: les
«difficultés» que rencontre actuellement la Société pourraient jouer «au
détriment tant de l’efficacité de l’apostolat que de la vie interne de cette famille religieuse». C’est pourquoi le pape a été amené à décider la nomination d’un délégué pontifical pour les secteurs des oeuvres apostoliques
en Italie et pour la préparation du chapitre général.
C’est une pratique constante du Saint-Siège, précise son porte-parole,
que de venir en aide «aux Instituts qui se trouvent en difficulté» d’une
façon adaptée à la situation concrète.
Jean-Paul II a annoncé sa décision dans une lettre datée du 11 février
et adressée Père Silvio Pignotti, supérieur Général de la Société de SaintPaul. Selon J. Navarro-Valls, le supérieur général l’a accueillie «comme un
stimulant à une fidélité toujours plus grande à la consécration et à la
mission spécifique de l’Institut dans l’Eglise». Le communiqué du Vatican
précise également qu’en en donnant connaissance à ses confrères, le Père
Pignotti les a exhortés à l’accueillir à leur tour «avec pleine adhésion de
coeur et en esprit d’obéissance au pape».
«Perplexité» au Vatican
La lettre est publiée vendredi dans le bulletin de la salle de presse à
la suite du communiqué. Rappelant l’oeuvre positive de la société et les
termes de la rencontre de 1992, à l’occasion du chapitre général, le pape
fait aussi état des difficultés récentes dues à une «situation délicate»
survenue à l’intérieur de la famille religieuse, venant en «troubler la
communion et l’harmonie».
Le pape revèle aussi le contenu de «différentes interventions» auprès
des éditions paulines après que ses publications eurent suscité quelque
«perplexité» au Vatican, en particulier sur des questions «délicates» comme
l’homosexualité, ainsi que l’a déjà souligné en 1996 le cardinal Ratzinger,
préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Dès 1986, le pape exhortait la société: «Ne vous laissez pas égarer par
les idéologies qui traversent le monde moderne». Le 23 octobre 1989, un
projet de publication du Coran en vidéo-cassettes et dessins animés avait
attiré quelques critiques. En 1992 le pape exhortait encore la Société à
être fidèle à l’Eglise. Enfin, le cardinal Camillo Ruini, président de la
conférence épiscopale italienne et vicaire du pape pour le diocèse de Rome,
avait demandé à «Famiglia Cristiana» que certaines publications soient accompagnées de «précisions» vaticanes et qu’un «groupe d’experts en théologie» soit constitué pour l’approbation préalable de certains texte. Or, il
n’en a rien été.
C’est pourquoi Mgr Buoncristiani s’est vu confié les responsabilités qui
appartiennent normalement au supérieur général et au supérieur provincial
de la congrégation. (apic/imed/cip/mp)



