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apic/excommunication P. Balasuriya

Sri Lanka: Le Père Balasuriya est bien excommunié «latae sententiae»

Le pape confirme la notification

de la Congrégation pour la doctrine de la foi (050197)

Rome, 5janvier (APIC) Le Père Tissa Balasuriya, théologien de la libération sri-lankais, tombe bien sous le coup d’une excommunication «latae sententiae». C’est ce que confirme une notification de la Congrégation pour la

doctrine de la foi publié samedi à Rome, après son approbation par le pape

Jean Paul II le 2 janvier.

L’excommunication «latae sententiae» s’applique à des cas graves. La

peine est encourue dès que l’acte est posé, sans qu’il soit besoin d’une

décision formelle de l’autorité compétente. C’est-à-dire que l’excommunication n’a pas à être prononcée, le religieux, Oblat de Marie Immaculée (OMI)

l’encourt automatiquement ou ’ipso facto’.

Le texte de la notification indique que la Congrégation pour la Doctrine

de la foi est contrainte de déclarer que le Père Balasuriya «a dévié de

l’intégrité de la vérité de la foi catholique et qu’il ne peut plus de ce

fait être considéré comme un théologien catholique. Bien plus il encourt

l’excommunication «latae sententiae» selon l’article 1364,1 du droit canon.

(couvrant l’apostasie, l’hérésie, et le schisme ndlr).

Dans sa notification de quatre pages en anglais, le Vatican revient en

détail sur le développement du cas du Père Balasuriya et sur les motifs de

l’excommunication.

Des formulations théologiques incompatibles avec la foi catholique

Dans ses écrits, le Père Balasuriya développe des formulations théologiques qui comportent une série de graves erreurs qui, à des degrés divers,

dévient de la vérité des dogmes et sont incompatibles avec la foi catholique, relève le document signé par le cardinal Joseph Ratzinger et par Mgr

Tarcisio Bertone, préfet et secrétaire de la Congrégation.

La notification souligne aussi les positions erronnées du Père Balsuriya

sur le ministère du Successeur de Pierre, en «réduisant» la primauté à une

«question de pouvoir».

La notification vaticane vient confirmer la déclaration de la Conférence

épiscopale du Sri Lanka du 5 juin 1994, à propos du livre du P. Tissa Balasuriya «Mary and human liberation» (»Marie et la libération humaine»). Pour

la Conférence épiscopale les positions du théologien étaient «incompatibles» avec la foi de l’Eglise pour ce qui concerne la «doctrine de la révélation et sa transmission», mais aussi «la christologie» (ce qui concerne

la personne du Christ), la «sotériologie» (ce qui concerne la doctrine du

salut), et la «mariologie» (ce qui concerne Marie).

Depuis 1994, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a entrepris un

dialogue avec le théologien asiatique. Le supérieur général de la Congrégation des Oblats avait lui-même invité l’intéressé à une rétraction publique. Malgre ce dialogue, et les médiations, dont la notification publie les

étapes de façon détaillée, (mars 1995, novembre 1995, mai 1996, juin 1996,

juillet 1996, décembre 1996) le religieux «a répété ses positions doctrinales». Un communiqué du Vatican du 12 décembre dernier en faisait état.

Une dernière possibilité lui avait été donnée le 7 décembre. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’invitant à signer une profession de foi

centrée sur les «définitions du magistère relatives à des vérités niées par

lui ou interprètées de façon erronnée».

Jean Paul II confirme les appréciations précédentes

Après un nouveau refus, le religieux avait fait appel à «l’autorité supérieure», c’est-à-dire le pape.

Le 27 decembre 1996, confirmant les appréciations précedentes, le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat, répondait au P. Balasuriya que le pape avait suivi toutes les étapes du dialogue et confirmait la notification.

Selon la notification, le théologien a donc «dévié de la vérité de de la

foi catholique». Du fait de sa persistance dans l’erreur, le P. Tissa Balasuriya est frappé par l’excommunication «latae sententiae», c’est-à-dire

«automatiquement», sans qu’il soit besoin de porter une sentence.

La notification risque de s’accompagner de la destitution de la charge ecclésiastique et de l’exclusion de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée.

Ce jugement répond aux préoccupations des évêques d’Asie telle qu’elles

sont décrites dans les Lineamenta de 1996 pour le Synode d’Asie. La diffusion du livre du religieux Sri Lankais qui dissout l’identité chrétienne,

reflète la mentalité d’une société «pluraliste» où le christianisme ne serait plus qu’une voie de salut parmi d’autres. Le Christ n’étant plus reconnu comme Sauveur, où est la foi chrétienne dans le Rédempteur de l’homme? (apic/imed/mp)

Encadré

L’excomunication est une des peines les plus graves prévues par le droit

canon. Elle est «latae sententiae» si le délit est grave et porte sur un

matière dont le législateur estime que chacun la sait délictueuse. Auquel

cas, la peine est encourue dès l’acte posé sans qu’il soit besoin d’une décision expresse de l’autorité compétente. Le droit canon prévoit sept motifs d’excommunication latae setentiae: 1) L’hérésie (négation d’une vérité

de foi) (cas du P. Balasuriya); l’apostasie (rejet total de la foi catholique) et le schisme (refus de la soumission au pape). 2) La violence contre

le pape. 3) La consécration d’un évêque sans mandat du pape. (cas de feu

Mgr Lefebvre). 4) L’avortement. 5) La profanation de l’eucharistie. 6)

L’absolution du «complice» dans le cas de relations sexuelles. 7) la violation du secret de la confession. (apic/theo/mp)

5 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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