Le texte contient 61 lignes (max. 75 signes), 629 mots et 4263 signes.
apic/Etats-Unis/Campagne Droits de l’homme
Etats-Unis: campagne du Conseil national (061094)
des Eglises et du COE pour dénoncer le racisme
12 mois pour interpeller les hommes politiques, les citoyens, les Eglises
New York, 6octobre(APIC) Le Conseil national des Eglises des Etats-Unis
(CNE) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE) partent en guerre contre
le racisme aux Etats-Unis. Dans le cadre d’une campagne orchestrée sur douze mois par ces deux organisations, des réunions d’information-débat sur la
question auront lieu dans plusieurs villes des Etats-Unis du 8 au 15 octobre.
Les résultats de ces réunions sur le racisme, considéré comme une violation des droits de l’homme, feront l’objet d’un rapport qui sera soumis aux
Nations Unies. Par cette campagne, les organisateurs espèrent influencer la
politique du gouvernement des Etats-Unis, et alerter les Eglises et le public sur la nécessité d’éradiquer le racisme dans un pays qui, estime un
responsable d’Eglise, est plus habitué à promouvoir les droits de l’homme
dans le monde qu’à faire face au problème du racisme à l’intérieur de ses
frontières.
Le mois dernier, informe le Service oecuménique de nouvelles «ENI»,
l’administration des Etats-Unis – et c’est une première -, a publié un rapport concernant les droits de l’homme aux Etats-Unis, qui admettait dans
son introduction que «de nombreux problèmes subsistent». Il citait en exemples la brutalité policière, la peine de mort, les attaques contre les militants en faveur du droit à l’avortement et le sexisme.
Selon des sources journalistiques, certains, parmi les auteurs du rapport, avaient désapprouvé le texte de l’introduction, estimant qu’il serait
utilisé à des fins de propagande anti-américaine.
«Aux Etats-Unis, les gens sont au courant des violations des droits civiques, mais ils ont tendance à penser que les violations des droits de
l’homme ne sont commises que dans d’autres pays», ont souligné Joan Brown
Campbell et Konrad Raiser, respectivement secrétaires généraux du CNE, qui
regroupe les grandes Eglises américaines, et du COE, qui compte 324 Eglises
membres dans le monde.
Changer les mentalités
A ces réunions d’information-débat, qui commenceront le 8 octobre, participeront des personnalités ecclésiastiques, des policiers, des juristes
et des militants en faveur des droits de l’homme. Des équipes se rendront
dans sept villes des Etats-Unis, pour entendre le témoignage de femmes et
d’hommes victimes du racisme, et visiter des régions et des quartiers touchés par ce problème.
Après leur tournée, ces équipes rendront compte de leurs conclusions à
la Commission des droits de l’homme des Nations Unies et au Rapporteur spécial sur le racisme, ainsi qu’aux Eglises membres du CNE et du COE.
Les membres du groupe se répartiront en trois équipes. Ils entendront
des témoignages sur les violations dont sont victimes les autochtones, les
Américains d’origine africaine, asiatique et hispanique.
Dans une déclaration qu’ils viennent de rendre publique, le CNE et le
COE affirment que «les traités internationaux portant sur les droits de
l’homme reconnaissent que le racisme est à l’origine des violations des
droits contre les personnes de couleur…» Les organisations espèrent donc
que cette campagne de sensibilisation aux problèmes des groupes raciaux et
ethniques aura une influence sur les dirigeants politiques, les Eglises et
l’ensemble de la population.
Ce projet a vu le jour en septembre 1991. Le CNE avait alors invité le
COE à s’associer à une initiative qui, selon les termes d’une lettre du
CNE, devrait, en mobilisant l’attention internationale sur les violations
des droits de l’homme, inciter les Etats-Unis à prendre conscience de leur
responsabilité vis-à-vis de la communauté mondiale. A l’heure où ce pays se
proclame le chef de la démocratie dans le monde, soulignait-t-on dans la
lettre, la mise en contact avec la réalité devrait avoir une influence sur
ses dirigeants.
Pour Deborah Robinson, du Programme de lutte contre le racisme du COE,
«cette campagne interpelle les paroisses locales et les organismes oecuméniques». Elles les invite à devenir «des instruments plus efficaces» pour
mener cette lutte à bien. (apic/eni/pr)




