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apic/Evêques Espagne/Militaires

Espagne:L’insoumission n’est pas nécessairement (151095)

un appel de l’Evangile, rappellent les évêques

Est-il licite de violer la législation d’un Etat de droit?

Les évêques espagnols pas favorables à l’objection de conscience

Madrid, 15octobre(APIC) «L’insoumission ne peut être présentée comme une

attitude objectivement exigée pour le bien de la paix ni par l’Evangile et

la volonté de suivre Jésus-Christ», rappelle dans une note le Comité permanent de la Conférence épiscopale espagnole. Qui s’en prend notamment à

l’objection de conscience en justifiant par ailleurs l’institution militaire. Une position qui pourrait bien entraîner des réactions, à l’étranger

comme en Espagne, un pays pas épargné par les scandales et la corruption en

haut lieu.

Les évêques s’adressent tout particulièrement aux jeunes chrétiens, à

leurs éducateurs, aux institutions ecclésiales et à tous ceux qui présentent «l’insoumission comme une exigence de la conscience chrétienne». Ils

constatent qu’aujourd’hui «un certain nombre de jeunes, pourtant informés

des peines auxquels ils s’exposent, refusent d’accomplir aussi bien le service militaire qu’une prestation ou un quelconque service de substitution».

Le Comité permanent reconnaît certes la légitimité de certains objectifs

comme un engagement efficace en faveur de la paix ou la réduction des dépenses militaires. Il soulève aussi une question d’ordre moral: «Est-il licite d’essayer d’atteindre ces objectifs en violant délibérément et souvent

de façon programmée la législation d’un Etat de droit comme le nôtre?»

Les évêques «pensent que non»: «Dans ce cas, précisent-ils, la désobéissance civile ne peut se justifier. Son exercice procède davantage d’une façon dangereuse de porter atteinte à l’une des bases de la convivialité pacifique des citoyens et d’un ordre public juste.»

C’est pourquoi, estiment les évêques espagnols, «on ne peut accepter que

l’insoumission soit la forme conséquente de l’objection de conscience au

service militaire tel qu’il est conçu dans la doctrine de l’Eglise.» Dans

le même document, le Comité permanent de l’épiscopat espagnol précise

qu’»il n’est pas exact d’affirmer ou d’insinuer que la cause principale de

la violence et des guerres réside dans l’existence d’institutions

militaires.» On ne peut «affirmer ou supposer par principe que l’existence

d’institutions armées soit inacceptable d’un point de vue éthique».

Pour les évêques, les causes ultimes de la violence se trouvent dans

«les tendances égoïstes et agressives de l’être humain et dans la fragilité

de sa volonté blessée par le péché», ainsi que dans «les graves désordres

et injustices qui se produisent dans les rapports entre les peuples».

(apic/cip/be/pr)

15 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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