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apic/Eglise de France/Finances
France: Mise au point sur les finances de l’Eglise
Pas encore la faillite (150396)
Paris, 15mars(APIC) Plusieurs diocèses de France connaissent des difficultés financières. Le diocèse de Metz en particulier, dont la gestion qualifiée de catastrophique par les milieux intéressés, est au centre de sérieux débats. Quant à l’évêque de Lille, qui admet de gros problèmes financiers, il relève que son diocèse n’est pas au bord de la faillite.
Remous et questions ont ainsi contraint le Père Bernard Jeuffroy, chargé
des questions administratives, financières et juridiques auprès de la Conférence des évêques de France, a une mise au point sur les finances de
l’Eglise de France. Et Mgr Vilnet, évêque de Lille, à en faire de même par
le biais d’un communiqué plutôt rassurant.
Ces mises au point interviennent après les remous suscités par la
gestion des finances du diocèse de Metz. «Affaire» qui n’a fait l’objet
d’aucun commentaire de la part du Père Jeuffroy, sinon un laconique «la justice doit faire son travail». Le prélat a rappelé que depuis la loi de
1905 fixant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Eglise ne perçoit aucune subvention de celui-ci, à l’exception des diocèses concordataires de
Strasbourg et de Metz. Quant au Vatican, «il ne subventionne rien, c’est le
contraire», déclare un brin amusé le Père Jeuffroy. Les ressources proviennent donc très largement des fidèles.
Les dons se répartissent en quatre grandes ressources: le denier de
l’Eglise, 1,54 milliard de FF (près de 400 millions de fs), de la quête,
675 millions de FF, des offrandes pour les divers sacrements, 330 millions
de FF, les honoraires de messes, 408 millions de FF. En 1994, les recettes
se sont élevées à 2,45 milliards de FF. Les placements et legs divers ne
viennent qu’en 5e et 6e position. Les montants n’ont pas été communiqués.
Globalement, affirme le Père Jeuffroy, les ressources suivent l’évolution du coût de la vie. Mais, précise-t-il, c’est parce que l’Eglise soigne
désormais sa communication pour rappeler aux fidèles que ce sont eux qui la
font vivre. «Les donateurs sont moins nombreux qu’autrefois, mais plus généreux».
En ce qui concerne les dépenses, le poste le plus important est de loin
celui des salaires du personnel, prêtres et laïcs confondus. La gestion et
l’entretien du patrimoine immobilier viennent ensuite. Aucun chiffre n’est
donné.
Pas la faillite
Dans la foulée de la mise au point du chargé des questions administratives, Mgr Vilnet relève que son diocèse n’est ni au bord de la faillite ni
au bord du dépôt de bilan. Pas davantage qu’il n’est en cessation de paiement. Son budget pour autant est serré, relève-t-il. «Tout fléchissement de
l’équilibre entre recettes et dépenses est à surveiller de près».
Du coup, certains immeubles, propriétés du diocèse, «pas indispensables», ont été vendus et d’autres le seront bientôt pour faire face à des
dépenses de constructions ou d’entretien. Mgr Vilnet ne cache pas que des
ressources exceptionnelles (dons et legs) ont jusqu’à présent permis de
combler le déficit du budget ordinaire. Pour Mgr Vilnet, la situation du
diocèse de Lille est très certainement celle de la quasi totalité des diocèses de France: ni faillite ni enrichissement. (apic/jcn/pr)




