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apic/Europe/ Vocations

Rome: Le nombre des prêtres en Europe en dimimution (301096)

Congrès des Vocations à Rome en mai prochain

Rome, 30octobre (APIC) Le nombre de prêtres, diocésains et religieux, a

diminué de 13% en Europe entre 1978 et 1994. C’est ce qui ressort d’une

statistique publiée mardi par le Vatican en vue du Congrès européen des vocations qui doit se tenir à Rome en mai prochain. Dans le même temps, le

nombre d’ordinations sacerdotales a nettement augmenté, mais ne suffit pas

à compenser les décès et les départs.

A y regarder de plus près la situation est assez contrastée: la Belgique

arrive en tête des pertes avec -31 %, suivie par la France -27 % et la

Suisse -19%. L’Allemagne se tient dans la moyenne avec -14 % ainsi que

l’Italie -11%. A l’Est le nombre de prêtres est par contre en forte augmentation. La Pologne a un taux de +32%. La Biélorussie atteint le record de

+467%, mais compte seulement 210 prêtres pour environ deux millions de catholiques.

La statistique permet de déceler cependant une tendance positive, celle

des ordinations sacerdotales. Les ordinations de prêtres diocésains, par

exemple, ont augmente de + 37% entre 1978 et 1994. Mais l’augmentation ne

compense toutefois pas les pertes dues aux décès et aux défections. Les

pays où le nombre d’ordinations a été le plus élevé, bien que de manière

irrégulière, sont l’ex-Tchécoslovaquie, la France, l’Allemagne, l’Italie,

la Pologne, l’Espagne , la Roumanie, et l’Ukraine.

Dernière donnée réconfortante le nombre global des séminaristes. Pour

l’ensemble de l’Europe, il a augmente de 23% entre 1978 et 1994, passant de

23’915 à 29’511.

Encourager plus efficacement les réponses

«Que manque-t-il à la pastorale des vocations de notre temps pour encourager plus efficacement des réponses?» Telle sera la question centrale du

«Congrès sur les vocations au sacerdoce et à la Vie consacrée en Europe»

qui se tiendra à Rome du 5 au 10 mai 1997. Un document de travail préparatoire de 60 pages a été présenté mardi à la presse par le cardinal Pio Laghi, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique (séminaires) et

par le cardinal Eduardo Martinez Somalo, préfet de la Congrégation pour les

Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique (religieux).

Ce document assez technique est le fruit d’une vaste consultation dans

l’ensemble de l’Europe. Il met en évidence la crise des vocations dans le

vieux continent. «Un discernement attentif est cependant nécessaire pour

déterminer la complexité du phénomène», relève le texte. «Certains se demandent si nous n’avons pas déjà dépassé la crise. Difficile de le dire».

Car si dans certaines Eglises particulières il existe des signes très nets

de reprise, le malaise dû au vieillissement du clergé et au manque vocations consacrées ne cesse de se poursuivre.

Une vision négative de la Suisse allemande

Le document poursuit sur l’étude des réactions des communautés chrétiennes face à la crise qui vont de la «résignation à un lent déclin» à des attitudes plus positives. Le texte cite en particulier «des Conferences épiscopales qui présentent la situation d’une manière exagérément négative»,

comme la Suisse allemande, qui voit dans l’obligation du célibat un obstacle négatif aux vocations.

Le texte se réfère également à la Belgique où la crise devient toujours

plus grave, surtout dans les diocèses flamands, qui, il y a cinq ans encore, comptaient un nombre tres élevé de vocations.

Plus globalement, le document constate que partout où un travail assidu

et constant a été réalisé en vue des vocations, «les fruits ne manquent

pas.» Il souligne de manière générale «une sympathie grandissante en direction de choix radicaux, comme en temoigne la présence notoire de jeunes

dans les communautés monastiques de vieille tradition ou dans les nouvelles

formes de vie consacrée».

Manque de maturité des candidats

Le niveau qualificatif des nouvelles vocations est un autre aspect du

problème. La «physionomie» des candidats s’est nettement transformée par

rapport aux années antérieures. Parmi les difficultés: la stabilite psychologique. «On craint parfois que certains candidats cherchent dans l’ordination sacerdotale comme un refuge et une libération à l’égard des dégats

provoqués par des expériences émotionnelles et sexuelles malheureuses.»

Beaucoup ont tendance à vouloir toujour occuper le devant de la scène,

et parfois, tendent à la cléricalisation». Ainsi, faut-il procéder «à un

sérieux travail de purification des motivations vocationnelles, qui souvent, reposent sur des spiritualismes, sur des excès dévotionnels ou sur

des visions ecclésiales pré-conciliaires».

«L’élan vers le volontariat et le service des pauvres est souvent compromis au niveau de son efficaciteé formatrice par l’égocentrisme, par les

difficultés à entrer dans des projets communautaires globaux, par le manque

de lucidité sur leur propres limites, par l’inconstance et par le découragement.»

Ainsi, insiste le texte, il importe de se préoccuper plutôt de la

qualité que du nombre. «En Suisse, depuis 20 ans, le réveil des vocations

est devenu une utopie».

Pour sortir de la crise

Pour sortir de la crise, le Congrès souhaite créer une «nouvelle conscience» dans l’Eglise, et faire que la pastorale des vocations soit remise

à l’honneur, dans une nouvelle cohérence. «Nous sommes encore loin de l’insertion véritable de la pastorale des vocations dans la pastorale ordinaire

comme dimension essentielle de celle-ci.» «Le discernement pastoral requiert de tous les évêques et de tous les supérieurs majeurs, le courage de

préfigurer une autre image de d’Eglise: moins cléricale et avec une plus

grande participation des laïcs.» (apic/imed/mp)

30 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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