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Suisse:»Joint-venture» entre Offices du tourisme et (220396)

les couvents bénédictins d’Einsiedeln et de Disentis

Une expérience qui débute cet été:participer à la vie du monastère

Einsiedeln/Disentis, 22mars(APIC) Dès cet été, grâce à un «joint-venture»

entre les deux abbayes bénédictines et les Offices du tourisme de Disentis,

dans les Grisons, et d’Einsiedeln, dans le canton de Schwytz, des groupes

de pèlerins seront accueillis au monastère.

L’homme moderne, de plus en plus stressé, a besoin de se retrouver, «et

les pèlerins d’aujourd’hui ne veulent pas entendre des mots, ils recherchent des expériences», comme l’ont souligné les intervenants au Premier

Forum du Pèlerinage qui a rassemblé du 18 au 21 mars à Einsiedeln une cinquantaine de participants de plusieurs pays européens: directeurs diocésains ou nationaux de pèlerinages, responsables d’Offices du tourisme, hôteliers, religieux et spécialistes de pèlerinages.

L’idée, délicate à mettre en oeuvre, a germé il y a bien trois ans. Il a

fallu convaincre les moines, précise Bruno Gantenbein, l’une des chevilles

ouvrières du projet. Directeur de l’Office du tourisme de Disentis/Mustér,

B. Gantenbein mène ce projet avec sa collègue d’Einsiedeln, Daniela Brüngger, en collaboration étroite, dès le début, avec le Père Othmar Lustenberger, directeur des pèlerinages d’Einsiedeln.

Certes, admettent les responsables des Offices du tourisme, les nuitées

dans les hôtels sont en recul et tout doit être fait pour attirer les touristes. L’on doit, du point de vue du marketing, offrir au «client» des

prestations que les autres n’ont pas. «Alors pourquoi ne pas mettre en valeur ces deux abbayes, dans une offre commune?»

En effet, tant Disentis qu’Einsiedeln ont une magnifique abbaye de style

baroque abritant un lieu de pèlerinage marial – d’importance nationale pour

Einsiedeln (Notre-Dame des Ermites), d’importance régionale pour Disentis

(Mater Misericordiae) – toutes deux ont bénéficié de l’immense talent d’un

frère convers devenu architecte, Caspar Moosbrugger -, toutes deux ont la

charge d’une école abbatiale (collège) d’importance cantonale…

A la recherche d’expériences religieuses

«L’homme aujourd’hui a besoin de vécu, d’émotions, que ce soit des sensations fortes avec des sports comme le parapente ou le rafting, que ce

soit aussi au plan spirituel», ajoute B. Gantenbein. Dans ces temps troublés, les gens sont à la recherche d’expériences religieuses, de spiritualité:»Pensons à l’attrait des sectes! Face à cela, les monastères ont

quelque chose à montrer, qui va au-delà des richesses architecturales de

leurs monuments; il ne s’agit pas pour les moines d’organiser quelque chose

de spécial pour les touristes, mais de rendre visible leur vie de prière.

Ils n’ont pas à s’adapter, mais à être simplement ce qu’ils sont».

En effet, dans ce nouveau concept de visite au monastère (on prévoit des

offres de quatre jours), il ne s’agit pas de déranger en quoi que ce soit

la vie des moines. Ce sont les moines eux-mêmes qui auront la haute main

sur l’aspect religieux, tandis que l’aspect logistique et promotionnel sera

l’affaire des Offices du tourisme concernés. Le leitmotiv de ces séjours

sera «Faire ensemble l’expérience d’une rencontre avec Marie». La campagne

de promotion devrait être lancée en juin prochain et des prospectus seront

envoyés aux bureaux et agences qui s’occupent de pèlerinage ainsi qu’aux

paroisses. Des annonces seront publiées dans les revues touristiques spécialisées ainsi que dans la presse catholique.

Des expériences seront rassemblées avant d’ouvrir ces offres – destinées

à des groupes constitués et accompagnés – à des personnes venant à titre

individuel. Au départ, à Disentis, confie le Père Othmar Lustenberger, les

moines n’ont pas tous été enthousiastes face à cette initiative, et cela a

nécessité des discussions serrées. «Si nous avons abordé les moines il y a

plus de deux ans déjà pour préparer ce projet, cela montre bien que nous

sommes conscients que c’est une initiative à mener dans le plus grand respect de la vie monacale», tient encore à préciser B. Gantenbein. Qui espère, tout comme le Père Othmar Lustenberger, des retombées positives également au point de vue financier, «car l’aspect économique et logistique appartient aussi au pèlerinage». (apic/be)

Encadré

Les pèlerinages, moments privilégiés d’évangélisation

Les pèlerinages, aux yeux de l’Eglise, favorisent sans aucun doute une expérience religieuse et représentent des moments privilégiés pour la catéchèse et l’évangélisation. D’autant plus, a confié à l’APIC Mgr Giuseppe De

Andrea, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, «que 60% des participants aux pèlerinages et aux visites de sanctuaires ne sont pas, habituellement, très

impliqués dans la vie paroissiale. C’est donc une occasion unique pour nombre d’entre eux de réfléchir à la Parole de Dieu et de s’approcher de Lui».

Mgr De Andrea rappelle que la démarche de pèlerinage se rencontre déjà

dans l’Ancien Testament, quand le Peuple de Dieu se met en marche vers la

Terre promise. «Le pèlerinage veut dire laisser ses sécurités, se libérer

des poids qui alourdissent la vie, pour se rendre dans un lieu qui permet

la rencontre avec Dieu». Certes, reconnaît-il, le pèlerinage est devenu la

plupart du temps confortable – d’où parfois le problème de le distinguer du

simple tourisme culturel – et l’on ne court plus les mêmes dangers et les

mêmes épreuves que les pèlerins du Moyen-Age sur la route de Jérusalem ou

de St-Jacques de Compostelle.

Mais il s’agit bien d’interpeller l’homme d’aujourd’hui, qui souvent

dispose d’un bagage religieux très restreint, de le rencontrer là où il se

trouve. Cela implique une préparation cohérente du pèlerinage et des guides

spirituels bien formés sur les lieux qu’ils visitent, leur histoire, leurs

caractéristiques artistiques, leur signification religieuse, sans oublier

leurs rapports avec la société contemporaine et leur environnement immédiat. (apic/be)

22 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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