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apic/Eglise protestante Genève/ grave déficit

Genève: Budget très déficitaire pour les protestants genevois (011295)

Sans nouvelles ressources, le déficit

pourrait atteindre 12 millions en 2001

Genève, 1erdécembre(APIC) Graves soucis financiers pour les protestants

genevois. Un budget déficitaire de plus de 3,4 millions de francs pour 1996

a été examiné jeudi et vendredi par les délégués du Consistoire de l’Eglise

nationale protestante de Genève (ENPG). Il s’agit, dit-on, d’envisager les

mesures à prendre dans les années à venir pour limiter ce déficit. Si les

protestants genevois ne s’acquittent pas de leur contribution ecclésiastique, l’ENPG pourrait se trouver face à un déficit cumulé de près de 12 millions en 2001. Son fonctionnement nécessiterait dès lors un sévère redimensionnement.

Les questions fondamentales que posent ces données financières vont être

débattues au sein d’une nouvelle commission «Mission de l’Eglise». Celle-ci

aura également le mandat de proposer un scénario de restructuration.

Le Conseil a souhaité une prise de conscience commune, a déclaré le pasteur Marc Faessler, responsable des finances de l’ENPG, en présentant le

budget 1996 au Consistoire. «Le déficit se reporte d’année en année, malgré

nos efforts d’économie, parce que nos engagements sont supérieurs à nos

moyens. C’est ce qu’on appelle un déficit structurel».

Le déficit prévu pour l’exercice 1996-1997 est de près de 3,4 millions

sur un total de dépenses de 18,5 millions de francs. «Aujourd’hui, nous

sommes dans l’impasse, car nous estimons pouvoir tenir encore deux budgets,» a lancé sombrement le pasteur Faessler.

Le budget tient compte de la stagnation des rentrées de la perception

ecclésiastique, ainsi que de la baisse prévisible des revenus sur le portefeuille-titres. «Espérer 11 millions de contributions ecclésiastiques,

c’est déjà ambitieux», a encore commenté le responsable des finances. Le

problème de l’ENPG étant justement que de nombreux contribuables protestants ne s’acquittent pas de leur dû.

Effectuant une projection jusqu’en 2001, la Commission financière a souligné qu’un redimensionnement de l’ENPG et de ses charges sera probablement

nécessaire, le déficit cumulé en 2001 devant atteindre 11,87 millions. La

commission doit pouvoir s’attendre à une redistribution des forces ministérielles et des regroupements en vue d’effectuer des économies, alors que

les postes ministériels ont déjà diminué, en quatre ans, de 10 % : 95,4 postes de ministres et 15,7 de secrétariat en 1996 alors qu’en 1992, on trouvait 107,3 postes de ministres et 17,6 de secrétariat.

Selon la commission, des mesures devront intervenir sur le plan structurel. Elle envisage même la poursuite des ventes immobilières, mais se refuse à toucher aux salaires des ministres – qui ne reçoivent déjà pas de

treizième salaire.

Débat de fonds, débat de fond

La discussion au sein du Consistoire a montré que le souci des délégués

se situe au-delà des seules considérations financières, l’enjeu résidant

véritablement dans le témoignage d’une Eglise qui voit décroître ses forces. «Ce n’est pas le moment de se résigner», a déclaré le pasteur H. Nerfin, qui s’est demandé si cette situation n’est pas le signe que l’Eglise

peine à s’approcher de la population.

Certains délégués avaient annoncé qu’ils refuseraient le budget, estimant que le déficit serait trop important et que l’Eglise ne saurait continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Mais la nette majorité du Consistoire

n’a pas suivi cet avis et a accepté le budget 1996-1997. (apic/spp/ba)

1 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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