Le texte contient 39 lignes (max. 75 signes), 403 mots et 2828 signes.

apic/Espagne/argent sale/le cardinal Carles contre-attaque/

Espagne:Mis en cause dans le blanchiment d’argent sale, (070696)

le cardinal de Barcelone décide de contre-attaquer

Barcelone, 7juin(APIC) Mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent sale par la justice italienne, le cardinal Ricardo Maria Carles Gordo,

archevêque de Barcelone, a décidé de «contre-attaquer».

Le cardinal a annoncé dimanche dernier sa volonté de faire front dans

une cathédrale bondée de fidèles venus lui apporter leur soutien. La veille, le parquet de Torre Annunziata (Naples), avait lancé 200 perquisitions

et 20 arrestations en Italie, ainsi que 12 mandats d’arrêt contre des personnes résidant hors d’Italie et des informations judiciaires contre 31 autres personnes, dont Mgr Carles. Mercredi, les avocats de l’archevêque catalan rencontraient en Italie les magistrats chargés de l’enquête.

Après avoir été montré du doigt pour la seconde fois par le magistrat

italien Alfredo Ormanni, le cardinal de Barcelone a décidé de contre-attaquer. Le juge désire interroger Mgr Carles Gordo propos d’une opération de

blanchiment d’argent sale: 100 millions de dollars provenant d’un trafic

d’armes, dont Mgr Carles aurait été l’intermédiaire, un trafic qui s’entrecroise avec celui de pierres et de métaux précieux, ainsi que de valeurs

immobilières.

Consterné, le cardinal de Barcelone a qualifié de «calomnie» cette accusation, et décidé de porter plainte contre la magistrature napolitaine pour

diffamation. En novembre 1995, le juge Ormanni avait déjà demandé au ministère espagnol de la Justice et de l’Intérieur l’autorisation d’interroger à

titre de témoin le cardinal de Barcelone. En janvier dernier, le ministère,

avait refusé, alléguant des vices de procédure et des raisons de fond. Dans

cette seconde requête le cardinal-archevêque est visé en tant que partie

prenante de l’affaire. Les enquêteurs s’étonnent en effet que quatre personnes interrogées, ne se connaissant pas entre elles, ont toutes cité le

nom de Mgr Carles.

Les magistrats italiens font valoir qu’ils souhaitent vérifier les éventuelles relations entre les personnes impliquées et l’Institut des Oeuvres

de Religion (IOR), la Banque du Vatican. Selon le cardinal Carles, ils ne

rechercheraient rien d’autre qu’un maximum de notoriété.

Parmi les personnes suspectées figurent, outre le cardinal, l’homme

politique ultra-nationaliste russe Vladimir Jirinovski et l’ancien président indonésien Ahmed Sukarno.

A l’automne dernier, le Vatican avait aussitôt démenti l’implication de

l’archevêque et de l’IOR dans cette affaire. Cette fois, le président de la

conférence épiscopale espagnole, Mgr Yanes, et le président de la «Generalitat» (gouvernement régional) de Catalogne, Jordi Pujol, ont apporté leur

soutien au cardinal. (apic/cip/mp)

7 juin 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!