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apic/Evangile de la vie/ Henrici
Zurich: Mgr Henrici commente l’encyclique «L’Evangile de la vie» (300395)
«S’engager pour une culture de la vie»
Zurich, 30mars(APIC) La nouvelle encyclique de Jean Paul II «L’Evangile
de la vie» surprend dès les premières pages par son ton ouvert, constructif
et humain, estime Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire à Zurich. Malgré une
vision réaliste – voire pessimiste – de la culture contemporaine, le ton
général imprégné de l’espérance chrétienne reste fondamentalement optimiste.
Ce document peut être considéré comme le couronnement de l’enseignement
de Jean Paul II, relève Mgr Henrici. Dans un regard de foi sur le Christ,
le pape veut rayonner la confiance et l’espoir. C’est problablement là que
réside le secret de sa force d’attraction sur les jeunes, estime l’évêque
auxiliaire.
Trois éléments marquent cette encyclique. La Bonne nouvelle de Jésus est
placée sous le signe de la vie. Le mot vie rassemble sur lui toutes les
espérances, mais aussi toutes les craintes qui agitent l’homme d’aujourd’hui, depuis la croissance de la population mondiale, en passant par
la crise écologique, le commerce des armes ou de la drogue, et jusqu’au désir d’une meilleure qualité de vie et d’une existence sans souffrances. Jean Paul II aborde chacun de ces sujets, explique Mgr Henrici. La vie est
cependant plus que la principale des valeurs humaines, elle est un don toujours renouvelé du Dieu créateur, un don accordé en plénitude en JésusChrist. C’est dans ce don que se fonde la dignité inaliénable de chaque
personne, qu’elle soit pauvre, faible ou marginalisée. Tel est aux yeux de
Mgr Henrici, le premier enseignement théologique de cette encyclique.
La critique de la culture contemporaine est le deuxième aspect de ce
document. Jean Paul II propose de remplacer la culture de la mort par une
culture de la vie. L’analyse de la société marquée par l’individualisme est
dure. Aussi désagréable soit-elle, elle doit être entendue comme l’étaient
les avertissements des prophètes, relève l’évêque auxiliaire.
L’engagement pour la défense de la vie des plus faibles est au centre
de l’encyclique, remarque enfin Mgr Henrici. L’interdiction absolue de tuer
la vie innocente – qui est au coeur des dix commandements – est répétée de
manière solennelle en particuler dans le cas de l’avortement et de l’euthanasie. Ces déclarations qui ne sont certes pas des «définitions infaillibles», ont néanmoins un grand poids magistériel. A cette déclaration solennelle appartiennent aussi les paroles de compréhension adressées aux femmes
qui ont eu recours à l’avortement (no 99). Mgr Henrici remarque par ailleurs que le devoir pour les chrétiens de s’opposer aux lois civiles injustes et la possible perversion de la démocratie majoritaire, décrits par
Jean Paul II, donneront lieu sans doute à de vives discussions.
Il serait cependant faux de ne retenir de cette encyclique que les avertissements et les interdits – d’ailleurs pas nouveaux -. Ils ne sont que
«la limite inférieure» du commandement de la vie. Il s’agit de lire le «Tu
ne tueras pas» de l’Ancien Testament dans le sens plénier du Nouveau Testament: «Aime ton prochain comme toi-même». Cette parole résume la culture de
la vie tant prônée par Jean Paul II, conclut Mgr Henrici. (apic/com/mp)



