apic/Espagne/ commerce de «novices»
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Londres: Un «commerce» de jeunes filles de l’Inde (131195)
pour les couvents contemplatifs espagnols?
Craintes d’un archevêque indien confirmées
Londres, 13 novembre(APIC) Pour suppléer au manque croissant de vocations,
des couvents espagnols féminins recrutent des jeunes filles indiennes contre des paiements en argent à leurs familles. C’est du moins ce que rapporte dans sa dernière édition le journal britannique «Sunday Times», se référant à des sources ecclésiastiques d’Espagne. Des accusations qui recouvrent les craintes du président de la Conférence épiscopale indienne, Mgr
Joseph Powathil, archevêque de Changanacherry, qui avait évoqué en avril 95
le danger de vocations forcées pour des jeunes filles désirant simplement
connaître les «agréments» de l’Occident.
Lors des dix derniers mois, pas moins de 90 jeunes Indiennes seraient
entrées dans des couvents contemplatifs. «Les Congrégations religieuses
sont à ce point désespérées, qu’elles acceptent ces jeunes filles, bien
qu’elles n’aient pas de vocation religieuse», affirme le journal en citant
le Père Augustin Iglesias, directeur des Instituts religieux espagnols.
Toujours selon le «Sunday Times», l’Espagnol Gonzalez Blanco, âgé de 65
ans, fondateur de «l’Association monastique d’Espagne», non reconnue par
l’Eglise, serait le responsable du développement de ce «business». Pour
chaque jeune fille admise dans un couvent, il prélèverait pour lui-même une
taxe de 350 francs. Ensuite de quoi il fournirait les passeports nécessaires, tout en remettant l’argent aux familles des jeunes filles. Il y aurait
aujourd’hui une attente de 247 demandes de transfert pour de futures «novices» étrangères pour les couvents espagnols.
«Nous savons, qu’il y a un problème, mais nous ne pouvons rien faire»,
admet le Père José Maria Messa, directeur de l’Institut Chaune, responsable
de la situation économique des Institutions religieuses, que cite le journal anglais. L’Institut Chaune ne s’occupe pas en principe des questions de
l’admission des candidatures à la vie religieuse.
La Conférence épiscopale espagnole aurait pris depuis lors le dossier en
main. Chaque évêque étant invité à examiner et à vérifier, dans les couvent
de chaque diocèse, si de jeunes Indiennes veulent vraiment devenir religieuses.
Les sérieuses craintes de Mgr Powathil
En avril 1995, le président de la Conférence épiscopale indienne et archevêque syro-malabar de Changanacherry (Etat du Kerala), Mgr Joseph Powathil, avait mis en garde ses diocésains du danger des vocations forcées,
dans une lettre pastorale dont faisait alors état l’APIC. Il s’insurgeait
contre certaines agences qui recrutent des jeunes filles pour des Congrégations religieuses étrangères. «De telles agences, sèment des pièges dangereux pour nos filles et celles qui y tombent parfois sont perdues pour toujours».
Mgr Powathil craignait aussi que certaines jeunes filles ne choisissent
la vie religieuse que pour satisfaire leur désir de se rendre à l’étranger.
«Beaucoup croient que la vie à l’étranger est agréable et sans difficultés.
L’archevêque de Changanacherry proposait que les candidates à la vie religieuse, avant même d’envisager émiger, passent au moins deux ans de formation en Inde pour se préparer du point de vue religieux et culturel à vivre
à l’étranger, suggérait-il. Si elles persistent à vouloir s’engager dans
une Congrégation étrangère, elles devraient demander l’avis des autorités
ecclésiastiques locales. (apic/kna/ba)



