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Espagne: «Chrétiens dans le monde» se bat
pour un engagement public des jeunes dans la foi (080295)
Un constat: le manque d’intérêt des chrétiens pour la vie politique
Madrid, 8février(APIC) Le manque d’intérêt des Espagnols, notamment des
chrétiens, pour la vie politique préoccupe plus d’un religieux dans le
pays. Après avoir manifesté un grand intérêt pour la politique durant les
dernières années du régime Franco, les chrétiens espagnols sont maintenant
devenus indifférents. L’équipe responsable de «Chrétiens dans le monde» tire la sonnette d’alarme.
La revitalisation que le Concile Vatican II a imprimée à l’Eglise espagnole est indubitable. Cependant, le manque de présence visible des chrétiens dans l’espace public contraste avec la richesse spirituelle et communautaire de ces groupes, constate Augusto Hortal, jésuite, qui, avec Antonio Espana et Luis Emilio Gil de Vergara, forme l’équipe responsable de
cette organisation.
Le premier signal d’alarme face à ce désintérêt avait été donné par les
évêques en 1986 dans leur document «Les catholiques dans la vie publique»,
où ils encourageaient les chrétiens à être plus actifs dans le tissu social
et dans la vie politique.
C’est dans ce contexte que le P. Elias Royon, provincial de la Compagnie
de Jésus, à Tolède, a lancé l’idée d’offrir une formation sociale et politique aux membres de la «Communauté de vie chrétienne» (CVC), ainsi qu’à
d’autres groupes et aux communautés de jeunes s’inspirant de la spiritualité ignatienne. Ainsi est née l’organisation «Chrétiens dans le monde», qui
travaille en étroite collaboration avec la CVC.
La formation s’adresse à des jeunes professionnels ou à des universitaires du deuxième cycle. A l’heure actuelle, estime A. Hortal, les jeunes
peuvent aussi se poser la question de leur insertion sociale et peut-être
même politique.
«Chrétiens dans le monde» propose deux types d’activités: la «Semaine de
formation sociale et politique» et des rencontres. La première permet
d’aborder les thèmes de base de l’insertion du chrétien dans la vie sociale
et politique. La seconde donne aux jeunes l’occasion d’être en contact avec
des hommes politiques, des syndicalistes, des personnes qui travaillent
dans les moyens de communication et des membres d’organisation non gouvernementale.
Une mystique
Au-delà de ses activités, «Chrétiens dans le monde» est une mystique.
Dans la mesure où les frères vivent, souffrent, s’épanouissent et meurent
dans le monde, l’amour chrétien doit se faire «mondain», insiste A. Hortal.
Selon lui, l’engagement public du chrétien ne peut se résumer à des occupations qui viendraient «s’ajouter» à celles qu’il exerce à la maison et au
travail. Il faut commencer par vivre cet engagement dans la famille et le
travail, sans quoi, il se peut que nous contribuions à faire en sorte que
ceux qui consacrent quarante heures par semaine à collaborer professionnellement à l’injustice et à la marginalisation se contentent de quatre heures
par semaine pour lutter contre celles-ci. (apic/cip/pr)




