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Suisse: «l’encyclique du pape (300595)

sur l’oecuménisme laisse le protestantisme de côté»

Commentaire du délégué à l’oecuménisme de la FEPS

Berne, 30mai(APIC) La nouvelle encyclique de Jean Paul II sur l’oecuménisme – tout comme d’ailleurs le nouveau Catéchisme – est davantage orientée sur le dialogue avec l’orthodoxie qu’avec les Eglises issues de la Réforme, estime Heinz Ruegger, délégué pour les questions oecuméniques de la

Fédération des Eglises protestantes de la Suisse. Les déclarations concernant les rapports avec le protestantisme apparaissent plutôt modestes.

La lettre du pape qui s’adresse à tous ceux qui travaillent pour la cause de l’unité et qui demande aux évêques d’accorder toute leur attention à

cet engagement, est saluée avec reconnaissance par les protestants, souligne Heinz Ruegger. Quand le pape dit que l’engagement oecuménique est une

priorité pastorale de son pontificat cette encyclique en apporte un témoignage crédible.

On peut regretter que l’encyclique s’oriente davantage vers l’orthodoxie

mais cela s’explique par une proximité doctrinale beaucoup plus grande,

remarque Heinz Ruegger. Il s’agit aussi de voir la réalité vécue dans les

divers milieux du catholicisme en Europe et en Amérique. Mais cette réalité

n’entre pas en considération. Le pape part d’une image intacte d’un

catholicisme uni sur les questions doctrinales essentielles que l’on ne

rencontre pratiquement pas chez nous, souligne Heinz Ruegger. La

constatation que «parmi les chrétiens beaucoup ne comprennent pas toujours

l’Evangile de la même manière que les catholiques» est thématisée

uniquement par rapport au protestantisme. Ce qui pour Heinz Ruegger est une

faiblesse de l’encyclique.

Naturellement, le pape dans tous ses engagements oecuméniques reste ferme sur les positions catholiques déjà connues: L’Eglise catholique a gardé

seule la plénitude de la Révélation et les moyens du salut; l’unité sans la

reconnaissance de la primauté du pape est impensable; tout forme de réductionnisme et de «concordisme» facile dans les domaines doctrinaux ainsi que

le faux irénisme sont rejetés. Matériellement, l’encyclique n’apporte pas

de ’progrès’, que d’ailleurs personne n’attendait remarque le délégué de la

FEPS. Mais ce nouveau rappel de l’oecuménisme comme ’impératif de la conscience chrétienne’ et la volonté de lui donner une place avec un nouveau

sérieux est riche de promesses.

Pour Heinz Ruegger, si on prend conscience que ce qui sépare les chrétiens est beaucoup moindre que ce qui les unit, les protestsants peuvent

garder l’espoir que l’Eglise catholique, dans des questions comme la pastorale des mariages mixtes ou l’hospitalité eucharistique, accorde plus de

liberté aux communautés que ce qui est officiellement possible aujourd’hui.

(apic/com/mp)

30 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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