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apic/Eglises chrétiennes/Moyen-Orient
Paris: «Les communautés chrétiennes
d’Orient ne sont pas vouées à disparaître» (070495)
Conférence de Pierre Rocalve, ancien ambassadeur de Franceau Moyen-Orient
Paris, 7avril(APIC) Les communautés chrétiennes du Moyen-Orient ne sont
pas vouées à une disparition sûre et prochaine, comme on l’a parfois un peu
vite prédit, estime Pierre Rocalve, ancien ambassadeur de France dans plusieurs pays du Proche-Orient. Invité de l’association «Alerte aux réalités
internationales», le diplomate a analysé récemment à Paris, la situation
des chrétiens dans la région.
Les communautés chrétiennes du Moyen-Orient sont fortement soumises à
deux pressions, celle d’une forte émigration et celle de la montée de
l’islamisme. Même si celles de Turquie et d’Iran sont passées au-dessous du
seuil de survie, les autres ne sont pas menacées dans leur existence.
De fait cette situation est très contrastée suivant les Etats. Ainsi les
Chaldéens du patriarcat de Babylone ont choisi en Irak la carte de
l’insertion complète. Les églises, dont une vingtaine ont été construites
sous le régime baassiste, sont pleines. L’Eglise chaldéenne entretient des
rapports suivis avec le régime en place, mais souffre des effets de
l’embargo. Beaucoup de chrétiens irakiens ont de surcroit émigré, en même
temps que les Kurdes vers la Syrie ou la Turquie.
En Syrie les chrétiens orthodoxes et catholiques de rite syriaque forment environ 10% de la population (contre 40% au début du siècle). Selon
Pierre Rocalve, ils jouissent d’une situation sociale et culturelle et confortable dans une coexistence discrète avec les musulmans. Mais le statut
personnel ne leur est pas garanti par la constitution. De nombreux établissements d’enseignements dirigés par les chrétiens ont été nationalisés,
mais 30’000 enfants sont encore scolarisés dans des écoles chrétiennes.
L’Eglise maronite forme le groupe le plus marquant et le plus homogène.
Basée au Liban autour du patriarcat d’Antioche, mais rattaché à Rome,
l’Eglise maronite jouit d’un renouveau spirituel indéniable et compte de
nombreuses vocations, au point qu’elle manque de places pour accueillir les
séminaristes.
L’Eglise grecque-orthodoxe du patriarcat de Jérusalem rassemble quelque
660’000 fidèles, en Palestine en Israël et en Jordanie essentiellement. Gérée de manière très collégiale, elle donne son arabité à l’Eglise grecque
et a un esprit d’adaption très marquée que Pierre Rocalve explique par ses
origines urbaines. Les Eglises catholiques grecque et latine forment de
leurs côtés des minorités plus réduites et plus écartelées entre christianisme et arabité.
Aujourd’hui, les Eglises chrétiennes du Moyen-Orient ne peuvent plus
guère compter sur des garanties extérieures. Elles ont le choix entre disposer de mécanismes protecteurs internes, au risque d’être marginalisées et
jouer la carte de l’insertion, au risque de perdre leur particularisme. En
général, elles ont acquis au cours de l’Histoire un sens du compromis et de
l’adaptation très fort. Le pluralisme des communautés chrétiennes au MoyenOrient surprend souvent, mais aux yeux de Pierre Rocalve, il est facteur de
richesse et doit bénéficier du soutien de l’Occident. (apic/jcn/mp)




