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apic/Encyclique/présentation synthétique
Rome: Encyclique «Evangelium Vitae» (300395)
Présentation synthétique: un appel passionné adressé à tous et à chacun
Rome, 30mars(APIC) Dans sa 11e encyclique «Evangelium Vitae» le pape Jean
Paul II réaffirme avec force l’enseignement de l’Eglise sur le respect absolu de la vie. Si l’avortement est formellement condamné comme le «meurtre
délibéré d’un être humain innocent» ainsi que l’euthanasie comme «une inquiétante perversion de la pitié», le document est cependant animée d’un
esprit nettement positif et d’un élan spirituel évident. L’encyclique se
veut un appel passionné adressé à tous et à chacun au nom de Dieu: «Respecte, défends, aime et sers toute vie humaine», dit le texte de la présentation officielle.
«L’Evangile de la vie» se présente avec une grande autorité doctrinale,
expression non seulement du magistère du pape mais aussi de la collégialité
épiscopale, puisque ce document a été demandé par un consistoire extraordinaire des cardinaux en 1991, puis élaboré après une consultation générale
de tous les évêques catholiques. Jean Paul II y développe concrètement les
grands principes énoncés dans sa précédente encyclique «Veritatis Splendor».
Guerre des puissants contre les faibles
Le premier chapitre jette un regard aigu sur les lumières et les ombres
de la situation actuelle concernant la vie humaine. Le pape dénonce les
traits nouveaux et spécifiques des crimes contre la vie comme l’avortement
ou l’euthanasie. Ces crimes sont aujourd’hui revendiqués comme des droits
de la liberté individuelle et accomplis par le recours à la médecine, dénonce le pape. La démocratie coupée de ses fondements moraux se dévoie dans
un relativisme éthique sans limites où tout est négociable. Au lieu de servir la vie avec respect, les médecins se prêtent à des actes de mort.
Cette ’culture de mort’ se base, selon Jean Paul II, sur une conception
pervertie de la liberté, sur l’individualisme et le matérialisme pratique
qui privilégient l’avoir aux dépens de l’être, la satisfaction du plaisir
personnel aux dépens du respect des plus faibles. D’une certaine manière,
on peut parler de guerre des puissants contre les faibles, remarque le document.
La lutte entre la vie et la mort est présente dès les origines de l’histoire humaine, rappelle Jean Paul II, en citant le meurtre d’Abel par son
frère Caïn. Mais dans le Christ, les chrétiens ont la conviction absolue
que selon le dessein de Dieu, la vie sera victorieuse. Ce qui justifie la
vision positive du pape. Les signes annonciateurs de cette victoire finale
sont nombreux, parfois cachés, moins éclatants, mais significatifs.
La vie comme responsabilité
Selon l’enseignement de la Bible et de l’Eglise, la vie est confiée à la
responsabilité de l’homme. Reste que depuis son premier moment, jusqu’à son
terme naturel, elle est sacrée et inviolable. Elle appartient au Seigneur
et l’homme ne peut pas en disposer selon son propre arbitraire, insiste
Jean Paul II. C’est une vérité originelle dont témoignent toutes les grandes traditions religieuses et philosophiques de l’humanité.
Le troisième chapitre s’articule autour du commandement «Tu ne tueras
pas», l’appliquant aux situations actuelles. A propos de la peine de mort
l’encyclique relève que les cas où elle est moralement justifiée sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants.
Le pape rappelle solennellement que l’avortement direct, c’est-à-dire
voulu comme une fin ou comme moyen, est le meurtre délibéré d’un être humain innocent. Ce jugement moral s’applique aussi aux interventions sur des
embryons humains qui, bien que visant en soi des buts légitimes, en comportent inévitablement le meurtre. Comme dans le cas d’expérimentation ou de
l’utilisation d’embryons ou de foetus humains en tant que matériel biologique dans le but d’obtenir des tissus ou des organes à transplanter. «Faire
mourir ne peut jamais être considéré comme un soin médical», dit le pape.
L’encyclique tient cependant à faire une distinction claire entre la
contraception et l’avortement qui sont des maux spécifiquement différents:
l’un contredit la vérité intégrale de l’acte sexuel comme expression propre
de l’amour conjugal, l’autre détruit la vie d’un être humain. Mais contraception et avortement appartiennent à la même mentalité hédoniste et déresponsabilisante. L’avortement devient ainsi l’unique réponse possible et la
solution en cas d’échec de la contraception.
L’euthanasie: «une inquiétante perversion de la pitié»
L’euthanasie est définie comme une action ou une omission qui, de soi et
dans l’intention, donne la mort, afin de supprimer toute douleur. Elle est
«une inquiétante perversion de la pitié», relève Jean Paul II. Le pape la
distingue cependant soigneusement du renoncement à l’archarnement thérapeutique et des soins palliatifs qui eux sont moralement admissibles.
Quant au suicide, malgré certains conditionnements psychologiques, culturels ou sociaux qui peuvent atténuer voire supprimer la responsabilité
personnelle, il reste du point de vue objectif un acte gravement immoral,
précise l’encyclique.
Dans ce qui peut apparaître comme un des aspects les plus neufs de cette
encyclique, le pape accorde une large considération aux circonstances dramatiques et aux conditionnements liés à la famille et au milieu social qui
marquent parfois ces graves choix contre la vie, en diminuant la responsabilité de celui qui les accomplit. Les choix de la vie apparaissent quelquefois non seulement difficiles, mais encore héroïques. Le pape adresse
ainsi un appel aux femmes qui ont eu recours à l’avortement. Il les invite
à s’ouvrir à la miséricorde de Dieu avec humilité et confiance pour faire
partie des défenseurs les plus convaincants de la vie.
Lois civiles et loi morale
L’encyclique aborde ensuite le rapport entre les lois civiles et les
lois morales. Pour le pape, l’un des aspects caractéristiques des attentats
actuels contre la vie humaine est la tendance à exiger leur légitimation
juridique. La loi civile ne peut pas se substituer à la conscience ou dicter des normes morales. La démocratie ne peut être définie seulement en référence au principe formel de la majorité, répète Jean Paul II, mais elle
doit être caractérisée par le principe moral du respect de tous et spécialement des droits des plus faibles de ceux qui sont sans voix et sans vote.
Les lois qui légitiment l’avortement et l’euthanasie sont dépourvues sur
le plan moral d’une authentique validité. Face à elles, on doit au moins
reconnaître le droit à l’objection de conscience qui est un devoir grave
pour le chrétien qui ne peut pas coopérer formellement au mal.
«Prendre soin de toute la vie et de la vie de tous»
Le commandement «Tu ne tueras pas» n’établit pas seulement une norme négative, mais invite aussi à promouvoir activement la vie. Le quatrième et
dernier chapitre de l’encyclique décrit cette démarche. L’Evangile de la
vie est au coeur de la mission de l’évangélisation de l’Eglise. Il s’agit
d’annoncer dans son intégralité le message de la vie. De célébrer ce don de
la vie dans la liturgie et les sacrements, mais aussi dans les manifestations multiples des traditions culturelles ou de la vie quotidienne.
Le troisième axe est celui du service de la charité qui amène à prendre
soin de toute la vie et de la vie de tous, dans un comportement profondément cohérent. Ceci en particulier dans l’attention à la situation sociale
de la famille ’sanctuaire de la vie’. La politique familiale doit être le
pivot et le moteur de toute politique sociale, souligne Jean Paul II.
L’encyclique se termine par une prière à Marie «mère des vivants».
(apic/com/mp)



